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O lé ine histoire de vache en Patois vendéen !

4 août 2008

La  vache !

D’abord, ine vache, qu’est ce qu’ô produit ?
Persoune ô sé ?
Hé bé ma, y va v’zô dire !
La vache produit do lé, et pis, d’ la bouse !
Si a produit do lé, tant mû! Et pis ô l’a pas d’importance !

 

Si a produit d’ la bouse, deux choses l’ine,
La bouse é dans l’ té, ou bedon, a lé pas dans l’té.
Si la bouse é dans l’té, ô l’a pas d’importance !


Si la bouse é pas dans l’té, deux choses l’ine,
La bouse é dans l’ pâti, ou bedon su l’chemin.
Si la bouse é dans l’pati, ô l’a pas d’importance !

Si la bouse é su l’chemin, deux choses l’ine,
La bouse é su l’coutè do chemin, ou bedon en mitant do chemin.
Si la bouse é su l’coutè do chemin, ô l’a pas d’importance !

Si la bouse é en mitant do chemin, deux choses l’ine,
O l’a quéquin qui passe, ou bedon ô l’a persoune.
Si ô l’a persoune, ô l’a pas d’importance

Si ô l’a quéquin, deux choses l’ine,
Le marche à coutè de la bouse, ou bedon le marche dedans.
Si le marche à coutè, ô l’a pas d’importance !

Si le marche dedans, deux choses l’ine,
La bouse é dure, ou bedon la bouse é molle.
Si la bouse é dure, ô l’a pas d’importance !

Si la bouse é molle, deux choses l’ine,
Le glisse, ou bedon le glisse pas.
Si le glisse pas, ô l’a pas d’importance !
Si le glisse, deux choses l’ine,
Le tombe, ou bedon le tombe pas.
Si le tombe pas, ô l’a pas d’importance !

Si le tombe, deux choses l’ine,
Le tombe à coutè de la bouse, ou bedon le tombe dedans.
Si le tombe à coutè, ô l’a pas d’importance !

Si le tombe dedans, ô l’a pû deux choses l’ine,
L’a qu’à s’ démerder!…



Ah cette Isabelle !

 

 

D’autres histoires ? Allez sur La Boulite du Web : http://labouliteduweb.free.fr/

 


Une nouvelle histoire d’Isabelle

18 juillet 2008

Mésaventures au fond de mon jardin

Tout au fond de mon jardin, une famille de lapin de garenne a creusé son terrier.
Leurs cabrioles m’amusent beaucoup. Cependant, j’apprécie moins de partager avec eux les légumes de mon potager. Ils grignotent mes choux, mes salades, déterrent mes carottes, et laissent derrière eux leurs petites crottes, témoins de leurs passages. Toutefois, ils sont,  mignons, avec leurs pelages bruns, leurs grandes oreilles et leurs petites queues blanches.
Dans le champ à côté, non loin d’un petit bois, vit un couple de magnifiques renards roux, et il est bien possible que la renarde ait des petits, ça fait quelques temps que je ne l’ai pas vue…. L’autre soir, un ami farfadet, a fait halte chez moi. Il s’arrête de temps à autres dans ma maison, au hasard de ses virées. Comprenant le langage des animaux,  il m’a raconté une histoire entendue au passage, à propos de mes locataires à longues oreilles :
 
"Père lapin prenait le frais devant le terrier, jouissant du spectacle des jeux de sa nombreuse marmaille, quand Maître Renard passa par là.
 
-    «  Dis donc Père Lapin, combien de nichées encore cette saison, tes lapereaux    envahissent les environs. Tu ne peux pas faire moins d’enfants ?
-     Ah mais ! Maître Renard, les enfants sont une richesse inestimable. Quelle tristesse    une rabouillère  où ne règnent ni les jeux ni les rires joyeux des enfants !
-        Les rires et les jeux de tes lapereaux m’indisposent, Père Lapin, il faudra que tu songes à déménager plus loin.
-        Déménager ! C’est vite dit, ce n’est pas simple de trouver un pareil  endroit, avec un si beau jardin rempli de délicieux choux, de croquantes salades et de juteuses carottes (merci de tous ces compliments, Père Lapin, ça me console de mes pertes potagères).
-        Débrouille-toi ! D’ici deux jours je veux que tu sois parti ! Sinon je m’occupe de transformer tous tes lapereaux en autant de repas…
-        Aïe, aïe, Maître Renard, je vais tâcher de trouver un autre coin pour ma famille.
-        Et que ce soit le plus loin possible d’ici. »
 
Père Lapin rentra au terrier se coucher. Roulé en boule contre Mère Lapin, au milieu des lapereaux, Père Lapin se tournait et se retournait, tracassé par les paroles de Maître Renard. La menace était sérieuse, même si Maître Renard et sa famille n’avaient pas assez d’appétit pour les croquer tous !
Au petit matin, après avoir déjeuné d’une de mes plus belles carottes (et une de moins !), Père Lapin partit en quête d’un nouveau logis. La journée passa. Fatigué mais tout excité, il ne rentra qu’à la nuit tombante. Il se posta devant le terrier de Maître Renard.
 
-     « Maître Renard ! Maître Renard ! »
 
Maître Renard sortit furieux de son trou.
 
-     « Moins fort ! Tu vas réveiller la renarde et ses petits ! (Je me doutais bien qu’il devait y avoir des renardeaux…)
-     Maître Renard ! J’ai passé la journée à chercher un nouveau gîte. En chemin j’ai rencontré quelqu’un qui ma affirmé être bien plus fort que vous, et qui ma chargé de vous dire qu’il vous met au défi de le battre.
-     Comment ! Plus fort que moi c’est impossible ! C’est moi le plus beau et le plus puissant de la région ! Qui ose me braver ainsi ?
-     Il vit au fond d’un trou. J’ai pu l’entendre mais dans la pénombre du soir, je n’ai pu l’apercevoir. Toutefois, si vous le désirez, je peux vous conduire jusqu’à lui.
-     Et comment ! Dès demain matin, nous nous mettrons en route, et nous verrons qui est le plus fort ! »
La colère échauffait sérieusement Maître Renard.
 
Cette nuit-là, ce fut au tour de Maître Renard de se tourner et retourner au fond du terrier. Il se creusait la tête pour trouver qui avait l’audace de le défier, lui le renard le plus malin, le plus rusé et le plus fort du pays. Le lendemain matin, Maître Renard, dont le courroux avait encore enflé, attendait impatiemment Père Lapin.
 
-        « En route, Père Lapin, montre-moi le chemin.
-        Bien, Maître Renard, si vous voulez vous donner la peine de me suivre. »
 
Et Maître Renard, sa fureur grandissant, emboîta le pas à Père Lapin et tout en marchant, il fulminait, enrageait contre ce mystérieux adversaire.
 
-        « Comment est-il Père Lapin ? Tu l’as vu, non ?
-        Pas très bien Maître Renard, je vous l’ai dit, il loge au fond d’un trou et il n’en est pas sorti pour me parler.
-        Et où est-il ce trou ?
-        Par ici, Maître Renard, par ici, suivez-moi ! »
 
Et ils allaient, Maître Renard suivant Père Lapin, traversant champs de blés et de maïs, prairies, jardins et potagers.
Le temps passait, et la colère de Maître Renard gonflait toujours.
 
-        « Je n’en ferai qu’une bouchée de cet insolent ! Je vais l’écraser, le mettre en morceau, il va regretter ses fanfaronnades ce cabotin ! Il est encore loin ce trou ?
-        Par ici, venez, il y a encore un peu de chemin à faire. »
 
Les heures filaient, la hargne de Maître Renard prenait des proportions effrayantes. Sa rage le faisait baver, sa figure grimaçait, il soufflait, éructait. Il poussait Père Lapin dans le dos, pour aller plus vite. Le soleil déclinait.
 
-        « Es-tu certain de retrouver la fosse où se terre cette bête stupide ? Je te suis depuis trop longtemps, arrivera-t-on enfin !
-        Je ne suis plus très sûr, j’ai beaucoup marché hier…mais il me semble que, par ici… »
 
Derrière un dernier bosquet, ils avancèrent, le renard plus furieux que jamais, et découvrirent une fosse entourée d’un muret. Ils approchèrent…
 
-        « Chut, Maître Renard, c’est ici, j’en suis certain, faites attention, celui qui habite ce trou est redoutable !
-        Pas plus redoutable que moi ! » Affirma le renard, dont le poil hérissé, les yeux exorbités lui faisaient une épouvantable figure. On l’aurait cru prêt à exploser.
 
Et Maître Renard se penchant sur le trou, vit tapis au fond une bête effroyable, bavant, crachant, tendant vers lui des pattes griffues, une horrible furie.
 
-        « Ah, ah, mais….mais tu as raison Père Lapin, cette bête est abominable, d’une férocité inimaginable. Jamais encore je n’avais rencontré pareil monstre ! Fuyons ! Vite ! »
 
La plus grande frayeur avait remplacé la colère de Maître Renard. Sortant sa tête du trou, bousculant Père Lapin, il tourna le dos au puit,  et détala vers son terrier. Père Lapin suivait, s’arrêtant de temps à autre grignoter quelques excellentes herbes sauvages.
 
Le lendemain matin Maître Renard n’avait encore pas fermé l’oeil de toute la nuit. Tapis au fond de son terrier, tremblant encore à l’idée de l’épouvantable créature tapie au fond de ce trou, hou !
La nuit porte conseil, et Maître Renard avait bien réfléchi…
 
-        « Bonjour Père Lapin.
-        Bonjour Maître Renard.
-        Cette nuit, j’ai pris une décision. Je ne peux pas exposer ma famille à cet effroyable danger. Nous allons donc partir et tu devrais en faire autant, tes lapereaux sont une proie facile pour cette bête.
-        J’y penserai, j’ai déjà repéré quelques endroits pour installer un nouveau terrier. Au revoir Maître Renard !
-        Adieu donc ! »
 
Les renards sont partis… mais les lapins ? Pensez-vous ! La famille de Père Lapin n’a pas déménagé. Elle continue joyeusement à faire son marché dans mon potager…sans craindre Maître Renard, ni son épouvantable reflet colérique dans l’eau du puits de mon voisin. C’est là que le malin Père Lapin, après maints détours, l’avait finalement conduit ….Qui a dit que les renards étaient rusés ?"
 
