Fable du rat

La fable du Rat
 
ratUn rat prospère, en cette fin d'été,
S'en vint chercher nid dans les terres.
Sous le salon, par un petit terrier,
Au nez, sans façon, des propriétaires.
Mais discrétion et correction
Ne furent guère mots d'ordre du locataire.
Tapage nocturne et indélicatesses
Excédèrent vite par la hardiesse
Et provoquèrent cris et colère.
Mort au rat, piège itou et guerre
L'arsenal ne pouvait déplaire.
Mais, rat malin, sacré vilain,
Ignora et contourna d'un regard
Tous les filets tendus à son égard
Et, sembla-t-il, s'en fut enfin.
Les jours qui passent, le cœur en liesse,
La paix retrouvée sent l'ivresse.
Et puis un jour par l'odeur étonné
On vint se poser des questions.
Putréfaction et le cœur soulevé,
On tint à chercher le cadavre.sourislivres
Coins et recoins furent bien examinés,
Aucun corps, rien, que le néant qui navre.
Les heures devinrent journées.
Les nuits vinrent s'installer.
Las.
Lourd voile nauséabond
L'odeur, obstinément,
Sans répit, fermement,
Demeurait sans faux bond.
Passages découverts
Tout derrière la chaudière,
Tout fut soigneusement
Rebouché dans les temps.
Rien n'y fit. Ce fut même pis.
Quelle rage ! Quel désespoir !
Qu'avait donc mérité cette famille sans histoire ?
Un jour arrive, peut-être de grand ménage,
Où fut bougée la machine à laver.
Et, ô stupeur ! Comme dans un engrenage
Rat apparu la tête écrabouillée :
Surpris, coincé, sursaut de l'essorage,
La bête trop lente y resta.
Morale
Rat toujours méfiant et perspicace
Ne maîtrise pas encore
La tortuosité de l'homme moderne
Et sa devise : ça passe ou ça casse.
                                                                                Dom

 

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