La bibliothèque de Commequiers 85220

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Les HISTOIRES de la Bibliothèque de Commequiers

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  • Le conte de Sylviane

    Voici le bien joli conte écrit par Sylviane, et qui a été sélectionné pour paraître dans le tome 2 des Contes et Légendes de Vendée, édité par Grrr...Art.
    Félicitations !

    LE PALAIS DES MOTS

    Il est à Noirmoutier, à l'ombre du château, un très joli quartier qui, loin de la rue piétonne, de ses touristes et de ses babioles made in China, respire l'authenticité. J'aime beaucoup cet endroit, ses jolis jardins, ses fontaines et son calme.

    Un après-midi que j'avais succombé à son charme et qu'un banc ombragé par une treille avait accueilli mon envie de paresse, j'ai surpris la conversation suivante qui s'échappait au-dessus d'un magnifique mur de pierre habillé de lierre :

    - "Dis, Papy Maurice, tu voudrais bien me parler encore de quand tu étais sur un grand bateau qui allait très très loin ?"

    -         "Tu n'en a pas assez de mes vieilles histoires, Julie ?"

    -         "Oh non, et puis ça me donne plein d'idées pour les cours de français !"

    J'ai failli quitter mon refuge, consciente de ma curiosité mais j'avais très envie, moi aussi de m'évader avec Julie et son Papy Maurice. J'avais tout de suite imaginé une fillette blonde portant un joli chapeau de paille et un Papy Maurice buriné par les embruns, âgé, usé par ses multiples traversées, s'appuyant sur une canne et coiffé de l'incontournable casquette de capitaine.

    -         "Bon, comme tu veux, mais cette fois, je vais te raconter une aventure qui m'est arrivée tandis que je naviguais à quelques encablures d'ici, un matin, au large de Noirmoutier, tout près du Pilier.

    J'étais dans ma barcasse, à rêver plutôt qu'à pêcher lorsque j'ai entendu une drôle de petite voix qui m'appelait.

    -        "Maurice, Maurice, viens voir, j'ai quelque chose à te montrer"

    C'était un étrange petit poisson volant. J'en ai vu bien des fois à la proue des navires lorsque je voguais dans les mers lointaines, mais celui-là était vraiment très particulier...... et il parlait !

    Curieux et intrigué, je l'ai suivi. Il m'a entraîné un peu plus loin, dans une crique au creux des rochers et il a prononcé une phrase bizarre tandis que j'eus l'impression de perdre le contrôle de ce je pensais et de ce que je disais, Mon cerveau était comme ensorcelé.

    "Maître, voici Maurice qui franchit les coulisses
    Que s'accomplisse le maléfice"

    et nous sommes entrés tous les deux dans une sorte de grotte. Et alors là ma petiote, j'ai eu les chocottes.....

    Il y avait à l'intérieur, une grande maison, séparée par des cloisons, ressemblant à une prison.

    Sur les portes, des noms : Jules, Camille, Augustin, Isabelle, Patrice, Capucine et bien d'autres encore, perdus dans le décor d'un très long corridor.

    La première cellule était celle de Jules. J'y entre sans préambule. Il était fort comme un hercule, avait les yeux comme des globules et frisait le ridicule. Ici, pas de libellules, mais plutôt des tarentules, et des bidules qui gesticulent. Dans une capsule, une minuscule campanule se désarticule pour rejoindre la renoncule. On me bouscule, je bascule, doucement je me recule et je circule vers le vestibule.

    Je vais ensuite dans la bastille de la gentille Camille. Elle se maquille avec une brindille, s'habille d'espadrilles et porte une mantille. Ici, tout scintille et cela m'émoustille. Mes pupilles s'écarquillent en voyant les jonquilles qui frétillent et les myrtilles qui s'entortillent. Une bille roupille, une cédille babille avec une pastille mais voilà Camille qui me houspille et s'égosille pour une peccadille, une broutille. Alors, sans prendre ma béquille, je sautille vers l'écoutille espérant retrouver ma famille.

    Mais non, car Augustin le lutin m'a atteint et je dois écouter son baratin. C'est une histoire de pantin qui faisait un festin assis sur un strapontin en rotin. Il mangeait du turbotin assaisonné avec du thym qui était, paraît-il, amer comme chicotin. Il aurait préféré le picotin au gratin de son ami le bouquetin. Refusant d'entendre tout le bulletin des potins de ce diablotin, j'ai laissé là ce plaisantin en filant comme un clandestin avant de devenir complètement crétin.

    C'est Isabelle, toute vêtue de dentelles, qui maintenant m'interpelle et me conduit vers une échelle tenue par des sauterelles et menant à une tourelle. Là-haut, rien de réel. Une tourterelle joue du violoncelle, une jouvencelle prépare dans une gamelle une béchamel à la cannelle et à la citronnelle. Une coccinelle appelle une hirondelle pour jouer à la marelle, tandis qu'une mirabelle termine une aquarelle en écoutant une ombrelle chanter une ritournelle. Tout m'ensorcelle.

    Et la visite continue car Patrice crierait à l'injustice si je n'allais voir son édifice qui est une oasis en pain d'épice. Une saucisse qui a la jaunisse joue au tennis avec une écrevisse qui gagne son service. Un narcisse et un myosotis se font complices et tissent une bâtisse autour de l'hélice d'une clovisse qui ratisse des immondices. Une dessinatrice esquisse avec malice une cicatrice sur la joue de l'institutrice. Une cantatrice se fait tentatrice et me glisse une amaryllis que j'accepte, comme un novice.... Mais voilà que la police et la milice envahissent la bâtisse Je me rapetisse et je me trisse.....

    Capucine habite une mezzanine. C'est une gamine mutine qui ressemble à Mélusine. Elle se dandine et danse la biguine avec Amandine, sa benjamine. Elle est câline, la coquine et très féminine avec sa crinoline en popeline, sa capeline de mousseline et ses ballerines de citadine. Ses yeux sont des aigues-marines qui me font penser à une ondine. Elle me taquine, me fascine et me dessine une brigandine pour pêcher la sardine au large des Îles Grenadines. Mais la visite se termine et une arlequine chagrine s'obstine à me jeter de cette cabine...

    Me voici donc dans le couloir, très noir, et j'étais au désespoir de quitter cette histoire.

    Toutes les lettres se bousculaient dans ma tête, essayaient de faire des mots pour jouer avec d'autres mots et j'avais le cerveau comme un tonneau. J'étais prisonnier de ce flibustier qui m'avait mystifié.

    Tandis que je cherchais comment sortir de la grotte, un gros goéland m'interpella :

    -         "Holà Maurice, sais-tu où tu es ?"
    -         "Dans un endroit où les mots malmènent les vieux matelots."
    -         "C'est le Palais des Mots, ici ce sont eux qui commandent, même aux animaux."
    -         "Et que faire pour sortir de ce ghetto ?"

    -         "Et bien, choisis trois mots et si le Maître-Mot les trouve assez beaux, tu seras libre de regagner ton bateau".

    Sans réfléchir, j'ai dit : "Immensité – Horizon et Tempête"

    Et c'est ainsi que je me suis retrouvé sur ma goélette en train de guetter les mouettes à la lunette.

    Vois-tu, fillette, depuis ce jour-là, je respecte davantage les mots, je surveille mon langage.... et j'évite soigneusement d'approcher le Rocher du Pilier !