 
Mon ami farfadet après avoir achevé ce conte, s’en alla, continuer ses randonnées à travers bois, marais et bocage.
Qui sait quand il reviendra se chauffer au coin de mon feu ? Et me régaler de ses histoires !
 

Le prix du beurre 

21 mai 2008

Lu dans  "Le rire en poésie"  (P RIR)
à la Bibliothèque, rayon Poésies.

Le songe

La fruitière m’a dit :   « légume est plus cher,
Car le ressemelage encor a raugmenté. »
Le charcutier m’a dit :   « Le cochon exagère,
Car au comptoir voisin, le pinard a monté. »

Une poule m’a dit, dressant sa tête altière :
« Ponds toi-même tes œufs à l’heure du repas. »
Le débitant m’a dit :  « Dedans ma tabatière,
J’ai d’excellent tabac, mais tu n’en auras pas. »

Plus avide de jour en jour, de proche en proche,
La main du mercanti fouille dans notre poche,
Pendant que dans sa poche opère une autre main.

Et la richesse, au jour d’aujourd’hui, n’est qu’un leurre.
Toujours, toujours plus haut, monte le prix du beurre,
Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.

Georges de la Fouchardière (1874-1946)
Ecrivain volontiers polémiste, il participa à la création du quotidien l’œuvre(1916), dans lequel il écrivait chaque jour un « hors d’œuvre », parfois en vers.
Voir aussi ce site qui commente les oeuvres de cet écrivain.


La fable du Campagnol 

14 mai 2008

Encore une histoire de rongeur !

L’escalier de secours
 
Dans le grenier tranquille d’une maison de vacances,
Un campagnol futé avait trouvé refuge.
Un trou dans la muraille douillettement garni
De feuilles sèches et craquantes, et le garde-manger
À portée de la patte, noisettes, glands et faînes.
Il sortait à la nuit chercher sa subsistance
Par un trou de la tuile, patiemment agrandi,
Et la journée dormait, bien en sécurité,
Repus et satisfait en son grenier tranquille.
 
Mais voilà qu’il advint que l’habitant des lieux
Prit bientôt ses vacances, encombré de famille,
D’enfants, oncles et cousins, une horde bruyante
Dont les cris et les pas faisaient vibrer les murs.
Impossible dormir dans un tel brouhaha !
Mais le plus affolant c’est qu’ils avaient des chats,
Deux gros matous replets, ventrus, dégoulinants,
Étalés au soleil sur les coussins, en bas,
Mais qui, le soir venu se mettaient à chasser,
Les moustaches aux aguets, dangereux prédateurs
Aux yeux luisant dans l’ombre. Pauvre souris des champs !
Une vie de traqué ne lui convenait pas.
La bestiole décida d’aller crécher ailleurs
Et s’en fut s’abriter sous les ronces griffues
et creuser promptement un camping d’affut.
Mais il savait qu’ici, le hibou surveillait,
Et les pies, les corbeaux, prêts à fondre sur lui
Quand la faim le poussait à sortir de son trou.
 
 
A quelques temps de là, l’animal exilé
Eut envie de revoir l’endroit où il vécut.
Après s’être assuré que l’homme était aux champs
Et le grenier tranquille, précautionneusement,
Tous les sens aux aguets, il se glisse soudain
Sous la tuile percée, et cherche son repaire.
Il cherche et cherche encore : aucun trou dans la brique,
Ni fissure, ni faille, car le trou de l’entrée
Autrefois grand ouvert, est bouché, cimenté.
Interdit de séjour. Tristounet et déçu,
L’animal retourna faire son trou dans les bois
D’où il n’aurait jamais dû s’éloigner jadis.
 
Que n’avait-il suivi les conseils de son père
Et l’instinct de sa race qui est sans contredit :
Qu’une demeure toujours doit avoir deux issues
Ou trois, c’est  mieux encore. Mais lui, présomptueux
Et jeune de surcroît, avait choisi de vivre
En un lieu dépourvu d’escalier de secours.
 AB 2002

La fable du Rat 

6 mai 2008

Rat tu l’auras

Un rat prospère, en cette fin d’été,
S’en vint chercher nid dans les terres.
Sous le salon, par un petit terrier,
Au nez, sans façon, des propriétaires.
Mais discrétion et correction
Ne furent guère mots d’ordre du locataire.
Tapage nocturne et indélicatesses
Excédèrent vite par la hardiesse
Et provoquèrent cris et colère.

 

Mort au rat, piège itou et guerre
L’arsenal ne pouvait déplaire.
Mais, rat malin, sacré vilain,
Ignora et contourna d’un regard
Tous les filets tendus à son égard
                                 Et, sembla-t-il, s’en fut enfin.

Les jours qui passent, le coeur en liesse,
La paix retrouvée sent l’ivresse.
Et puis un jour par l’odeur étonné
On vint se poser des questions.
Putréfaction et le coeur soulevé,
On tint à chercher le cadavre.
Coins et recoins furent bien examinés,
Aucun corps, rien, que le néant qui navre.

 

Les heures devinrent journées.
Les nuits vinrent s’installer.
Las.
Lourd voile nauséabond
L’odeur, obstinément,
Sans répit, fermement,
Demeurait sans faux bond.
Passages découverts
Tout derrière la chaudière,
Tout fut soigneusement
Rebouché dans les temps.
Rien n’y fit. Ce fut même pis.
Quelle rage ! Quel désespoir !
Qu’avait donc mérité cette famille sans histoire ?

 

 

 

Un jour arrive, peut être de grand ménage,
Où fut bougée la machine à laver.
Et, ô stupeur ! Comme dans un engrenage
Rat apparu la tête écrabouillée :
Surpris, coincé, sursaut de l’essorage,
La bête trop lente y resta.

 

 

 

Morale
Rat toujours méfiant et perspicace
Ne maîtrise pas encore
La tortuosité de l’homme moderne
Et sa devise : ça passe ou ça casse.
 

 

Dominique L.


La chanson que me chantait mon papa 

28 mars 2008

Je voudrais un mari

 

Je veux dans ma maison
Agir à ma façon
Régner, gouverner à ma guise
Sans faiblesse chez moi
J’entends faire la loi
Tant pis si ça le défrise
Refrain

Quand j’irai au marché
Pourquoi vous le cacher
Je veux qu’il m’accompagne
Comme un petit baudet
Je lui ferai porter
Les fruits que produit la campagne
Refrain

Il devra s’occuper
De promener Bébé
Et de tous les soins du ménage
Levé de bon matin
Il devra c’est certain
Mettre tout son coeur à l’ouvrage
Refrain

Je veux sachez-le bien
Qu’il soit tendre et câlin
Oui! Mais avant tout bien fidèle
Je veux qu’aux yeux de tous
Des moqueurs, des jaloux
Il serve en tout lieu de modèle
Refrain

J’exigerai de lui
Qu’il soit toujours bien mis
Astiqué des pieds à la tête
Qu’il soit gai et rieur
Toujours de bonne humeur
Et que jamais il ne s’entête
Refrain

Je veux sachez-le bien
Qu’il soit tendre et câlin
Oui! Mais avant tout bien fidèle
Je veux qu’aux yeux de tous
Des moqueurs, des jaloux
Il serve en tout lieu de modèle
Refrain

Charles Humel 1948
Créée par la petite Marie-France en juin 1948 à l’émission radiophonique "Les beaux jeudis"


L’Heure du Conte 

10 mars 2008

Le mercredi 5 mars, la bibliothèque a connu une ambiance un peu inhabituelle car les animatrices du Centre de Loisirs avaient décidé d’amener un groupe d’enfants, écouter l’Heure du Conte. Quatre histoires ont donc été racontées à tout ce petit monde. Le thème choisi ce mois-ci était :

Les cochons et leurs aventures

 "Les trois petits cochons",
la classique histoire des maisons, en paille, en bois puis ou briques, deux petits cochons dévorés tout crus et un loup qui finit dans la marmite.

  • Une variante de la même histoire avec "Les trois petits pourceaux", mais le loup a une arme supplémentaire et il demande aux petits pourceaux : "ouvre cette porte immédiatement, sinon, je souffle, je crache, je pète dedans". Cette dernière menace plaît beaucoup aux petits lecteurs…..et le dernier petit pourceau, celui qui mangera le loup, lui prépare une cuisson plus élaborée car la marmite contient, outre l’eau bouillante traditionnelle, du sel, du thym et du laurier… Pourceau, mais gourmet !
  • "En vacances chez Mamie Cochon". Vacances animées dans une grande maison, avec grenier, déguisements et un goûter pantagruélique, jugez plutôt : "un tonneau de jus d’oranges, une bassine de salade de fruits, cinquante-deux tartines grillées et de la confiture de framboises…." De quoi régaler une armée de porcelets et ils n’étaient que cinq !
  •  "Le plus brave des petits cochons" part à l’aventure car il sait qu’il aura un destin hors du commun. D’abord rejeté par les siens, il embarque avec des pirates, devient leur chef grâce à son courage. Il est ensuite nommé Amiral par le Roi de France dont il épouse la fille (qui a dû apprendre à faire les boulettes de pommes de terre, son plat préféré)… et se réveille au milieu de la basse-cour où il s’était endormi !  Sylviane

La prochaine Heure du Conte aura lieu le Mercredi 2 Avril
et il pourrait bien y être question de poissons…..forcément !


