Le conte de Grégoire

La création du Cirque

 

Pendant que les parents répétaient leurs numéros, Félicien rassembla les enfants turbulents auprès de lui :
– Arrêtez de courir comme ça, vous allez vous blesser. Vous voyez bien que vous gênez vos parents. Soyez sages. Venez avec moi, je vais vous raconter l’histoire de la création du premier cirque.

cirque

C’était il y a très longtemps.

Pendant que Dieu le Père s’occupait de choses sérieuses : créer le ciel et la terre, les animaux, donner un nom à chaque chose, Petit Jésus s’ennuyait.

– Papa, je m’ennuie, je sais pas quoi faire, tu ne t’occupes même pas de moi… Tu crois que c’est marrant, ici ? Il n’y a personne pour jouer avec moi.

– Tu n’as qu’à jouer avec les anges.

– Les anges, ils sont trop sérieux, ils ne sont pas marrants.

– Dans ce cas, tu n’as qu’à apprendre ton métier de Dieu et créer, toi aussi.

– Je veux bien essayer, moi aussi.

– Mais oui, bien sûr, tu n’as qu’à créer le cirque !

– Mais c’est comment, le cirque ?boue

– Je ne sais pas, ça n’existe pas encore… Tu n’as qu’à l’inventer… Tu peux te servir de tout ce que j’ai déjà fait, et tu les ordonneras à ta façon.

– Je peux ? Tu sais, t’es un drôlement chouette papa !

Alors Petit Jésus a pris la lune, l’a posée à plat.

– Ce sera la piste, dit-il.

Il arracha deux grands mélèzes, les ébrancha.

– Ce seront les mâts, dit-il.

Il prit un petit morceau de ciel étoilé (c’est lui qui a fait le premier trou dans la couche d’ozone) :

– Ce sera la toile… Papa ! viens voir ce que j’ai fait !

– C’est bien. Laisse-moi travailler.

– Mais je ne sais plus quoi faire.

– Tu n’as qu’à prendre un peu de boue et faire comme moi, inventer des animaux.

– C’est vrai ? Je peux jouer dans la boue moi aussi ? Merci papa !

clown2

femme sans tête 2Alors il inventa un cheval à rayures qu’on appelle le zèbre, un autre avec un très long cou, la girafe. Il inventa aussi l’ornithorynque, cet espèce de canard à poils et à quatre pattes, et aussi le Minautore, la femme sans tête et l’homme-éléphant.

– Arrête malheureux ! cria le Bon Dieu. Maintenant tu fais n’importe quoi !

Le Petit Jésus se mit à pleurer.

– Ne pleure pas, petit bonhomme, lui dit son père, radouci par les larmes de son fils. Il prit un peu de boue et inventa le clown pour le faire rire.

– Tu es drôlement fort, toi, Papa ! Fais-moi encore d’autres personnages !

Alors Dieu inventa les trapézistes, les funambules et les jongleurs.

Grégoire Horveno, conteur dans le joli bourg de Commequiers


lien facebook

lien-vers-fb