    Mais toi, Julie, malgré tous les textos, msn et autres je-ne-sais-quoi que tu envoies et que tu reçois dans un patois indigne de toi, essaie toutefois de respecter, parfois, notre bon vieux "françois". »

    J'étais subjuguée par ce que je venais d'entendre, Je me demandais si je n'avais pas rêvé. J'écoutais encore...... Mais c'était l'heure du goûter et Julie devait se régaler de bonnes tartines et de confitures faites dans la maison dont je devinais le toit au-dessus du mur.

    J'ai donc quitté mon asile bienveillant encore sous le charme de ce curieux récit

    Le Rocher du Pilier est-il vraiment habité de personnages étranges qui attirent les marins dans leur repaire ? Et ces créatures, n'auraient-ils pas pour mission de nous rappeler la richesse de notre langue et de tous ces mots que nous prononçons sans y penser ? D'autres marins ont-ils subi le même sort que Maurice ? Comment sont-ils sortis de cet univers surnaturel ? Les habitants sont-ils  prisonniers et qui est donc ce Maître-Mot ?

    Quelques jours plus tard, pensant toujours à Maurice et à son expédition, je me suis retrouvée, par hasard, peut-être, face au Rocher du Pilier, un soir, tandis que le soleil s'enfonçait doucement dans l'océan et que mouettes et goélands menaient une joyeuse sarabande. Et là, j'ai vu, de mes yeux vu quelques grosses lettres majuscules s'échapper et de dissoudre dans la brume naissante...

    Cette histoire avait été racontée par Sylviane à l'occasion du Lire en Fête, et vous en trouverez une version décorée en descendant cette page.

    ciel4

    Et puisque c'est bientôt Noël, allez tout en bas de la page, et amusez-vous à relire nos toutes premières histoires !


     
  • Méditation bancaire

    lettre à une banque: Délicieux

    Voici une lettre d'une dame de 86 ans qui a pété les plombs  avec sa banque.

    Sa réponse est intellectuellement savoureuse, et vaut le coup d'être connue.


    Cher Monsieur, 

    Je vous écris pour vous remercier d'avoir refusé le chèque qui m'aurait permis de payer le plombier le mois dernier.  
    Selon mes calculs, trois microsecondes se sont écoulées entre la présentation du chèque et l'arrivée sur mon compte des fonds nécessaires à son paiement.

    Je fais référence, évidemment, au dépôt mensuel automatique de ma pension, une procédure qui, je dois l'admettre,n'a cours que depuis huit ans.

    Il me faut d'ailleurs vous féliciter d'avoir saisi cette fugace occasion et débiter mon compte des 30 Euros de frais pour le désagrément causé à votre banque.

    Ma gratitude est d'autant plus grande que cet incident m'a incité à revoir la gestion de mes finances. 

    J'ai remarqué qu'alors que je réponds personnellement à vos appels téléphoniques et vos lettres, je suis en retour confrontée à l'entité impersonnelle, exigeante, programmée,
    qu'est devenue votre banque. 
    A partir d'aujourd'hui, je décide de ne négocier qu'avec une personne de chair et d'os.


    Les mensualités du prêt hypothécaire ne seront dorénavant plus automatiques mais arriveront à votre banque par chèques adressés personnellement et confidentiellement à un(e) employé(e) de votre banque que je devrai donc sélectionner.

    Soyez averti que toute autre personne ouvrant un tel pli consiste en une infraction au règlement postal. 

    Vous trouverez ci-joint un formulaire de candidature que je demanderai à l'employé(e) désigné(e) de remplir.


    Il comporte huit pages, j'en suis désolée, mais pour que
    j'en sache autant sur cet employé(e) que votre banque en sait sur moi, il n'y a pas d'alternative.

    Veuillez noter que toutes les pages de son dossier médical doivent être contresignées par un notaire, et que les détails obligatoires sur sa situation financière (revenus, dettes, capitaux, obligations) doivent s'accompagner des documents concernés.

    Ensuite, à MA convenance, je fournirai à votre employé(e) un code PIN qu'il/elle devra révéler à chaque rendez- vous.

    Il est regrettable que ce code ne puisse comporter moins de 28 chiffres mais, encore une fois, j'ai pris exemple sur le nombre de touches que je dois presser pour avoir accès aux service téléphonique de votre banque.


    Comme on dit : l'imitation est une flatterie des plus sincère.

    Laissez-moi développer cette procédure.
    Lorsque vous me téléphonez, pressez les touches comme suit :

    Immédiatement après avoir composé le numéro, veuillez presser l'étoile (*) pour sélectionner votre langue


    Ensuite le 1 pour prendre rendez-vous avec moi

    Le 2 pour toute question concernant un retard de paiement
    Le 3 pour transférer l'appel au salon au cas où j'y serais
    Le 4 pour transférer l'appel à la chambre à coucher au cas où je dormirais
    Le 5 pour transférer l'appel aux toilettes au cas où............... ..
    Le 6 pour transférer l'appel à mon GSM si je ne suis pas à la maison
    Le 7 pour laisser un message sur mon PC. Un mot de passe est nécessaire.
    Ce mot de passe sera communiqué à une date ultérieure à la personne de contact autorisée mentionnée plus tôt.

    Le 8 pour retourner au menu principal et écouter à nouveau les options de 1 à 7
    Le 9 pour toute question ou plainte d'aspect général. 
    Le contact sera alors mis en attente, au bon soin de mon répondeur automatique.

    Le 10, à nouveau pour sélectionner la langue. Ceci peut augmenter l'attente mais une musique inspirante sera jouée durant ce laps de temps..


    Malheureusement, mais toujours suivant votre exemple, je devrai infliger le prélèvement de frais pour couvrir l' installation du matériel utile à ce nouvel arrangement.

    Puis-je néanmoins vous souhaiter une heureuse, bien que très légèrement moins prospère, nouvelle année ?

    Respectueusement, Votre humble cliente.

    **(Souvenez-vous : ceci fut écrit par une dame âgée de 86 ans)***
    **N'ADOREZ-VOUS PAS LE 3ème AGE ?***

    Envoyé par Sylviane


     
  • Aurore adoooreeeeeeee !

    C’est tout à fait ça de nos jours ! les conséquences de mai 68?

     

    Une petite vieille est à la caisse d'une grande surface, où la caissière est occupée à pointer ses achats.


    Derrière elle, un "sale gamin", de 9 ou 10 ans, pousse le caddie de sa mère dans les pieds de la vieille... Une fois, deux fois, trois fois...


    La bonne vieille se retourne et demande au gamin d'arrêter.


    Le gosse continue volontairement, une fois, deux fois, trois fois...


    La vieille s'en prend alors à la mère :

    - VOUS NE POURRIEZ PAS LUI  DEMANDER D'ARRÊTER, MADAME, SVP ? VOTRE GOSSE ME FAIT TRÈS MAL !


    - NON ! dit la mère, ma méthode d'éducation consiste à le laisser faire tout ce qu'il veut, sans interdit, pour qu'il prenne conscience tout seul du tort qu'il fait aux autres. C'est plus efficace.


    Derrière la mère et son fils, un jeune homme de 19 ans attend son tour avec quelques courses...

    Il a un pot de confiture de groseilles rouges à la main.


    Il dévisse calmement le pot de confiture et le déverse sur la tête de la mère du sale gosse.


    La mère se retourne, furieuse !


    L'ado la regarde en riant :

    - VOILÀ, dit-il, MOI, J'AI ÉTÉ ÉLEVÉ COMME VOTRE FILS, JE ME COMPORTE DONC COMME JE VEUX !!!!