Une autre histoire 

9 février 2008

Bonjour,  
Voici un texte très bien écrit, avec un petit côté fantastico-réaliste intéressant.
Bonne lecture,  
Is@belle :))

C’est tellement simple, tellement habituel, tellement facile, normal, incontournable…. Ralentir, mettre son clignotant, tourner, chercher une place libre, garer sa voiture sur le parking, couper le contact, mettre le frein à main et sortir.
Et puis s’avancer, à pied, avec ou sans chariot selon les jours, vers les portes du temple de la consommation !

 L’enfer de l’abondance

Mais ce jour-là, dès le départ, y avait un truc bizarre, quelque chose de pas normal… Pourtant, les portes automatiques vous introduisent en douceur au sein de l’atmosphère artificielle climatisée, et la musique au tempo adapté au flot des clients susurre à vos oreilles son message rassurant, habituel mélange de tubes et d’annonces promotionnelles.

Pourtant les vigiles vous laissent passer sans problèmes et vous pouvez vous avancer dans les larges allées aménagées entre les présentoirs de marchandises. Et celles-ci vous attendent, innombrables, à portée de la main, pour votre bon plaisir ; vous le voulez : vous le prenez !

En entrant sur la droite, l’électroménager blanc et noir, les gadgets électroniques à la mode, les derniers best-sellers des livres et des disques. Et puis la quincaillerie et le bricolage, la vaisselle et les promotions diverses. L’allée centrale sur la gauche vous conduira toujours, en traversant les rayons textiles puis droguerie, aux rayons consacrés aux denrées alimentaires, avec au fond les boissons alcoolisées ou non. Merveilleuse caverne d’Ali-baba, prodigieuse abondance dont le sésame se trouve dans votre poche : un petit bout de plastique plat portant votre nom et des chiffres, votre carte de crédit !

Mais ce jour-là, vraiment, quelque chose ne tourne pas rond.

Est-ce à cause de cette femme, qui hésite sans fin, perplexe devant les différents desserts sucrés qui s’étalent sur plusieurs niveaux, et de nombreux mètres linéaires… Ou bien plutôt de cet homme qui, marmonnant dans sa barbe mal rasée, déconfit devant la rupture de stock de sa bière favorite, ne peut se résoudre à choisir parmi les autres marques… Ou même cet adolescent qui prend, puis repose, puis reprend différents paquets de céréales pour le petit déjeuner…

Choisir dans l’abondance est devenu une angoissante épreuve. On ne peut quand même pas tout prendre ! Et chaque marque propose au consommateurs des images du bonheur tellement convaincantes…

Tenez, vous voilà devant le rayon des plaques de chocolats ! Là aussi y en a des marques, des forts et des moins forts en cacao, des aux fruits et aux noisettes, des fourrés et des pralinés, des en-haut et des en-bas, des chers et des moins chers, des soldés et des en promos, des en lots et des comme d’habitude, des inconnus et des connus, des comme chez mémé et des autres, des équitables et des … arnaques officielles ?

Alors, là aussi, faut choisir, comparer, soupeser, regarder les images alléchantes, voire pour certains lire en détail les étiquettes pour comparer les compositions, repérer les additifs plus ou moins toxiques… D’habitude vous faites simple, vous prenez toujours le même, automatiquement, sans réfléchir ou presque. Mais aujourd’hui, allez savoir pourquoi, ça ne marche pas, quelque choses vous retient, vous aussi vous commencez à hésiter, à ne plus savoir lequel choisir, à errer devant le rayon, perplexe, presque anxieux, bientôt hagard !

Et puis soudain, votre bras se tend presque malgré vous, et votre main droite se saisit d’une plaque de chocolat de marque inconnue.

Et c’est exactement là que tout a définitivement basculé.

Il fait très chaud tout à coup, et la sueur coule sur votre peau noire et nue. Les courbatures, les douleurs musculaires et la fatigue physique créent dans votre esprit un état de lassitude proche de l’hébétement. Votre dernier repas remonte à plusieurs heures et avant ce soir, le retour au village et à la case, il faudra tenir avec de l’eau et des noix de colas. Ce soir le riz sera accompagné d’un peu de viande de brousse, si personne ne la trouve ni ne vous la fauche, homme ou bête.

Et puis cette voie qui hurle toujours à vos oreilles, qui sort de ce visage de caricature. Ce gros homme avec son faciès de méchant de films populaires, le teint luisant de sueurs et de graisse, les yeux exorbités. Il semble très en colère et il crie des mots d’insultes et de réprimandes.

Toujours le travail qui ne va pas, pas assez vite, pas assez bien, pas assez propre… Vos compagnons d’infortune se serrent contre vous, masse d’hominiens apeurés, grappe d’humanité en esclavage et qui suent la trouille et la peur, ouvriers si dépendants du contremaître, si faibles et vulnérables au pied du colosse furieux, si misérables sous leurs haillons crasseux…

Vous relâchez précipitamment la plaque de chocolat qui tombe par terre dans l’allée du supermarché, et miracle, vous revenez instantanément dans votre corps habituel ! Vous regardez à droite et à gauche, personne, tout semble parfaitement normal. Et pourtant, il y a quelques instants seulement, vous étiez à mille lieux d’ici, dans une situation d’oppression presque terrifiante !

A vos pieds, cette simple plaque de chocolat témoigne seule qu’il s ‘est peut-être passé quelque chose, mais quoi ? Cette fois vous avez vraiment halluciner !

Comme vous restez immobile, surpris et ne comprenant pas ce qui vient de vous arriver, une musique paisible se fait entendre. Vous cherchez d’un regard étonné la source de la mélodie apaisante et découvrez bientôt un nouveau prodige.

Comme vos yeux reviennent se poser sur la plaque de chocolat restée au sol, vous découvrez comme une lumière bleue-dorée qui se met à apparaître, rayonner et pulser à travers elle…

« N’ayez pas peur », prononce alors à vos oreilles une voix tranquille qui semble sortir de la plaque elle-même, avec quelques éclats de lumière synchrones… « Ces hommes que vous venez de voir sont simplement les ouvriers d’une plantation de cacao, qui se font engueuler par leur contremaître. C’est eux qui ont produit les fèves qui ont servi à fabriquer cette plaque de chocolat. Ils tiennent seulement à vous faire savoir, par mon intermédiaire, que leurs conditions de travail sont des plus précaires, quasiment apparentées à une forme d’esclavage de par les heures interminables de travail, et aussi la charge importante de celui-ci, du fait d’effectif réduit au minimum. Bien sûr il n’y a pas de syndicats, d’assurance maladie ou de caisse de retraite ! Et question salaire, il suffit juste à survivre, à payer de quoi manger et le loyer de la case. Avez-vous une idée de leur salaire ? ».

Bien sûr que vous n’en savez rien, vous ne vous êtes d’ailleurs jamais posé la question. Le chocolat c’est tellement bon !

« Sur les quelques euros du prix de cette plaque de chocolat, le salaire des ouvriers agricoles ne représente que quelques centimes… Le reste va aux importateurs, aux intermédiaires, aux spéculateurs, aux transformateurs, aux publicitaires, et enfin au distributeur qui se taille souvent la plus belle part ! » reprend la voix.

Dégoûté, vous laissez par terre la plaque de chocolat et quittez ce rayon, car tout cela ne vous concerne pas.

Mais la voix, elle, ne vous quitte plus ! : « Si vous le désirez, vous pouvez renouveler cette expérience de communication trans-spatio-temporelle encore deux fois, comme dans les contes de fée, en utilisant les objets de votre choix, et c’est complètement gratuit ! »

Alors, comme vous avancez au milieu de ce supermarché où tout semble parfaitement normal, les rayons achalandés et les cons-sots-mateurs vaquant à leurs petites affaires, vos pas vous amènent vers le rayon textiles, avec la tentation de renouveler une expérience inexplicable, et dont vous doutez presque qu’elle a été une réalité… Cela n’est pas possible, cela n’existe pas clame votre intellect ratiocinateur. D’ailleurs cela ne se reproduira pas, vas-y tu verras, c’est du délire !

Alors, comme vous vous approchez des tee-shirts en promotion, vous regardez autour de vous, tout est parfaitement normal, l’impossible ne pourra advenir de nouveau, et vous vous saisissez d’un objet.

Pour savoir la suite, cliquez sur ce site                                                                     Jean NABIR
http://www.decroissance.info/L-enfer-de-l-abondance


Une nouvelle histoire d’Isabelle 

20 décembre 2007

La voici, la voilà enfin, la belle histoire d’Isabelle !

 

La reine

 

 

La meilleure amie de ma mère s’appelle Ka-Reine. Drôle de prénom ! Cependant elle est très gentille. Elle est très jolie aussi, blonde, elle a de très beaux yeux bleus pétillants, comme la mer, comme le ciel un jour sans nuage avec le soleil au milieu.

Ce matin, en arrivant à l’école, Ka-Reine et ma mère se sont mise à discuter, comme d’habitude. Elles ont le temps, maman travaille à mi-temps et Ka-Reine ne travaille pas mais elle est très occupée avec ses trois filles. L’aînée, Yasmine, est dans la même classe que moi, en CP.

Elle est très gentille. Mais comme c’est une fille on ne joue pas souvent ensemble, elle préfère échanger des secrets avec ses copines. Mais quand maman va voir Ka-Reine, je peux jouer avec elle.

Ce matin donc, comme tout les matins, Ka-Reine et maman papotent :

- Comment vas-tu ? dit maman
- Bien, répond Ka- Reine, sauf que je dois me faire poser une couronne.
- Oh ce n’est pas très agréable !
- Oui, mais il le faut.
- Dépêches-toi Fabien, tu vas être en retard.

Je file en classe.

Pas très agréable de se faire poser une couronne, ça alors ! Je voudrais bien moi, avoir une couronne pour être le roi, je pourrais faire tout ce que je veux. Super !

Soudain le prénom de la copine de maman ne me parait plus si bizarre. Bien sûr, c’est une reine qui se cache chez nous. Ce sont des choses qui arrivent parfois, les rois et les reines quittent leur pays, ils se cachent et puis un jour et ils rentrent et se font couronner.

Donc Ka-Reine, va partir et ses filles aussi…chez nous il n’y a pas de reine, seulement un président de la République. C’est moins joli…

Mais j’y pense pour couronner les rois et les reines, il y a toujours une belle cérémonie,

Ka-Reine va donc nous inviter. Chic alors !

Pendant la classe je rêve aux royales cérémonies du couronnement, je vois le trône en or, le manteau royal sur les épaules de Ka-Reine et du papa de Yasmine. Yasmine et ses sœurs auront sûrement de belles robes. Ce sont des princesses quand même !

Je me demande si Yasmine voudra encore jouer avec moi…

- Fabien ! Tu es dans la lune ! S’exclame Mme Peaudeau notre maîtresse.

Vite je cherche où nous sommes rendus dans la leçon, et je me met à lire les aventures de Motus le petit personnage de notre livre de lecture.

A la récré, j’observe Yasmine, qui discute avec ses copines. Elle doit sûrement leur raconter ses histoires de princesse. Moi si j’étais prince j’en aurais des choses à dire aux copains !

Je vois bien que de temps à autre Yasmine regarde de mon côté, elle rigole en chuchotant des trucs à l’oreille d’Emilie sa copine. Ah les filles ! Faut toujours qu’elles se moquent de nous, les garçons !

A midi, maman vient me chercher à l’école, pour déjeuner à la maison.

A table, je demande :

- C’est vrai que Ka-Reine va se faire couronner ?

- Oui, la pauvre ! Elle est allée ce matin chez le dentiste se faire poser une couronne.

- Oh ! dit papa, ce n’est pas très agréable !

Qu’est-ce que le dentiste vient faire là-dedans ? Et puis Ka-Reine s’est déjà fait couronner, sans nous inviter, et sans Yasmine sa fille ? Je n’y comprends plus rien.

- Mais, maman, elle ne nous a pas invité à son couronnement ! Tu es sa meilleure copine pourtant…

Papa et maman me regardent, et tout à coup maman éclate de rire. Elle ne peut plus s’arrêter.

Papa a un grand sourire, un peu moqueur. Je sens que j’ai dû dire une bêtise…

Maman, entre deux hoquets de rire m’explique que le dentiste a posé une protection sur une des dents de K-Reine qui est abîmée. Cela s’appelle une couronne. Et elle conclut :

- Voilà ce qui arrive quand on ne se lave pas bien les dents !

Je trouve que ce n’est pas très gentil pour Ka-Reine, de la soupçonner de ne pas bien se laver les dents.

De retour à l’école, Yasmine et Emilie sont encore en train de comploter dans un coin de la cour de récré. Emilie s’approche de moi :

- Tu sais, Yasmine n’ose pas te le demander… elle voudrait que tu sois son amoureux.

Je regarde Yasmine et je me dis qu’avec elle comme amoureuse, je suis le roi du monde !

 


Une nouvelle histoire d’Isabelle 

10 décembre 2007


Les trois maisons

Pierre Poul était entrepreneur en bâtiment, c’est-à-dire qu’il construisait des maisons. Il était propriétaire, dans la zone artisanale de Fontenit le Conte, un village de Vendée, d’un immense hangar dans lequel étaient entreposés des parpaings, des tuiles, des matériaux isolants, des bobines de câbles électriques, des portes, des fenêtres, des baies vitrées…

Pierre Poul employait beaucoup de main d’œuvre : des maçons pour monter les murs, des charpentiers et des couvreurs pour les toitures, des menuisiers pour installer les ouvertures, des électriciens pour le chauffage et la lumière, des plombiers pour amener l’eau jusqu’aux robinets de la salle de bain et de la cuisine.

Li, Chen et Tao étaient de très gentils garçons, leurs yeux bridés et leurs regards timides intriguaient les filles de Fontenit le Conte. Elles se mirent à leur tourner autour… Ce fut Cendrine qui la première réussit à attirer l’attention de Chen, le moins timide des trois frères. Cendrine avait un doux visage, de magnifiques cheveux bruns et des yeux bleus. Elle était perpétuellement chaussée de pantoufles de cuir vert un peu trop grandes, qu’elle perdait quand elle marchait trop vite.

Elle réussit à convaincre Chen de l’emmener au bal, Cendrine adorait danser. Le pauvre Chen n’était pas trop doué, mais sa gentillesse et ses attentions pour Cendrine étaient si touchantes, que la belle tomba sérieusement amoureuse de lui. On ne les vit plus désormais l’un sans l’autre, courant les bals mais toujours rentrés avant minuit. Chen fit des progrès et devint un bon danseur.

Un beau matin Chen et Cendrine, élégants dans leurs costumes de mariés, défilèrent en cortège dans les rues de Fontenit le Conte.

Les cérémonies du mariage terminées, Chen et Cendrine cherchèrent à se loger, mais à Fontenit le Conte, c’était la crise du logement. Même Monsieur Roussel, l’agent immobilier, avait loué ses trois maisons et était désolé de ne pas pouvoir leur proposer autre chose, sinon à des prix exorbitants !

Ils décidèrent donc de construire leur maison. Seulement, ils n’étaient pas riches, et une fois le terrain acheté, il ne leur restait plus beaucoup d’argent pour construire la maison…Chen était découragé.

Le vieux père de Chen vint le trouver et lui dit : " Tu te souviens du pays que nous avons laissé pour venir vivre ici ? Là-bas ils construisent des maisons en bois et en terre…Tu as tout ce qu’il faut pour le faire. Demande à tes frères, ils t’aideront. "

Li et Tao étaient fiancés à deux filles de Fontenit le Conte. L’une, Garance, habitait dans la forêt de Fontenit, et ne s’habillait qu’en rouge, elle était terrorisée par le sourire de Pierre Poul. L’autre, Blandine, avait une sainte horreur des pommiers et des pommes, elle était affligée d’une mère épouvantable que l’on soupçonnait de sorcellerie.

Li et Tao voulaient eux aussi construire leurs maisons. Chen décida de partager avec eux le terrain qu’il avait acheté. Ensemble ils cherchèrent dans les livres de la petite bibliothèque de Fontenit le Conte, et sur Internet, les techniques de construction de leur lointain pays d’origine. Ils firent des plans, les discutèrent et les modifièrent. Les femmes mirent elles aussi leur grain de sel. Enfin le chantier commença…

Ils creusèrent d’abord une fosse profonde pour faire une citerne qui récupèrerait l’eau de pluie, pour alimenter les robinets des maisons. Avec la terre sortie du trou, il firent des briques de terre, les mirent à sécher au soleil.

Avec les pierres sorties du trou, ils firent les fondations des trois maisons. Bientôt, les murs de terre commencèrent à s’élever.

Les gens de Fontenit le Conte venaient se promener sur le chantier et faisaient beaucoup de commentaires : " Des maisons en terre, à la première pluie elles vont s’écrouler ! ", " De la terre, ça ne fera pas des maisons solides ! ".

Li, Chen et Tao, continuaient tranquillement leur chantier. Pierre Poul vint les voir en éternuant : " Aaaatchoum ! Vous ne pouviez pas acheter chez moi les matériaux pour construire vos maisons ? Il ne ressemble à rien votre chantier ! Si mes clients savent que vous travaillez chez moi ils ne vont plus me faire confiance en voyant ça ! Atchoum ! ".

Chen vint vers lui et lui dit :  " Nous nous sommes documenté, nous savons ce que nous faisons, ce seront des maisons écologiques, faites avec des matériaux simples, qui ne polluent pas. Il y a beaucoup d’endroit dans le monde ou on construit comme ça. Ici, vos traditionnelles bourrines sont en terre ! ".

Pierre Poul furieux rétorqua : " Aaaaaaaatchoum ! Si elles étaient si bien nos bourrines… Aaatchoum ! Les gens d’ici continueraient à en construire ! Au lieu de ça, ils font des maisons en parpaings ! Si vous vous obstinez à continuer ce chantier je vous renvoie de chez moi ! Atchoum ! ". Il tourna les talons et rentra chez lui à grandes enjambées impatientes, en éternuant, pestant, rouspétant et tempêtant.Ensemble, les trois frères isolèrent les murs avec de la paille. Pierre Poul revint de nouveau éternuer, pester, rouspéter et tempêter. Rien n’y fit, Li, Chen et Tao s’entêtaient à continuer.

 

La menace était terrible et les trois frères étaient morts de frayeur. Chen réfléchit et dit : " Demain c’est le moment de poser la charpente, nous ne pouvons pas abandonner maintenant, nous avons avancé trop loin dans notre chantier pour arrêter maintenant, il faut continuer, tant pis pour les menaces de Pierre Poul.  ".

Ils continuèrent donc. Les charpentes furent façonnées et posées, sous la direction de Li. De belles tuiles furent posées dessus, qui protégeaient les murs de terre. Les trois maisons avaient fière allure. Pierre Poul revint les menacer en éternuant, pestant, rouspétant et tempêtant. Mais au fond, Pierre Poul savait que c’était de bons ouvriers qu’il ne retrouverait pas si facilement ailleurs…

 Tao commença les travaux d’électricité. Les habitants de Fontenit le Conte continuaient à venir inspecter le chantier en rigolant : " Ils ne vont pas s’éclairer à la bougie finalement ! ". Tao installa une éolienne qui jouait avec le vent et des panneaux solaires rutilants sous le soleil. Quelques jours plus tard, on vit de la lumière aux fenêtres de bois que Chen avait fabriquées et posées. Pierre Poul vint voir en éternuant, pestant et rouspétant.

En quelques mois, les maisons furent achevées, elles n’étaient pas si différentes des autres maisons du bourg. Pierre Poul, invité par les trois frères, vint visiter en éternuant et pestant. Il reconnut : "  Aaaatchoum ! Ces maisons sont belles et confortables. Atchoum ! ". Chacun à Fontenit le Conte, reconnaissait qu’il s’était moqué un peu vite des frères Cho-Chon. Monsieur Roussel songeait même à faire construire trois belles maisons en terre…cet homme était décidément obsédé par le chiffre trois !