    La vieille, à l'avant, se retourne et dit à la caissière :


    - LE POT DE CONFITURE... C'EST POUR MOI !!!



     
  • Une histoire vraie

    Les invitées au mariage

    fairepart_abeilles


    Clémentine avait été élevée au milieu des abeilles. Toute enfant, elle allait avec son grand père visiter le rucher, puis son père l’avait initiée aux mystères de leurs protégées.

    Mais Papy, puis Papa, les avaient quittées. Maman et elle se retrouvaient seules.


    Et puis vint l’amour, et le jour de son mariage.

    C’était fin mai, il faisait chaud, Clémentine portait une superbe robe bustier, à larges jupons, une charmante mariée.

    Et voilà que quelques abeilles tournent autour des convives qui attendent pour entrer dans l’église.
    Les invités les écartent d’un geste, mais de plus en plus d’insectes tournent en zonzonnant, tournoient encore et reviennent, et les invités s’inquiètent, s’affolent  et, avec de grands gestes, commencent à s’éloigner en criant…

    Peu à peu une myriade d’abeilles vrombissantes viennent tournoyer autour de Clémentine et se posent en un noir essaim sur le décolleté de Clémentine, à la stupeur de tous.

    Le curé est affolé.  Il mouline des bras, il veut éloigner les enfants, retarder l’entrée dans l’Eglise !

    Clémentine, imperturbable, lui parle doucement, lui explique qu’elle s’occupe des abeilles depuis toujours, qu’elle connaît les abeilles et que les abeilles la connaissent.

    Et qu’aujourd’hui, un si beau jour, c’est son papa qui lui a envoyé les abeilles pour être présent près d’elle.
    Elle lui dit aussi que chaque fois qu’elle voit une abeille, elle reçoit un message.

    Monsieur le Curé en est resté perplexe et songeur.  Les voies de Dieu sont impénétrables…

     

    Vous vous demandez sans doute ce qui s'est passé ensuite ?

    Avec des gestes très doux Clémentine a fait tomber l'essaim dans une grande boîte qu'on lui a apportée. La reine des abeilles étant dans la boite, toutes les abeilles qui l'entouraient et volaient alentour se sont regroupées. Une fois la ruchette fermée, Clémentine a souhaité qu'elle soit portée sur les marches de l'autel où son mariage a été célébré.
    Les invités effarouchés s'en souviendront longtemps !

     

    Et après le mariage, il y a la lune de miel

    L’expression est née dans la Babylone antique, il y a presque 4000 ans.
    Si elle désigne aujourd’hui le voyage de noces,  elle faisait jadis référence aux premiers temps du mariage. L’usage voulait que le père de la mariée offre à son gendre une boisson fermentée à base de miel (on aura reconnu l’hydromel), que le jeune époux devait consommer pendant tous le mois suivant ses noces (peut-être pour l'aider à assurer sa descendance...). Ce « mois de miel » donna lieu à l’expression « lune de miel » car le calendrier était fondé sur le cycle lunaire.

    lune-miel



     


     
  • Les histoires d'Isa

    Il était une fois un petit garçon qui voulait rencontrer Dieu


    Comme il savait que ce serait un long voyage pour se rendre à Sa Maison, il remplit sa valise de bonbons et de six bouteilles de limonade et se mit en route.

    Trois pâtés de maisons plus loin, il vit une vieille dame.

    Assise dans le parc, elle fixait quelques pigeons.

    Le garçon s’assis près d’elle et ouvrit sa valise. Il s’apprêtait à prendre une limonade et remarqua l’air affamé de la vieille dame. Il lui offrit donc un bonbon.

    Elle accepta avec reconnaissance et lui sourit. Son sourire était si joli que le garçon voulut le voir encore. Il lui offrit donc une limonade. Elle lui sourit de nouveau. Le garçon était ravi !

    Ils restèrent ainsi tout l’après-midi à manger et à sourire, sans dire un mot.

    Lorsque le soir tomba, le garçon se rendit compte qu’il était très fatigué et se leva pour partir.

    Cependant, au bout de quelques pas à peine, il se retourna, courut vers la vieille dame et la serra dans ses bras. Elle lui fit alors son plus beau sourire.

    Peu de temps après, lorsque le garçon franchit la porte de sa maison, son regard joyeux étonna sa mère.

    Elle lui demanda :

    « Qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureux ? »,

    il répondit : « J’ai déjeuné avec Dieu »

    et avant que sa mère puisse répondre, il ajouta

    « Tu sais, elle a le plus merveilleux des sourires ! »

    Entre temps, la vieille dame, rayonnante de joie elle aussi, retourna chez elle.

    Frappé de l’expression paisible qu’elle arborait, son fils lui demanda :

    « Mère, qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureuse ? »,

    elle répondit :

    « Au parc, j’ai mangé des bonbons avec Dieu. »

    et avant que son fils puisse répondre, elle ajouta

    « Tu sais, il beaucoup plus jeune que je ne le croyais. »

    ceci_est_un_sourire

     

     

    La querelle des outils

    ou

    Petite fable sur le travail en équipe

    Il y avait dans une menuiserie une étrange assemblée. C’était une réunion d’outils qui essayait d’accorder leurs différences.

    Le marteau exerça la présidence, mais l’assemblée lui demanda d’abandonner car il faisait trop de bruit et passait son temps à frapper.

    Le marteau accepta son blâme, mais il demanda que le tournevis soit aussi expulsé. Il dit qu’il était nécessaire de lui donner beaucoup de tours avant qu’il serve à quelque chose.

    Le tournevis accepta, mais à son tour il demanda l’expulsion du papier de verre. Il dit qu’il était rugueux d’aspect et qu’il avait toujours des frottements avec les autres.

    Le papier de verre consenti à condition que le mètre soit à son tour expulsé, car il passait toujours son temps à mesurer les autres d’après sa mesure comme s’il était le seul à être parfait.

    Le menuisier entra. Il mit son tablier et commença son travail. Il utilisa le marteau, le papier de verre, le mètre et le tournevis. Finalement le bois initial rugueux est devenu un joli jeu d’échecs.

    Quand le menuisier sortit, l’assemblée renouvela la délibération.

    La scie à main prit la parole en disant :

    « Messieurs, il a été démontré que nous avons tous des défauts, mais le menuisier travaille avec nos qualité. C’est ce qui nous rend précieux. Ne pensons pas à ce que nous avons de mauvais et concentrons-nous dans l’utilité de nos qualités ! »

    L’assemblée trouva alors que le marteau était fort, que le tournevis unissait avec force, que le papier de verre était spécial pour chasser la rugosité et elle observa que le mètre était précis et exigeant.

    Ils se sont sentis alors une équipe capable de produire des choses avec qualité.

    Ils se sont sentis fiers de leurs forces et de pouvoir travailler ensemble.

    solidaritsolidarit


     

     
  • L'arbre qui chante

    L’arbre qui chante

    de Bernard Clavel

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    C’était un matin de janvier. Un de ces beaux matins blancs et secs pareils à ces vieux montagnards qui ont du givre à leurs moustaches et des yeux pétillants de soleil. Il avait neigé toute la nuit à gros flocons serrés. Puis, le jour venu, un grand souffle de vent du nord avait débarbouillé le ciel. Derrière la maison, la forêt qui commence au pied de la montagne s’était endormie dans un grand silence glacé. Entre les arbres, les ombres étaient bleues. Les sapins ployaient encore sous leur charge de neige, car le vent de l’aube n’avait soufflé que pour chasser les nuages.