Chen et Cendrine furent les premiers à emménager dans leur jolie maison. Li et Tao qui attendaient leur mariage, fignolaient leurs intérieurs.

Ce fut sous un beau soleil d’été que furent célébrés les mariages de Tao avec Garance et de Li avec Blandine. Les parents des trois garçons, Chen et Cendrine qui attendait un bébé étaient de la noce, ainsi que Pierre Poul qui ayant bien réfléchi devant ces trois belles maisons avait cessé de pester, rouspéter et tempêter, mais éternuait toujours. Il voulait proposer aux trois frères de s’associer avec lui pour construire de belles maisons en terre. " Aaaatchoum ! C’est vrai après tout, nos bourrines étaient en terre elles aussi, ils n’ont fait qu’améliorer les traditions, les frères Cho-Chon! Atchoum ! ".

C’est ainsi que quelques temps plus tard, sur le bâtiment de Pierre Poul, s’inscrivit :  " Cho-Chon & Poul, constructeurs écologiques ". Ils construisirent beaucoup de belles maisons en terre, en bois et en paille. Et avec le temps, Pierre Poul cessa d’éternuer.

  Isabelle

Les Bourrines représentent le passé du Marais Breton et de ses habitants. Elles étaient construites à partir de terre et de roseaux. L’intérieur y est simple, voire rustique, souvent constitué d’une pièce unique munie d’un four à pain. Le mobilier y est en bois.
Certaines bourrines sont ouvertes au public : Ecomusée du Daviaud (La Barre de Mont) ou Les Bourrines du Bois-Juquaud (Chemin du Bois-Juquaud - Saint-Hilaire-de-Riez)

http://fr.ekopedia.org/R%C3%A9nover_une_maison_en_terre
http://www.jedecouvrelafrance.com/f-4300.vendee-bourrine-bois-juquaud.html
http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/maison-terre-hakka-chine_491.html 

15.11.2007

Pierre Poul était grand, avec des grands yeux, des grandes oreilles et une grande bouche avec un sourire légèrement carnassier… Cette bouche s’ouvrait souvent sur de formidables éternuements, car Pierre Poul était perpétuellement enrhumé. Il souffrait d’allergies dues à la pollution de l’air. Ceci ne l’empêchait surtout pas de diriger son entreprise avec beaucoup d’autorité.

Dans le petit bourg de Fontenit le Conte, vivaient trois frères. Ils étaient venus avec leurs parents, de la lointaine Asie, fuyant un pays où la vie était trop difficile. Li, Chen, et Tao Cho-Chon étaient respectivement, charpentier, menuisier et électricien. Naturellement, comme beaucoup d’hommes du village, ils travaillaient chez Pierre Poul. C’était des ouvriers sérieux, qui donnaient entièrement satisfaction à leur patron.

 

 


Une petite histoire de petit chien

20 août 2007

Le malin p’tit chien

Dans ma maison, dans le jardin de ma maison, y’a un p’tit chien.
Un p’tit chien plein d’poil, qu’on sait même pas faire la différence entre le devant et le derrière !
C’est Aldo, c’est mon chien.

L’autre jour, Aldo se promenait dans la prairie derrière chez moi. Il reniflait à droite, il reniflait à gauche, comme font tous les chiens, quand il est tombé sur un gros, un très gros nonos. Quelle aubaine !
Il s’est couché au pied d’un gros chêne et il a commencé à ronger le gros nonos.

Seulement, dans la prairie, Aldo n’était pas tout seul : Attila le gros, l’énorme molosse du voisin était aussi en balade dans le coin.
Aldo qui surveillait ses arrières malgré son appétissante occupation, le vit arriver.
" Zut, pensa Aldo, ce gros lard va me fiche la pâtée et récupérer mon délicieux nonos. Pas question. "
- Hum, dit-il bien fort, comme c’est bon la viande de molosse ! Dommage, il ne me reste plus que cet os, le festin est fini ! "

Attila qui, malgré sa taille, n’était pas très courageux, et même plutôt poltron, pris peur et fila en douce en entendant la réflexion d’Aldo.

Dans le gros chêne, Sisto, chat errant et perfide, avait tout vu.
-  Bien joué Aldo ! Tu es malin ! minauda-t-il.
Descendant paresseusement de sa branche, il alla trouver Attila. Sisto n’allait pas rater l’occasion de provoquer une bagarre entre les deux toutous. Beau spectacle en perspective !
- Ce coquin d’Aldo t’a bien eu, il n’a pas mangé de molosse, il n’y a que toi dans le quartier comme chien de cette taille. Il a juste trouvé cet os par hasard et ne voulait pas que tu le lui voles. Ah ! Il t’a bien ridiculisé ! Ah, ah, ah ! 
Attila, furieux d’avoir été berné aussi bêtement par Aldo qui ne faisait pas le dixième de son poids, fit demi-tour. Il fonçait sur Aldo quand celui-ci le voyant arriver :
-  Ah, s’écria-t-il, le chat à bien fait son boulot ! Il a réussi à décider le gros lard à revenir. Grâce à lui je vais pouvoir manger un deuxième molosse, j’ai un appétit d’enfer aujourd’hui !
En entendant ces mots, Attila stoppa net ! Terrorisé et tremblant, il s’enfuit se réfugier dans sa niche.
Aldo est resté tranquillement ronger son nonos sous son gros chêne. Et quand il est rentré à la maison il était particulièrement content de me raconter son aventure.

Moralité :
Il ne suffit pas d’être grand et fort, il faut savoir être malin, comme Aldo !

Isabelle

 


La Plage 

3 juillet 2007

Voilà, il l’a, sa plage, le farfadet, que d’histoires juste pour un peu de sable dans la vitrine de la bibliothèque !

Et même en plus quelques poèmes pour chanter la pluie
et le soleil de notre bel été qui va bien finir par arriver


Du grabuge ? 

15 juin 2007

Mais que s’est-il donc passé dans la vitrine de la Bibliothèque durant le week-end ? La belle pile de livres élaborée par Isabelle est toute sens dessus-dessous, le tissu bleu/blanc a disparu, le farfadet se cache… Seul le nain érudit n’a pas bronché et continue de lire imperturbablement son bouquin. Peut-être ont-ils voulu nous faire savoir qu’il est temps d’aller faire un tour à la plage, lorsque  le beau soleil de juin nous réchauffe…

 

 


L’histoire lue par Isabelle le 1er Juin 2007 

3 juin 2007
Zéphir l’esclave

 Cette histoire se passe il y a très longtemps : deux cents ans, dans un pays très lointain : l’île de la Réunion. A cette époque il y avait beaucoup d’esclaves sur l’île. Ces hommes, ces femmes et ces enfants étaient achetés comme des objets. Ils appartenaient à un maître qui les faisait travailler dur sans les payer.

 1. L’Oncle Oscar
Je me réveille. Il fait nuit noire. Par la fenêtre, je vois les étoiles. Quand je les regarde, il me semble qu’elles m’appellent par mon nom : « Zéphir… Zéphir… » Et alors j’oublie que je suis esclave.
J’ai envie de suivre les étoiles, de partir loin des plantations de café, loin des sacs qui pèsent sur mes épaules, loin du fouet du maître. Cette nuit, il fait moins chaud, je respire mieux. Je me retourne sur ma paillasse. Mais tout à coup, je me redresse, quelque chose ne va pas. Mais quoi ? Je reste assis, l’oreille tendue. Soudain, je comprends : je n’entends rien, rien sauf le chant des grillons et ma respiration. Il manque le souffle de mon père. Où est-il ?
Je me glisse dehors. Là, un murmure me parvient : mon père parle avec quelqu’un. Je connais cette voix. Je ferme les yeux pour mieux écouter. Et puis son nom surgit de ma mémoire : Oscar ! C’est mon oncle, le frère de mon père.

J’avais 5 ans quand mon oncle s’est enfui. Il était esclave, lui aussi. Une nuit, il a disparu. Le maître a envoyé des chasseurs d’hommes à sa poursuite, mais ils ne l’ont jamais rattrapé. La montagne l’a protégé ! au bout d’une semaine, les hommes ont abandonné les recherches. Le maître a soupiré :
- Et un « marron » de plus ! ça va finir par faire tout un village !
Les marrons, c’est comme ça que le maître appelle les esclaves qui s’enfuient. Moi, je rêve de les rejoindre, de vivre libre avec eux deans la montagne. Souvent, mon père regarde au loin et il promet :
- Un jour, je partirai.
Accroupi derrière la case, j’écoute la voix de l’oncle Oscar. Des bouts de phrases me parviennent : « Cette nuit… très difficile… dangereux… ».
Aussitôt je comprends : ça y est, nous aussi, nous allons nous enfuir ! Mon cœur bat à toute allure.
……………………

Vous trouverez la suite dans « mes premiers J’aime lire » n° 45, mai 2006, disponible à la Bibliothèque - Ecrit par Juliette Mellon, illustré par Boiry.


Histoires en vrac… 

10 mai 2007

Tout bientôt, on vous racontera l’histoire du crapaud africain, racontée cette semaine par Isabelle. C’est que ça voyage, ces petites bêtes ! 