    Isabelle et Gérard habitaient là, tout près du bois, dans la maison de leurs grands-parents. C’était une toute petite maison aux murs gris et aux volets verts. Elle se trouvait à l’écart du village que l’on devinait à peine, ce matin-là, très loin, au bord de la rivière gelée.
    On ne voyait même plus le chemin qui court entre les champs et traverse la prairie. De la fenêtre, les deux enfants essayaient de le suivre du regard. Ils le trouvèrent très facilement jusqu’au premier tournant, près du gros érable mort depuis deux ans et que le grand-père ne s’était pas encore décidé à couper, mais, plus loin, tout se confondait.
    Tandis qu’ils regardaient ainsi, le nez collé à la vitre, Isabelle et Gérard virent passer un oiseau, puis un autre, puis tout un vol qui se percha sur la treille d’où tombèrent des paquets de neige.

    ? Ils ont froid, dit Isabelle. Il faut leur donner des graines ou du pain.
    Elle prépara des graines, et Gérard ouvrit la fenêtre.
    ? Ferme vite, cria Grand-père, tu vas faire entrer tout l’hiver dans la cuisine !
    Les enfants se mirent à rire. Comme si l’hiver pouvait entrer dans une maison !
    Isabelle jeta ses graines sur le sentier que Grand-père avait balayé pour aller jusqu’au bûcher chercher du bois. Grand-mère se mit à tousser et souleva les cercles de fonte de la cuisinière pour enfourner une énorme bûche dans le foyer.
    Dès que la fenêtre fut refermée, deux oiseaux quittèrent la treille pour venir picorer. Les autres semblaient inquiets, mais, comme rien ne bougeait, ils s’envolèrent à leur tour tandis que d’autres tombaient du toit, tout droit, presque sans battre des ailes.
    ? Ils n’auront jamais assez de graines, dit Isabelle. Il en vient de plus en plus.
    ? Mais si, mais si ! cria Grand-mère. Si tu leur donnes tout, ce sont mes poules qui n’auront plus rien !
    ? Et si tu continues, tu finiras par attirer tous les oiseaux de la forêt, renchérit Grand-père.
    Isabelle se résigna et revint à la fenêtre. Elle resta un long moment à côté de son frère, essuyant la vitre quand la buée l’empêchait de voir. Soudain, elle empoigna le bras de Gérard en disant:
    ? Regarde, sur le chemin !
    Gérard leva les yeux. Là-bas, plus loin que le gros érable mort, un animal curieux avançait dans la neige. Il ressemblait beaucoup au petit lapin mécanique que le Père Noël avait apporté à Gérard quelques années plus tôt. Comme le jouet, il sautillait, vacillait de droite à gauche et s’arrêtait à chaque instant. Toujours comme le lapin, il était vêtu de poils gris et portait de longues oreilles qui se rejoignaient au sommet de son crâne.


    Cette apparition était tellement surprenante que les enfants oublièrent les oiseaux. Ils restaient bouche bée, observant sans mot dire cet animal étrange dont les yeux, par moments, lançaient des éclats de lumière.
    Quand le lapin, qui marchait uniquement sur ses pattes de derrière, eut atteint la haie bordant le jardin, les enfants ne virent plus que sa tête.
    ? On dirait qu’il vient ici, murmura Gérard.
    ? C’est vrai, il fait le tour du jardin.
    Le lapin disparut et il y eut un long silence un peu angoissant. Les sonnèrent sur les marches de pierre, et les oiseaux s’envolèrent si enfants retenaient leur souffle, l’oreille tendue. Bientôt, des pas brutalement que les enfants sursautèrent.

    ? Vous n’avez rien entendu ? demanda Grand-père.
    Les deux petits hochèrent la tête.
    ? Qu’est-ce que ça peut bien être ? dit Grand-mère.
    À cette heure-ci, le facteur était encore loin.
    Les grands-parents n’avaient rien vu, et les enfants n’osaient répondre. Ils ne pouvaient tout de même pas dire: « C’est un lapin mécanique grand comme un homme qui arrive tout seul et bat de la semelle sur le palier ! »
    Il y eut encore un frottement contre la pierre, puis on entendit frapper à la porte. Les grands-parents se regardèrent, puis regardèrent la porte. Enfin, comme on frappait plus fort, Grand-père cria :
    ? Entrez !
    La porte s’ouvrit lentement, et ce fut tout d’abord une large bouffée de bise qui pénétra dans la cuisine....

     

    Début du livre :
    L’arbre qui chante
    Paris, Pocket Jeunesse, 2002

    que vous pouvez aussi retrouver sur Internet

    http://contesarever.wordpress.com/2007/07/03/l%E2%80%99arbre-qui-chante-bernard-clavel/


     

     

     
  • Une nouvelle de Sempé

    Une nouvelle du Petit Nicolas

     

    Le Théâtre

     PetitNicolas1

     

    Tonton Eugène est venu déjeuner à la maison, aujourd'hui.

    Tonton Eugène, c'est le frère de Papa. Il a un gros nez, il est très rigolo, et moi j'aime bien quand il vient ; c'est dommage qu'on ne le voit pas souvent, parce qu'il voyage tout le temps pour vendre des choses, très loin, à Clermont-Ferrand et à Lyon. Tonton Eugène est arrivé à midi, tout de suite après que je sois rentré de l'école, et il nous a apporté des tas de cadeaux : six paires de bas et deux blouses pour maman, six paires de chaussettes et trois cravates pour Papa, et deux pull-overs pour moi.

    _ Combien de temps restez-vous, Eugène ? a demandé maman.PetitNicolas2

    _ Si je m'écoutais, chère belle-soeur, a répondu tonton Eugène, je ne vous quitterais plus. Maman a rigolé, elle a dit que tonton Eugène ne changerait jamais, et elle lui a demandé d'être un peu sérieux, pour une fois.

    _ Eh bien, a dit tonton Eugène, je repars demain matin.

    _ Alors, a dit maman, vous revenez dîner ce soir.

    _ Ah non, a dit tonton Eugène. J'ai l'impression d'abuser, de vous infliger un pensionnaire.

    _ Oh oui ! Oh oui ! j'ai crié. Reviens ce soir ! Oh oui !

    Maman et papa ont insisté aussi, alors tonton Eugène a dit :

    _ Bon, d'accord. Mais après le dîner, je vous emmène tous au théâtre. Et, bien sûr, Nicolas vient avec nous ; il y a une opérette qui lui plaira certainement.

    Moi, je me suis levé de ma chaise, et j'ai couru autour de la table, et puis j'ai embrassé tonton Eugène, et j'allais faire une galipette sur le tapis quand maman a dit :

    _ Mais Eugène, vous n'y pensez pas ! Après dîner, Nicolas va au lit. Il y a école demain. Non, non, non.

    _ Oh dis, maman ! Maman, dis ! Dis, maman ! j'ai crié.

    _ Bah, pour une fois, a dit tonton Eugène. Et je suis sûr que Nicolas aimera beaucoup le théâtre.

    _ Oh oui ! j'ai crié. J'aime beaucoup le théâtre ! C'est ce que je préfère le plus au monde ! 

    Tous ont rigolé, et maman a dit que bon, on verra, à condition que tu sois sage, et moi, j'ai vu que c'était gagné, alors j'ai encore couru un coup autour de la table, et j'ai embrassé tout le monde.

    En allant à l'école, j'étais content comme tout, et ça me faisait chaud à l'intérieur de penser que j'allais sortir le soir. J'aime beaucoup sortir le soir, mais je ne sors pas souvent, parce que papa et maman ne me laissent pas, sauf une fois où papa m'a emmené au cinéma, et une autre fois, pour le réveillon, quand nous sommes allés chez M. et Mme Blédurt, qui sont nos voisins. Et puis j'étais content, aussi, de raconter ça aux copains. Le seul qui soit allé une fois au théâtre, c'est Geoffroy, ça fait très très longtemps, l'année dernière, et toute la journée, il nous avait embêtés à nous dire que lui il allait au théâtre, et pas nous. Il faisait ça pour essayer de nous rendre jaloux, mais nous, bien sûr, on n'a pas marché, et quand je suis revenu à la maison, ce jour-là, ça a fait des histoires, parce que j'ai demandé à papa pourquoi tout le monde pouvait sortir le soir et aller au théâtre, et pas moi, et c'était pas juste, et papa s'est fâché, il a dit que je lui cassais les oreilles, et j'ai été privé de dessert.

     

    _ Eh, les gars ! j'ai crié en entrant dans la cour de l'école. Moi, je vais au théâtre, ce soir !

    _ C'est pas vrai ! a dit Geoffroy.

    _ Oui monsieur, c'est vrai ! j'ai crié. C'est mon oncle, l'explorateur, celui qui voyage tout le temps, qui m'a invité ! On va voir une opérette !

    _ C'est quoi une opérette ? a demandé Rufus.

    _ Ben, c'est du théâtre, j'ai dit. Du chouette théâtre.

    _ Moi je sais, a dit Clotaire, il y en a à la télé. C'est des trucs où tout le monde chante, et papa il éteint le poste, parce qu'il n'aime pas ça.

    _ Ah ! C'est bien ce que je pensais, a dit Geoffroy. C'est pas du vrai théâtre.

    _ Si monsieur ! j'ai crié, c'est du vrai théâtre !

    _ Ne me fais pas rigoler, a dit Geoffroy. Tu ne vas pas m'apprendre à moi ce qu'est le théâtre, tout de même ! J'y suis allé, moi, et personne n'y chantait. Alors !

    _ Et le père de Clotaire n'aime pas ça, a dit Maixent. Clotaire vient de le dire.

    _ Le père de Clotaire, il n'y connaît rien ! j'ai crié, et vous, vous êtes tous jaloux !

    _ Touche pas à ma famille, a dit Clotaire.

    _ Jaloux, moi, a dit Geoffroy. Ne me fais pas rigoler. D'abord, moi, c'est bien simple, je vais au théâtre quand je veux.

    _ Ouais, a dit Maixent, moi aussi. Je demande à mon père d'y aller, et bing, j'y vais!

    _ Moi, je vais demander au mien, a dit Joachim. Si tout le monde peut aller au théâtre, pourquoi j'irais pas, moi ?

    PetitNicolas3

    _ Ouais, a dit Rufus.

    _ Retire ce que tu as dit de mon père ! a crié Clotaire.

     

    Moi je leur ai dit qu'ils étaient des minables qui ne sortaient jamais le soir, et qu'au théâtre je rigolerai bien en pensant à eux. On n'a pas pu se battre parce que la cloche a sonné, mais on a décidé de ne plus se parler de toute notre vie.

    Pendant toute la classe, j'étais content en pensant à ce soir, et heureusement que la maîtresse ne m'a pas interrogé, parce que je n'écoutais pas, et la maîtresse se fâche quand on fait ça.

    _ Nicolas, m'a dit maman quand je suis rentré à la maison, monte vite faire tes devoirs. Tu ne sortiras pas ce soir si tu n'as pas fini tes devoirs et tes leçons.

    Je suis allé travailler, et j'ai eu du mal parce que j'étais très énervé, et quand j'ai fini, je suis descendu dans le salon, et papa y était déjà, en train de lire son journal.

    _ Tiens ? a dit papa en regardant sa montre. Eugène n'est pas encore là… J'espère qu'il ne sera pas en retard.

    _ Oh non ! j'ai crié. Oh non ! Il n'a pas le droit !

    _ Un peu de calme, Nicolas, a dit maman. Cet enfant est dans tous ses états. Je parie que toute la journée, il n'a pensé qu'à ça !

    _ Dis, il va venir tonton Eugène, hein ? j'ai demandé. Il va venir ?

    J'étais tellement énervé que j'avais envie de pleurer ; et puis, on a sonné à la porte, tonton Eugène est arrivé, et moi j'ai sauté sur lui pour l'embrasser. Il est chouette, tonton Eugène !

    Pendant le dîner, je n'avais pas faim, et j'avais peur qu'on soit en retard, et j'avais l'impression que tout le monde mangeait très lentement, surtout tonton Eugène, qui parlait tout le temps et qui a repris du café.

    _ Cesse de trépigner, Nicolas, m'a dit papa, et va te préparer. Nous allons sortir tout de suite, et nous ne t'attendrons pas !

    _ Regardez-moi cet enfant, a dit maman. Il est mort de fatigue.

    Moi j'ai dit que j'étais pas fatigué du tout, je suis monté pour me peigner, et je suis redescendu en courant, parce que j'avais peur qu'on sorte sans moi.

    Le théâtre, c'était formidable : une grande salle, comme au cinéma, avec des tas de lumières, des tas de gens, un grand rideau rouge, et des chouettes fauteuils, rouges aussi. Il faisait chaud, j'étais content, maman était assise à côté de moi, j'ai appuyé ma tête contre son bras, et quand je me suis réveillé, ce matin, je ne me rappelais pas comment j'étais arrivé dans mon lit.

    C'est drôlement chouette, le théâtre, et j'espère y aller le plus souvent possible !

    PetitNicolas4

     

    Nouvelle parue dans Lefigaro.fr

    © IMAV éditions/Goscinny-Sempé»

     

    La vie de Sempé :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Semp%C3%A9
    http://www.evene.fr/celebre/biographie/jean-jacques-sempe-278.php


    Sempé à New York, le dernier best-seller dont tout le monde parle :

    Dans 'Sempé à New York', Jean-Jacques Sempé évoque les dessinateurs américains qu'il a côtoyés et admirés au sein du New Yorker comme Saul Steinberg, son goût pour le jazz et son éblouissement pour cette ville fascinante en perpétuel mouvement.

     

    Le film : Le Petit Nicolas de Laurent Tirard Comédie

    Sortie en salle : 30 Septembre 2009
    Distributeur : Wild Bunch Distribution

     

    Film français en couleur, 2008, tout public

    Durée : 1 h 30

     

    Présentation

    Nicolas mène une existence paisible. Il a des parents qui l'aiment, une bande de chouettes copains avec lesquels il s'amuse bien, et il n'a pas du tout envie que ça change...
    Mais un jour, Nicolas surprend une conversation entre ses parents qui lui laisse penser que sa mère est enceinte. Il panique alors et imagine le pire : bientôt un petit frère sera là, qui prendra tellement de place que ses parents ne s'occuperont plus de lui, et qu'ils finiront même par l'abandonner dans la forêt comme le Petit Poucet...

    PetitNicolasfilm


     

     

     
  • L'Histoire lue par Isabelle

    Dans le ventre des dames, des fois, il  y a un bébé... qui pousse.

    Ce sont le monsieur et la dame qui l'ont fabriqué,

    un jour où ils se sont aimés très fort,

    de tous leurs yeux, de tout leur cœur, de tout leur corps.