Bonne lecture ! 
A vous de continuer les histoires en les écrivant sur le Forum. AB

ERREUR ! Les conteurs font n’importe quoi,il n’est pas africain ce crapaud, mais plutôt grec ! (NDLR)

Hélène et Ménélas 

     Hélène, comme toute les princesses, est très belle et très intelligente. Le roi Tindare et la reine Léda, ses parents, veulent la marier. Alors ils envoient des messagers annoncer partout que celui qui saura plaire à la Princesse Hélène aura le bonheur de l’épouser.
Hélène veut un mari beau, intelligent et savant. Aussi, à chaque prétendant qui se présente, elle pose beaucoup de questions,  pour évaluer ses connaissances…
     Passent, passent les jours, aucun n’a su plaire à la belle…

     Un beau matin, un splendide équipage se présente au château.
     Un page superbement vêtu demande audience. Le roi le reçoit, assit sur son magnifique trône doré. Le page porte un panier avec, sur un coussin de velours bleu, un crapaud horrible et pustuleux.
«  Mon maître, le Prince Mélénas souhaite offrir cet animal à la Princesse Hélène. »
     Le roi, voyant la laideur du crapaud, pousse des hauts cris : jamais la princesse n’acceptera pareil présent.
« Ce crapaud est magique, il connaît et raconte toutes les histoires du monde majesté, et comme le Prince Mélénas connaît la grande curiosité de la Princesse Hélène, il a pensé  que ce cadeau lui serait agréable. »
     Le roi ne veut pas mécontenter le prince Mélénas et accepte le présent pour  sa fille.

     En voyant la bête, Hélène la trouve si laide que dégoûtée, elle ne peut croire que ce crapaud raconte des histoires. Elle demande à sa servante de l’éloigner.
     Le crapaud se retrouve donc aux cuisines.

     Quelques jours plus tard, la princesse se promène dans les jardins du château. Il fait chaud et la princesse à soif. Elle passe par la cuisine pour boire et voit toutes les cuisinières  regroupées autour de la table.
     Une voix raconte une histoire, l’histoire d’un prince charmant  à qui on avait enlevé la princesse qu’il aimait. Capturée par un rival jaloux du prince, elle était enfermée dans un château, au milieu d’une ville fortifiée. 
      Ayant su où elle était enfermée, le prince avait fait encercler la ville. Mais le rival jaloux ne voulait pas libérer la princesse. Le prince, rusé, a construit un immense cheval de bois, plus haut que les murailles de la ville, l’a rempli de ses soldats et amené aux portes de la ville. Les habitants, voyant ce magnifique cheval, s’en sont emparé, et l’ont rentré dans la citadelle.
     A la nuit tombée, les soldats sont sortis du cheval, ont envahi la cité et pris le château. Ainsi le prince a pu délivrer son aimée.

     Curieuse, Hélène s’approche et voit le crapaud, installé dans son panier, qui raconte l’histoire.
     Et elle tombe sous le charme de cette voix chaude et mélodieuse. Elle s’empare du panier, l’emporte dans les appartements royaux. Là, elle supplie le crapaud de lui raconter une autre histoire.
« Une princesse était si belle et si intelligente que lorsque vint pour elle le temps de se marier, elle exigea un bel époux  d’une grande culture, qui connaisse toutes les choses du monde. Malheureusement, elle ne trouva personne qui puisse lui convenir. Un prince très savant avait entendu parler de cette belle et intelligente princesse.
L’ayant aperçue il en était tombé fou amoureux mais il avait peur de ne pas être à la hauteur de ses exigences. Il y a tant de choses que l’on ignore dans ce monde. Ce prince était doué de magie, il prit l’apparence d’un crapaud et se fit conduire par un page au palais de la princesse. La magie lui avait aussi accordé le don de raconter les histoires.
Mais il était si laid que la princesse n’en voulut pas.
Le crapaud, relégué aux cuisines, commença à charmer les servantes avec ses histoires. Elles étaient si heureuses d’entendre ces contes merveilleux qu’elles prirent grand soin de lui.
Puis un jour, la princesse qui passait par là l’entendit raconter et tomba sous le charme de sa voix…
».

     La belle Hélène comprend que le crapaud lui raconte sa propre histoire.
« J’ai compris, tu peux reprendre ton apparence humaine, je suis sûre que tu seras pour moi l’époux dont j’ai toujours rêvé. »
« Toute magie se paye, pour que je redevienne le prince Mélénas, il faut que celle que j’aime me fasse un baiser, sinon je serai condamné à rester crapaud toute ma vie. Mais mon amour est si grand que je suis prêt à prendre le risque…je te préviens aussi que mon apparence humaine ne sera peut-être pas celle que tu espères. »
     Hélène est toujours dégoûtée par l’aspect du crapaud, seule sa voix exerce un charme sur elle. 
     En pleurant elle repousse le malheureux crapaud qui se réfugie dans un coin. Puis elle pense à ce sort affreux, à  ce prince qui par amour pour elle a pris l’apparence d’un crapaud pour mieux la charmer avec ses contes. Elle surmonte son dégoût, prend le crapaud dans ses mains et dépose un baiser   sur son front.
     Dans un grand éclair blanc, le crapaud disparaît et laisse la place à un prince magnifiquement vêtu, son visage doux est éclairé par des yeux d’un bleu plus pur que le saphir. Il s’avance vers la belle Hélène, il boîte, il a une jambe plus courte que l’autre. Mais Hélène qui a surmonté l’épreuve du baiser au crapaud se précipite dans ses bras, ne voyant que le charme de Mélénas.

     Ensemble ils ont eu trois enfants, Ulysse, qui est devenu  un grand voyageur,  Pénélope qui est très douée pour la tapisserie…et le petit Omer qui comme son père est beau parleur et très doué pour raconter les histoires.

Voili, voilà, voici que mon conte fini là !
                                                                                               Isabelle

( Les noms des personnages doivent rester orthographiés ainsi : Tindare et Omer)


Crapaud ? 

20 avril 2007

Isa, c’est toi ?

Il faut que je vous raconte.

Il y a quelques jours, nous avons effectué un remaniement très important des bouquins de la bibliothèque. (voir à ce propos la rubrique vie de ABC).

Prises par le temps, nous avions laissé au bas de l’escalier plusieurs piles de livres en attente.

Qu’elle n’a pas été ma surprise, l’autre matin, en remuant les livres pour les mettre en cartons, de découvrir…
non, pas un farfadet,
non, pas un chat,
non, pas un pigeon,
mais un crapaud,
un mignon petit crapaud, tout apeuré qu’on l’ait délogé de sa cachette.

Et moi de m’écrier : Mais que fais-tu là, Isa ?
Le crapaud n’a pas répondu. Ouf ! J’ai eu peur que les sorcières, par je ne sais quelle vengeance, n’aient transformé notre gentille Isa ! Nous aurions été bien, tiens, avec un batracien pour recevoir les enfants et leur lire des histoires : "Côa ! Côa ! Côa !"

Alors si ce n’est pas Isa, QUI est cette bestiole ?

20.04.07 


Le chat d’Isabeau (bis) 

24 février 2007

Alors ? alors ? il l’a écrite, sa lettre, le matou ? Et sa belle, elle lui a répondu ? quel suspens !


Le chat d’Isabeau 

12 février 2007

 Vous avez du mal à en croire vos yeux ? et pourtant … le chat a bien lui aussi attrapé le virus de l’écriture, mais c’est un peu de ma faute, et voilà pourquoi …

J’ai bien remarqué depuis quelques temps que le minet regarde la petite chatte d’à côté avec des yeux énamourés. Mais celle-ci, chatte angora avec un nom long comme un dimanche sans soleil, un pedigree à faire pâlir la noblesse de France et de Navarre, et tout et tout, l’ignore royalement et minaude avec la chatte siamoise d’en face : « Pensez-vous ! Un vulgaire chat de gouttière dont la mère ne connaît peut-être même pas le nom du géniteur, un quelconque roturier sans armoiries …. et ce vocabulaire ma chère …. cette élocution …. d’un commun !!! »

Depuis qu’il a surpris cette conversation, notre amoureux éconduit s’entraîne tous les soirs avec ses copains à des cours de diction, quelle cacophonie !!!

Exaspérée par ces vocalises discordantes, j’ai fait une suggestion au matou : puisque sa belle n’est pas sensible à ses sérénades (comme je la comprends !)
il serait peut-être préférable, quitte à se torturer le  cervelet pour trouver des tournures alambiquées, de les immortaliser sur le papier plutôt que de lui miauler des aubades. La coquette sera sûrement flattée et se laissera peut-être attendrir par un joli poème.

Voulant à tout prix séduire l’élue de son cœur, le Don Juan ne décolle plus ses moustaches du dictionnaire pour trouver des rimes et corriger son orthographe quelque peu fantaisiste.

Je pense que nous allons être submergées de poèmes et de lettres d’amour car si même les farfadets et les chats s’y mettent, il va y avoir de la concurrence.

                                                              Isabeau 
(il paraît, comme nous sommes plusieurs à écrire, qu’il est judicieux de signer sa prose, comme il y a déjà une Isabelle j’aurais pu choisir Isabelle II mais ça fait un peu reine d’Espagne, ceci dit Isabeau fut reine de France … alors ?)


Jaloux le lutin ? 

9 février 2007

Depuis quelques années nous subissons la présence d’un lutin à la maison. Vous savez ce petit personnage facétieux qui déplace vos chaussons que vous rangez TOUJOURS dans le placard et que vous retrouvez inexplicablement  glissés sous le canapé ……

 ….. Ou bien qui dérobe régulièrement une chaussette dans le panier à linge sale et vous apercevez du larcin une fois le repassage terminé et qu’il reste une ou deux chaussettes dépareillées au fond de la corbeille.
               
Ce petit bonhomme m’a glissé à l’oreille dimanche soir alors que je m’endormais qu’il connaissait très bien le farfadet de la bibliothèque (forcément il se déplace beaucoup pour perpétrer ses mauvais coups …) et que ce n’était sûrement pas un amour complètement désintéressé qui motivait le petit génie : d’après cet esprit malin, le farfadet se pique de littérature à force de côtoyer tous ces livres et qu’il aurait décidé de faire reconnaître ses talents d’auteur en participant au concours de la lettre d’amour pour le printemps des poètes.

Mais …FLOP … il s’est vu confronté inexorablement à la page blanche ; c’est pourquoi il se démancherait le cou à longueur de journée pour apercevoir le joli minois d’une des beautés affichées sur la vitrine d’en face : comme tout GRAND artiste il a décidé qu’il avait besoin d’une muse pour trouver enfin l’inspiration … mais peut-on se fier aux élucubrations d’un lutin espiègle et ma foi peut-être un peu jaloux ……. ???