     

    Alors l'oiseau du monsieur a donné ses grains à la fleur de la dame.
    Et la fleur de la dame a montré aux grains le chemin du souterrain.

    Le souterrain a mené les grains jusqu'à la maison ronde du ventre de la dame.
    Par chance, ce jour-là, dans la maison ronde, il y avait...

    un petit œuf de dame qui était prêt.

     

    Et quand un petit gain de monsieur et un petit œuf de dame se rencontrent, s'ils se plaisent, ils se mêlent et se mélangent, et ça donne ... une graine de bébé.

     

    La graine pousse bien au chaud sur les coussins de la maison ronde, dans le ventre de la dame.

     

    Et la graine de bébé devient un bébé. Des fois, il entend son papa et sa maman qui lui parlent.

    Alors le bébé grandit et la maison grossit, et le ventre de la maman aussi.

     

    Quand il est prêt, le bébé quitte la maison ronde.
    La tête en bas, il prend le souterrain qui s'élargit pour qu'il sorte par la fleur de sa maman.

    Et c'est comme ça qu'on naît...

     ventre_des_dames

    Dans le ventre des dames des fois, il n'y a pas de bébé...

    Peut-être parce que la dame n'a pas trouvé le monsieur avec qui le fabriquer.
    Peut-être parce que le monsieur et la dame se sont trouvés, mais qu'ils ne se sont pas décidés.

    Ou peut-être qu'ils ne sont pas encore arrivés à faire un bébé.

     

    Alors, dans le ventre de la dame, la maison ronde est vide.

    Dans la maison ronde, il y a juste de gros coussins tout doux, tout rouges, pour bien faire grandir la graine, au cas où le monsieur et la dame se décideraient.

    La maison ronde et les coussins attendent...

     

    A un moment, l'œuf de dame vient pour rencontrer un grain de monsieur,

    pour devenir avec lui graine de bébé.
    Mais s'il est venu pour rien, il disparaît.

     

    Et puis, d'attendre en vain, les coussins sont fatigués.

    Il faut les changer. alors ils deviennent sang.
    Un sang qui prend doucement le souterrain pour sortir par la fleur de la dame.

     

    Après, dans la maison ronde, apparaissent de nouveaux coussins tout beaux, tout neufs.

    Comme ça, si le monsieur et la dame se sont décidés,

    ils pourront y faire grandir leur graine de bébé.

    Et c'est comme ça que peuvent pousser les bébés.

     

    Malika Doray (Didier Jeunesse)

    Ce livre figure parmi les nouveautés de Juin


     
  • Une nouvelle histoire

     

    Sauve qui peut !

     

    Voyez comme le chantier l'occupe intensément.
    Il transporte de gros galets plats qui forment le contrefort.

    Certes il ne va pas loin, le matériau provient de ruines proches. Mais le chemin est ardu, les pieds s'enfoncent, il faut lever haut les genoux, la charge est lourde.

    cathdralePeu à peu, s'élèvent les murs, après les fondations robustes.

    Il sue, il transpire, les gouttes s'écoulent sur ses tempes, le long de son dos.

    Peu importe, il faut que l'édifice soit monté, inébranlable, pour résister au danger annoncé, afin qu'il soit à l'abri, bien au sec, face au cataclysme inéluctable.

     

    Il ne sent pas la fatigue de ses jambes, ni la brûlure du soleil sur son dos et ses épaules. Toute son énergie est tendue vers sa survie.

    Ses outils trop fragiles sont brisés depuis longtemps, et  il se sert maintenant de ses mains nues pour bâtir, de ses pieds et de ses genoux pour tasser.
    Le rempart prend forme, il s'élève, massif, solide, imprenable.

     

    Tout à son ouvrage, il n'entend pas la foule qui l'entoure, qui s'agite autour de lui, toute la vie qui grouille près de son chantier. Il est seul et entend bien le rester. Parfois il est obligé de repousser les offres des jaloux qui voudraient bien participer à cette œuvre salvatrice. Non, c'est à moi, à moi tout seul !

     

    De temps à autre, il jette un coup d'œil sur le ressac et, rassuré, se remet vivement à l'ouvrage.

    Le temps est compté, il ne faut pas se laisser distraire.

     

    Puis il aménage une entrée somptueuse du côté Est, car l'ennemi ne viendra pas par là... à moins d'être encerclé. Ah ! quelle étourderie ! Non, pas de porte ! Il éboule le seuil majestueux et élabore un passage discret suffisamment haut pour ralentir l'ennemi.

     chateau-sable

    Le temps presse. A l'oreille, il sent que le péril est proche. Il s'affaire, se démène. La sueur et la poussière piquent les yeux, la peau brûle, les muscles sont douloureux, l'épuisement est proche.

     

    Autour du chantier, la foule reflue, l'exode commence. Mais lui, imperturbable, sans laisser la panique le gagner, fignole, remonte un pan , rajoute un peu de matériaux, tasse, lisse, polit, peaufine.

     

    Enfin, satisfait, les mains sur les hanches, il se campe au centre de l'espace, et jette un long regard  circulaire sur son œuvre.

     

    Puis il s'en va recouvrer près de là son balluchon, s'assied sur son banc de pierre, fouille, et dépose solennellement sur le galet-table, deux Pépitos et une canette de soda.

     

    Alors, l'œil dominateur, il défie les vagues déferlantes qui commencent a lécher la base de son château de sable.

     

    A.B. 

     chateau_de_sable

     
  • VOUS AVEZ DIT "BOTTES" ?

    Je crois que cela nous rappelle des choses...

    Ceux qui ont des enfants savent ! Ceux qui n'en n'ont pas, ou pas encore doivent bien réfléchir !

    C'est l'histoire d'une institutrice de dernière année de maternelle, au milieu de janvier, le mois le plus dur pour tout le monde...

    Un des gamins lui demande de l'aide pour mettre ses bottes pour aller en récréation et,enfantbottes
    en effet, elles sont vraiment difficiles à enfiler.

    Après avoir poussé, tiré, re-poussé et tiré dans tous les sens,
    les bottes sont enfin chaussées et le gamin dit :

    "Elles sont à l'envers, maîtresse".
     
    La maîtresse attrape un coup de chaud quand elle s'aperçoit qu'en effet il y a eu inversion des pieds...

    Bref, nouvelle galère pour les enlever et rebelote pour les remettre
    mais elle réussit à garder son calme jusqu'à ce que les bottes soient rechaussées, aux bons pieds.

     

    Et là le gamin lui dit avec toute la candeur qui caractérise les enfants :

    "C'est pas mes bottes".

    A ce moment, elle fait un gros effort pour ne pas lui mettre une baffe, fait un tour sur elle-même

    en se mordant les lèvres, se calme et lui  demande pourquoi il ne l'a pas dit avant...

    Comme le gamin voit bien qu'il a contrarié sa maîtresse, il ne répond pas.

    Elle dit alors :

     "Bon, allez, on les enlève" et elle se met à nouveau au boulot. Le deuxième pied est presque sorti quand le gamin poursuit :

    "C'est pas mes bottes, c'est celle de mon frère, mais maman a dit que je dois les mettre".

    Là, elle a envie de pleurer mais, une nouvelle fois, elle se calme et entreprend de lui

    re- re- mettre ses bottes.

    L'opération est enfin réussie et la maîtresse se sent fière d'avoir réussi.

    Pour aller jusqu'au bout, elle le met debout, lui fait enfiler son manteau,
    lui met son cache-nez
    et lui demande :

    "Où sont tes gants?".

    Et le gamin de répondre le plus simplement du monde :

    "Je les ai mis dans mes bottes".

     

    pied_001


     

     Une histoire proposée par Sandrine

     
  • Une histoire à partager.....




    Un jour, une prof demande à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une feuille et de laisser un peu de place à côté de chaque nom.

    Puis, elle leur dit de penser à ce qu'ils pourraient dire de plus gentil au sujet de chaque camarade et de le noter à côté de chacun des noms. Cela prit toute une heure jusqu'à ce que tous aient terminé, et avant de quitter la salle de classe, les élèves remirent leur copie à la prof.
    Le week-end, la prof écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrit au sujet de chacun.
    Le lundi, elle donna à chaque élève sa liste.
    Peu de temps après, tous souriaient.
    - « Vraiment ? » entendait-on chuchoter...
    - « Je ne savais pas que j'avais de l'importance pour quelqu'un !
    - « Je ne savais pas que les autres m'aimaient tant » étaient les commentaires que l'on entendait dans la salle de classe...

    eleves


    Personne ne parla plus jamais de cette liste. La prof ne savait pas si les élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents, mais cela n'avait pas d'importance. L'exercice avait rempli sa fonction. Les élèves étaient satisfaits d'eux-mêmes et des autres.


    Quelques années plus tard, un élève tomba, mort au Vietnam et la prof alla à l'enterrement de cet élève.

    L'église était comble. Beaucoup d'amis étaient là. L'un après l'autre, ils s'approchèrent du cercueil pour lui adresser un dernier adieu. La prof alla en dernier et elle trembla devant le cercueil. Un des soldats présents lui demanda « Est-ce que vous étiez la prof de maths de Marc ? »
    Elle hocha la tête et dit : « oui. » Alors il lui dit : »Marc a souvent parlé de vous. »

    Après l'enterrement, la plupart des amis de Marc s'étaient réunis.
    Les parents de Marc étaient aussi là et ils attendaient impatiemment de pouvoir parler à la prof.


    « Nous voulions vous montrer quelque chose. » dit le père de Marc et il sortit son portefeuille de sa poche. « On a trouvé cela quand Marc est tombé à la guerre.
    Nous pensions que vous le reconnaîtriez.. »

    Il sortit du portefeuille un papier très usé qui avait dû être recollé, déplié et replié très souvent.

    Sans le regarder, la prof savait que c'était l'une des feuilles de la fameuse liste des élèves contenant beaucoup de gentilles remarques écrites à l'époque par les camarades de classe au sujet de Marc.

    « Nous aimerions vous remercier pour ce que vous avez fait. » dit la mère de Marc « Comme vous pouvez le constater, Marc a beaucoup apprécié ce geste.

    Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof.
    Charlie sourit et dit :

    - J'ai encore ma liste. Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau.
    La femme de Chuck dit :

    - Chuck m'a prié de la coller dans notre album de mariage.
    - Moi aussi, j'ai encore la mienne, dit Marilyn, elle est dans mon journal intime.
    Puis, Vicky, une autre élève, prit son agenda et montra sa liste toute usée aux autres personnes présentes :

    - Je l'ai toujours avec moi, dit Vicky et elle ajouta : Nous l'avons tous gardée.


    La prof était si émue qu'elle dut s'asseoir et elle pleura.
    Elle pleurait pour Marc et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus jamais.

    lettre_amiti


    Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie s'arrête un jour et que nous ne savons pas quand ce jour arrivera.
    C'est pourquoi, il est important de dire aux personnes que l'on aime et qui nous sont importantes, qu'elles sont particulières et importantes.
    Dites-le leur.....

    Envoyé par Isabelle

     

     

     
  • Le Palais des Mots

    Voici les histoires écrites et contées par Isabelle et Sylviane durant les animations de Lire en Fête

    "Des Pierres Folles à l’Océan"  

    Martin le charpentier de marine nettoie et balaye son atelier. Ça y est il est enfin arrivé au terme de son travail et dans le chantier naval propre et rangé, il contemple son œuvre. Demain, la « Fradette », superbe chaloupe noirmoutrine, un bateau traditionnel du Pays de Retz, sera lancée sur la mer. Elle sera enfin sur l’eau, prête à voguer vers les îles voisines, l’Ile d’Yeu, Belle Ile.

    alt

    Martin pose son balai, tend sa main et la laisse courir sur les bordages. Il fait le tour de la « Fradette », quand soudain il sent un léger frémissement. Il retire sa main, la repose, la « Fradette » frissonne sous la caresse :
    Quel bonheur d’avoir été si amoureusement construite ! Quelle merveille de voir que le pauvre chêne malade que j’étais a été si bien employé !
    Martin, retire de nouveau sa main, cherche partout qui a bien pu parler. Il est pourtant bien sûr d’être seul dans son atelier, tous ses compagnons charpentiers étant débauchés.
    - Non ! Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas le bateau qui parle ?
    Mais si, c’est moi….je vais t’expliquer…n’aie pas peur !
    Martin recule, tout de même effrayé. Voilà plus de vingt ans qu’il construit des bateaux en bois, c’est bien la première fois que l’un d’entre eux lui parle !

    altJe suis l’esprit du chêne que tu as employé pour fabriquer la « Fradette ». Cet arbre sacré, a été abattu dans une forêt druidique, aux « Pierres Folles », à Commequiers. Il était enraciné près d’un dolmen. Ce chêne, c’est rare, abritait un gui et les druides qui le cueillaient avec leur serpe d’or lui accordaient une très grande valeur.  Le bûcheron est venu m’abattre car j’étais malade et cela risquait de gâter mon bois. Il a coupé mon tronc, il m’a apporté à la scierie où on m’a débité en planches. Après plusieurs mois de séchage tu es venu choisir le bois de la « Fradette » et tu es reparti avec moi.
    - Incroyable ! C’est incroyable ! 
    Tu sais, au fond de ma forêt, je savais qu’un jour le bûcheron viendrait pour moi, comme il est venu pour les autres vieux arbres qui vivaient autour de moi. J’ai toujours rêvé de l’océan, de devenir un bateau… Nous les arbres nous ne bougeons pas. Et voilà que tu as fait de moi la plus belle des chaloupes, prête pour les plus beaux voyages en mer.
    - Oui, demain tu partiras en mer, je ne te verrai pas souvent au port.
    Il te reste quelques chutes de mon bois ?
    - Oui bien sûr, il est difficile de ne rien laisser sur une planche, mais ton bois est si beau que j’ai gardé tous les altmorceaux…..
    Très bien, si tu en fais quelque chose avec autant d’amour que pour cette chaloupe, mon esprit viendra loger dans ton œuvre et je pourrai encore te parler. Alors je te raconterai les secrets de la forêt, mais aussi les voyages de la « Fradette ».
    Martin ramasse pensivement quelques morceaux de chêne restés par terre.
    Je voudrais aussi te faire un autre cadeau, vas dans la forêt de Pierre Folle, et cherche la souche du grand chêne que j’étais. Va t’asseoir dessus et attends…

    Quelques jours plus tard, Martin est dans la forêt de Pierres Folles, il a trouvé l’énorme souche et il s’est assis dessus pour attendre.
    Après un bon moment, il entend quelqu’un dire :
    - Bonjour Martin !
    C’est un farfadet qui sortant d’un trou sous la souche, surgit entre ses pieds.
    alt- Bonjour, lui répond Martin tout surpris.
    - Je suis le messager des Arbres de la forêt. J’ai été averti que tu as été choisi pour assurer la continuité de la vie de cet arbre. Voici les fruits du chêne sacré, les glands que j’ai ramassés cet automne.
    Et le farfadet tend ses mains pleines de glands :
    - Prends-les, et répands-les autour de chez toi, ils germeront et donneront à leur tour des chênes altexceptionnels.