 


Le Farfadet amoureux 

5 février 2007

Le Farfadet écrit…

Le Farfadet se morfond, au milieu de ses cœurs et de ses poèmes qui tous parlent d’amour.
-  Je sais ! Eureka ! s’écrit-il soudain, je vais lui écrire une lettre d’amour moi aussi !
Bon. Je commence par : « Chère Obélisque ».
- Mais non ! s’exclament en chœur les sorcières, l’Obélisque c’est la grande pierre rapportée par Napoléon et qui est au centre de la place de la Concorde à Paris…
- Ah bon. Alors, « Chère Obélix »
- Mais non ! Obélix, c’est le gros d’Astérix
- Ah oui, c’est vrai. J’ai trouvé, je voulais dire : « Chère Odélisque… »
- Voilà autre chose !
- Tant pis, je trouvais que ça faisait joli. Bon, alors je ne mets rien. Laissez-moi tranquille. Je vais écrire tout seul, je n’ai pas besoin de furies qui m’empêchent de penser.
Il pose sa pile de livre, prend un crayon et une feuille qu’il a trouvé sous le bureau et écrit :
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Mais le voilà arrivé au bas de la page. Il la retourne pour écrire de l’autre côté son beau poème d’amour, mais comme il a pris une feuille de brouillon, l’autre côté est une page de statistiques avec des chiffres : nombre d’adhérents… nombre de livres empruntés… nombre, nombre… que de nombres. Hombre ! lui il ne veut pas des nombres ni des ombres, il veut des
je t’aime. Alors il retourne la page la tête en bas et il recommence :
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime…*

Finalement, ce n’est pas mal du tout. Il est tout content, le Farfadet.
Mais comment faire parvenir ce beau message à la belle, objet de ses ardeurs ?
Ma foi, le plus simple est de l’afficher sur la vitre, elle le verra. Espérons qu’elle n’est pas miro. Quelquefois, les jolies filles ne veulent pas porter de lunettes, mais elles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Voilà, c’est fait. Allez admirer le résultat à la Bibliothèque, et dites-moi si elle peut l’apercevoir depuis l’autre côté de la rue.
- Vous me le direz, hein ?

* extrait de : "Rimes riches à l’infini" de A.B., 1964.


Et encore le Farfadet ! 

1 février 2007

Le farfadet amoureux

Je crois bien que mon farfadet, vous savez bien, le petit bonhomme avec sa pile de livres, qui campe dans la vitrine, je crois bien qu’il est amoureux.
Cette nuit, les décorations de noël ont été enlevées et ce matin j’ai retrouvé le farfadet trônant au coeur de poèmes d’amour et d’une pluie de petits cœurs rouges partout autour de lui.
Il avait l’air bizarre. Il soupirait. Je lui ai demandé si quelque chose n’allait pas, mais il n’a rien voulu me dire. Je lui ai demandé la raison de cette débauche de cœurs rouges et de poésies amoureuses. Il m’a répondu qu’il avait décoré la vitrine pour le « Printemps des Poètes ». Effectivement, cette année le thème est : le poème d’amour.
Je l’ai remercié pour cette gentille attention et puis j’ai commencé à préparer l’arrivée des classes de la matinée.
 Seulement, j’ai bien vu, il lançait sans arrêt des coups d’oeils vers la vitrine de   « Fanny Esthétic’ », de l’autre côté de la rue. Dans la vitrine de Fanny, il y a des photos de jolies femmes et je pense que mon farfadet a le béguin pour l’un de ces jolis minois ! Laquelle ? Je vais questionner le farfadet tout en douceur, mine de rien …
Si ça ne marche pas, j’irai demander aux deux sorcières là-haut : la nuit ils doivent bien discuter, tout les trois, et comme l’amour est source de poésie, il va bien en sortir quelque chose…
Je vous tiendrai au courant.
Affaire à suivre absolument !


Une nouvelle histoire d’Isabelle 

25 janvier 2007

Surtout n’ouvre pas la porte !

Anaëlle est malade. Sa maman doit aller à la pharmacie chercher les médicaments. C’est la première fois qu’Anaëlle va rester toute seule à la maison. Sa maman lui fait de nombreuses recommandations, ne pas répondre au téléphone, ne pas se servir de la cuisinière, n’appeler personne par la fenêtre… 
Et pour être sûre qu’Anaëlle a bien compris, sa maman lui relit « Le loup et les sept chevreaux », « cette triste histoire dans laquelle des chevreaux ouvrent la porte au loup et son font manger par lui ».
La maman d’Anaëlle part enfin à la pharmacie.
Anaëlle ne se sent pas si malade, et elle se lève pour jouer. Elle s’amuse à sauter sur les coussins, puis elle « emprunte » la robe noire de sa mère pour jouer à la star ! Soudain, au beau milieu de ses jeux, toc, toc, toc, Anaëlle entend frapper à la porte. Elle n’en croit pas ses oreilles ! Le loup ? Déjà ? !
Et le  loup va la supplier d’ouvrir la porte « Anaëlle, c’est Maman ! J’ai oublié mes clés, ouvre-moi, s’il te plait ! ».
Mais Anaëlle, bien mise en garde par sa maman, ne se laisse pas prendre au piège !
Et elle met un point d’honneur à combattre ce loup qui sait si bien imiter la voix de sa maman. Non seulement Anaëlle n’ouvre pas, mais elle va jusqu’à l’arroser avec son pistolet à eau, à travers le trou de la serrure.

Jusqu’à ce que Papa arrive et ouvre la porte. Ouf ! Sauvée !
Seulement, derrière Papa, il y a Maman, les yeux pleins de colère, et toute mouillée, qui s’effondre dans un fauteuil : « Plus jamais je n’oublierai mes clés ! ». Mais rassurez-vous, tout finit bien, un bisou a suffi à tout arranger !

Moralité : Bien chers enfants, ne prenez pas à la lettre toutes les histoires que vous racontent vos papa, maman, mamie, papy, et … les bibliothécaires !

 Claire Clément (Mes premiers J’Aime Lire)

Cette histoire a été lue à l’Heure du Conte du 12 janvier.
Vous pouvez emprunter la revue à la Bibliothèque


Fontaine nous a écrit : 

9 janvier 2007

Puisqu’on parle de pigeons : Lorsque j’habitais en ville, une vieille voisine avait la phobie des pigeons, ayant entendu les media dire qu’ils sont porteurs de maladies dangereuses pour l’homme.
Alors, chaque soir, elle sortait avec deux couvercles et jouait bruyamment et longuement des cymbales pour déloger les couples installés sous l’auvent de sa toiture.
Evidemment, dès qu’elle avait tourné les talons, les tourtereaux revenaient au nid.
C’était le concert du soir.

Thibaut nous a écrit :

"Un matin, je crois bien que c’était le matin de Noël, je me suis levé pour faire pipi, j’ai vu par la fenêtre des pigeons plein le ciel. C’était beau comme quand on a lâché les ballons dans le ciel au Téléthon. J’ai fait une photo. "

 


Ouille ouille ouille ! 

3 janvier 2007

Le Père Noël est reparti.

C’est normal, c’est dommage, mais Noël ne dure pas toute l’année. Il est reparti par la cheminée comme il était venu, mais en faisant bien attention de ne pas se retrouver coincé, cette fois.
Seulement, il était tellement emberlificoté dans sa houppelande qu’il n’a pas refermé la porte de l’insert.
Lorsque Isabelle (qui était en vacances) est passée en coup de vent, le matin du 25, pour chercher son écharpe oubliée, elle a été surprise d’entendre derrière les étagères des "rrrrouou rrrouou rrrrouou", et un vol d’ailes dans le fond de la pièce. Intriguée, elle s’est avancée, et une nuée de pigeons affolés s’est éparpillée sous le plafond. Elle aussi était affolée ! Elle avait bien remarqué ces derniers jours la colonie de pigeons bien alignés sur le faîtage, mais les retrouver DANS la bibliothèque !
Elle glissa sur les fientes, horrifiée cette fois par les dégâts, les livres déchiquetés et souillés, la moquette crasseuse, les étagères recouvertes de platras nauséabonds…
Elle comprit, lorsqu’elle aperçut la porte de l’insert ouverte, que les pigeons avaient saisi l’occasion pour venir crêcher au chaud.
Alors, elle se mit à hurler ! Ouvrant grand portes et fenêtres, elle se mit à chasser les volatiles à grands moulinets des bras, à grand renfort de cris et d’insultes (que je ne me permets pas de citer ici, c’est fou tout ce qu’on peut dire quand on est en colère !).

C’est alors qu’apparurent les deux sorcières, un peu hébétées, échevelées, les yeux encore bouffis de sommeil. Leur réveillon avec le Père Noël s’était continué dans la tradition avec les papillottes qu’Armande destinait aux enfants, et leur sommeil alourdi par un foie fatigué s’était prolongé fort tard. Rigolardes, elles contemplaient la scène, poussant des sifflements qui traumatisaient encore davantage les pauvres volatiles. Quel cirque !

Le farfadet, tout penaud et apeuré, avait sauté dans la corbeille à papier, sous le bureau, en attendant une accalmie. 

Heureusement, à cette heure matinale, et comme la boulangerie était fermée, personne ne circulait aux alentours, sinon, quel spectacle ! Les pigeons s’échappaient par les fenêtres en criaillant à pleine gorge, les insultes et les sifflements envahissaient la place de l’Eglise…

Enfin, peu à peu le calme revint, mais vous imaginez l’ire d’Isabelle contre ces *** de sorcières ! Toujours pouffant, elles convinrent que les dégâts étaient importants, mais pfuuuit ! avec quelques marmonnements cabalistiques, elles en feraient leur affaire. Qu’Isa parte tranquille, la Bibliothèque serait encore plus propre à la prochaine permanence qu’avant Noël.
Ruminant dans sa barbe, mais contrainte de leur faire confiance  Isabelle repartit, oubliant d’ailleurs son écharpe.


Alors, dans quel état était la bibliothèque à la permanence du mercredi 27 décembre ? Nous appelons à témoin pour savoir si tout était propre et en ordre.

Nous n’avons pas revu les deux sorcières depuis. Par contre, le farfadet a gentiment repris sa place dans la vitrine, comme si de rien n’était.
Au prochain Noël !

 

Et que cette année vous apporte beaucoup de bonheur, avec ou sans sorcières, avec ou sans pigeons, mais avec les livres pour compagnons.


25 décembre 

24 décembre 2006
Le Père Noël est passé !
Il a laissé plein de livres à la bibliothèque, mais quelle aventure pour ce pauvre homme !

Il a voulu passer par la cheminée bien sûr mais il ne savait pas qu’il y a un insert…..
Arrivé en bas, la vitre de l’insert était fermée et notre
Père Noël, avec son gros ventre et son gros sac, s’est retrouvé coincé. Il a frappé, il a crié,  bref, il a fait beaucoup de bruit.
Le farfadet est arrivé tout de suite, mais il est si petit qu’il n’a rien pu faire.
Les deux sorcières dormaient, là-haut dans la réserve. Elles se sont réveillées et comme toutes leur consoeurs, elles  sont curieuses. Elles sont descendues, toutes excitées. Vous pensez bien que quand elles ont aperçu le Père Noël coincé dans la cheminée, rouspétant le nez et la barbe collés à la vitre, elles ont bien ri !
Mais le jour de Noël, chacun se doit d’être agréable aux autres et même les sorcières respectent cela. Tout en se gondolant, (mais imaginez la scène, honnêtement je pense que vous aussi vous auriez bien rigolé) elles ont donc ouvert l’insert. Et elles se sont donné du mal, je vous assure, pour essayer de tirer ce pauvre Père Noël de là.

Mais d’abord, elles ont sorti le sac et ont déballé tous les livres contenus dans les paquets, elles les ont tranquillement feuilletés et ont commenté les histoires. Pendant ce temps le Père Noël, toujours piégé dans la cheminée, suppliait pour qu’elles le délivrent au plus vite. Mais il faut bien dire que l’épisode de la soupe leur était restée sur l’estomac, et elles se sont quand même un peu vengé en le faisant attendre un peu plus qu’il ne l’eût fallu.
Enfin, ayant fini l’inventaire des cadeaux, elles ont consenti à aider le pauvre homme à sortir de la cheminée. Il a fallu que le farfadet se faufile dans la cheminée et saute sur le ventre rebondi du Père Noël pour réussir à l’extirper. Après bien des efforts, en le tirant par les bras, et un peu par la barbe, enfin le voilà dehors.

Le farfadet a offert de secouer la houpelande pleine de suie du Père Noël. Notre homme s’est donc retrouvé en chemise et en caleçon (rouge à pois blancs) dans la réserve, où les sorcières ont improvisé avec les restes de boissons et de gâteaux de la remise des prix du concours de marque-pages, une collation bien méritée.
Tout en festoyant, nos quatre compères et commères ont fait un peu mieux connaissance et les sorcières ont reconnu qu’il valait mieux avoir  raté leur ignoble soupe sinon elles n’auraient pas eu l’occasion de se faire un ami, et quel ami !

Pour l’année prochaine, je laisserai l’insert ouvert la nuit de Noël. Mais je crois quand même qu’il faudrait que le Père Noël fasse un régime !
J’y pense : heureusement qu’elle n’était pas allumée la cheminée sinon…

Vous vous demandez comment je sais tout cela ?
C’est un petit crapaud  qui dormait dans les massifs, devant la vitrine de la bibliothèque, qui a été réveillé par toute cette agitation, et il a tout vu. Il a sautillé jusque chez moi, pour tout me raconter ! Mais j’ai dû vous traduire l’histoire, car il ne parle que la langue elfique.
Quel boulot !
Il m’a même dit que j’aurai un sacré bazar à ramasser dans la réserve, ces chipies de sorcières n’ont rien rangé, bien sûr.

Allez, je vous laisse, le Père Noël est aussi passé chez moi et il y a plein de paquets sous le sapin.

Joyeux Noël !

___________________________________

A propos des sorcières… (Foraisine)

Meilleurs encouragements pour cette animation…mais moi, je sais que les sorcières ne sont pas restées dans leur carton d’emballage, j’en veux pour preuve, elles sont venues chez moi pour nous enjominer tous et depuis ce sont des catastrophes. J’ignore qui les a libérées, mais ce quelqu’un (les pigeons, le farfadet … personne ne se dénoncera bien sûr) aurait pu l’éviter, Halloween était une affaire close quand même !!! Il va falloir les éradiquer à tout prix… D’abord, ce sont des squatteuses qui, sans vergogne, s’installent où elles l’entendent ; ce ne sont quand même pas ces vilaines dames qui font la loi… A bon entendeur, salut !


Père Noël à la Bibliothèque 

17 décembre 2006
Ça y est ! Le Père Noël est arrivé à la Bibliothèque !

Mais il a eu du mal le pauvre !

 C’est que mes deux sorcières se sont acoquinées avec quelques autres faiseuses de bouillons indigestes.
Elles avaient imaginé de réaliser une recette de soupe pour devenir jeunes et belles.
Et l’ingrédient principal de la soupe était devinez quoi ? Ou plutôt 

qui ?
Mais si ! elles avaient manigancé de mettre le Père Noël dans la soupe ! (Il en est vert de peur).

Le Père Noël est un brave type, mais là, il s’est fâché tout ROUGE !
Mes deux vilaines sorcières n’ont pas pu éviter l’exil dans la réserve des livres, enfermées dans un carton. Et le Père Noël qui voyage beaucoup, a appris, d’un sage magicien, dans un lointain pays, une formule qui neutralise les sorcières. Du coup elles ont perdu tous leurs pouvoirs. Et me voilà tranquille, elles ne pourront plus me menacer d’être transformée en crapaud. Merci Père Noël !
Quand au farfadet il a trouvé un compromis avec le Père Noël qui l’a enrôlé dans son équipe de lutins. Mais oui, les farfadets et les lutins sont cousins, vous ne le saviez pas ? Le voilà bien occupé et il ne fait plus de bétises à la bibliothèque. Quelle paix !

Je vais enfin pouvoir travailler tranquille, avec le Père Noël qui me tiendra compagnie jusqu’en janvier. Il est très content d’être à Commequiers dans une vitrine avec de si belles illuminations dans les rues.

PS : Si vous voulez en savoir plus sur « La soupe de Père Noël », venez emprunter le livre à la bibliothèque. Ce conte et quelques autres a été raconté aux enfants lors de l’Heure du Conte du 1er décembre.


La Belle et le Crapaud (la suite) 

16 décembre 2006

Un invité surprise

Vous vous souvenez de mes squatters dans la vitrine de la bibliothèque ? Les deux sorcières et le farfadet.
Eh bien ils sont toujours là, bien sages en apparence. Mais vous n’imaginez pas le bazar qu’ils font la nuit venue. Parfois je cherche  partout mes affaires, ils jouent avec et ne remettent rien en place ! Mais je ne dis rien bien sûr, j’ai bien trop peur d’être changée en crapaud !

Mais je crois que je vais bien les avoir !

Le Père Noël veut faire une étape à Commequiers, et il a décidé de séjourner à la bibliothèque.
Il m’a envoyé une gentille lettre en me demandant si c’était possible. Je lui ai répondu que avec mes locataires ce ne serait pas facile. Il m’a envoyé un courriel ( mais oui, le Père Noël a Internet) pour me dire qu’il trouverait bien un moyen de s’entendre avec les sorcières et le farfadet. Il pense les amadouer avec quelques cadeaux.
Je ne sais vraiment pas quoi en penser…et si finalement ils arrivaient à transformer le Père Noël en crapaud ? Un crapaud rouge à barbe blanche, vous imaginez ?
Le Père Noël compte s’installer à la bibliothèque cette semaine. J’ai peur que ça fasse un beau raffut, mais mon nouveau locataire, avec sa sagesse légendaire, saura peut-être remettre la paix dans la vitrine.
Je vous tiendrai au courant et je vous raconterai l’installation du Père Noël.

 


Une histoire d’Isabelle 

11 octobre 2006

La Belle et le Crapaud

Vous savez ce que c’est qu’un squatter ?
C’est quelqu’un qui occupe un logement sans permission du propriétaire.

Hé bien moi j’ai trois squatters à la Bibliothèque !

Vendredi matin, j’ai trouvé deux sorcières et un farfadet, occupé à s’installer dans la vitrine.
Ils ont viré la pile de livre qui s’y trouvait, apporté deux citrouilles qu’ils ont installées ainsi que diverses choses.
Dès le matin, leur épouvantable raffut m’a donné une migraine d’enfer !
J’ai bien essayé de protester, mais les deux sorcières ont menacé de me transformer en crapaud. Là je n’ai plus rien dit. J’ai même dû leur donner un coup de main car j’ai eu droit à diverses autres menaces.
Le farfadet m’a expliqué qu’ils cherchaient un abri pour passer l’hiver au chaud. Ils s’engageaient tous les trois à décorer la vitrine en échange du logement.
 Comme je ne tenais pas à passer le restant de mes jours transformée en crapaud, à sauter dans la boue (je déteste la boue beurk !), j’ai accepté le marché.
 Dominique qui passait par là, pour s’occuper des espaces vert autour de la bibliothèque a été lui aussi, sous la menace d’être changé en batracien, obligé de leur fournir divers feuillages et branchages pour terminer leur nid hivernal.
Voilà pourquoi, quand vous viendrez à la bibliothèque, prenez garde à ne pas déranger nos trois locataires, sinon….
Je me demande ce qui se passera, en décembre quand le Père Noël voudra installer son sapin ?
Je vous tiendrai au courant.

 

 

 

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