    Martin est rentré chez lui, il a planté les glands. Puis il s’est mis, à ses heures perdues, à fabriquer une maquette de la « Fradette » avec les restes du grand chêne. Après bien des heures de travail, la miniature du bateau terminée a été posée dans un coin de l’atelier. altParfois on peut voir Martin s’approcher, caresser le petit bordage et marmonner près de sa maquette, je crois bien qu’il lui parle. Il va souvent marcher dans le petit bois de chênes, qui a mystérieusement poussé en quelques saisons, derrière le chantier naval, à l’abri des curieux qui pourraient s’étonner de pareil phénomène ! Si on est très attentif on peut voir que les branches basses se penchent à son passage, comme pour une tendre caresse. Martin trouve toujours dans ce lieu la paix et l’harmonie.

     

    Et la « Fradette » ? Elle navigue, son propriétaire est très content, elle est si solide qu’il n’y a presque jamais de réparation à faire dessus. Et par gros temps, les vagues et la tempête semblent s’apaiser autour d’elle, elle est un peu magique la « Fradette » non ?

    alt 

     

    Après le joli conte d’Isabelle, Sylviane prend la parole :

    "Et bien moi, je vais vous raconter une aventure qui m’est arrivée.
    J’étais un jour dans ma barcasse à rêver, plutôt qu’à pêcher, quand j’ai entendu une drôle de petite voix qui m’appelait :
    " Joseph, Joseph, viens voir, j’ai quelque chose à te montrer…" 
    C’était un étrange petit poisson volant comme j’en ai vu bien des fois à la proue des navires quand je naviguais dans les mers lointaines. 
    Curieux, je l’ai suivi, il m’a entraîné un peu plus loin, dans une crique au creux des rochers et il a prononcé une phrase bizarre : 
    "Chef, voici Joseph qui entre dans la nef, que prenne la greffe "
     et nous sommes rentrés tous les deux dans une sorte de grotte et alors là ma petiote, j’ai eu les chocottes….
     
    Il y avait à l’intérieur une grande maison, séparée par des cloisons, ressemblant à une prison….
     
    Sur les portes, des noms : Jules, Camille, Augustin, Isabelle, Patrice, Capucine et bien d’autres encore perdus dans le décor d’un très long corridor.
    La première cellule était celle de Jules.
    J’y entre sans préambule.
    Il était fort comme un hercule,
    avait les yeux comme des globules
    et frisait le ridicule.
    Ici pas de libellules,
    mais plutôt des tarentules,
    et des bidules qui gesticulent.
    Dans une capsule,
    une minuscule campanule
    se désarticule pour rejoindre la renoncule.
    On me bouscule,
    je bascule,
    doucement je me recule
    et je circule vers le vestibule.

    Je vais ensuite dans la bastille de la gentille Camille.
    Elle se maquille avec une brindille,
    s’habille d’espadrilles et porte une mantille.
    Ici tout scintille et cela m’émoustille.
    Mes pupilles s’écarquillent
    en voyant les jonquilles qui frétillent
    et les myrtilles qui s’entortillent.
    Une bille roupille,
    une cédille babille avec une pastille
    mais voilà Camille qui me houspille
    et s’égosille pour une peccadille,
    une broutille.
    Alors sans prendre ma béquille,
    je sautille vers l’écoutille,
    espérant retrouver ma famille

      

    Mais non, car Augustin le lutin
    m’a atteint et je dois écouter son baratin.
    C’est une histoire de pantin qui faisait un festin assis sur un strapontin en rotin.
    Il mangeait du turbotin assaisonné avec du thym qui était, paraît-il, amer comme chicotin.
    Il aurait préféré le picotin au gratin
    de son ami le bouquetin.
    Refusant d’entendre tout le bulletin des potins
    de ce diablotin,
    j’ai laissé là ce plaisantin
    en filant comme un clandestin,
    avant de devenir complètement crétin
    .

     

    C’est Isabelle toute vêtue de dentelles
    qui maintenant m’interpelle
    et me conduit, vers une échelle
    tenue par des sauterelles
    et menant à une tourelle.
    Là-haut, rien de réel.
    Une tourterelle joue du violoncelle,
    une jouvencelle prépare dans une gamelle :
    une béchamel à la cannelle et à la citronnelle,
    une coccinelle appelle une hirondelle
    pour jouer à la marelle
    tandis qu’une mirabelle termine une aquarelle
    en écoutant une ombrelle chanter une ritournelle.
    Tout m’ensorcelle, heureusement une étincelle
    me rappelle qu’il faut quitter ce monde virtuel
    et, grâce à l’escabelle, je retrouve le rationnel.

      
    Et la visite continue car Patrice crierait à l’injustice si je n’allais voir son édifice qui est une oasis en pain d’épice. Une saucisse qui a la jaunisse joue au tennis avec une écrevisse qui gagne son service. Un narcisse et un myosotis se font complices et tissent une bâtisse autour de l’hélice d’une clovisse qui ratisse des immondices. Une dessinatrice esquisse avec malice une cicatrice sur la joue de l’institutrice. Une cantatrice se fait tentatrice et me glisse une amaryllis que j’accepte comme un novice.. Mais voilà que la police et la milice envahissent la bâtisse, je me rapetisse et je me trisse…
     
    Capucine habite une mezzanine.
     C’est une gamine mutine qui ressemble à Mélusine.
      Elle se dandine et danse la biguine
       avec Amandine, sa benjamine.
        Elle est câline, la coquine
         et très féminine avec sa crinoline en popeline,
          sa capeline de mousseline et ses ballerines de citadine.
           Ses yeux sont des aigues-marines
            qui me font penser à une ondine,
             elle me taquine, me fascine
               et me dessine une brigandine
                pour pêcher la sardine
                 au large des Iles Grenadines.
                  Mais le voyage se termine
                   et une arlequine chagrine s’obstine
                    à me jeter de cette cabine.
     
    Me voici donc dans le couloir, très noir, et j’étais au désespoir de quitter cette histoire.
     
    Toutes les lettres se bousculaient dans ma tête, essayaient de faire des mots pour jouer avec d’autres mots et j’avais le cerveau comme un tonneau. J’étais prisonnier de ce flibustier qui m’avait mystifié.
     
    altTandis que je cherchais comment sortir de la grotte, un gros goéland m’interpella :
     
    -        Holà Joseph, sais-tu où tu es ?
    -        Dans un endroit où les mots malmènent les vieux matelots.
    -        C’est le château des mots, ici ce sont eux qui commandent, même aux amiraux !
    -        Que faire pour sortir de ce ghetto ?
    -        Et bien choisis trois mots, et si le maître mots les trouve assez beaux, tu seras libre de regagner ton bateau
     
    Sans réfléchir, j’ai dit : Immensité, horizon et tempête
     
    Et c’est ainsi que je me suis retrouvé sur ma goélette en train de guetter les mouettes à la lunette.
     
    Cette aventure m’a fait comprendre la richesse de notre langue et de tous ces mots que nous prononçons sans y penser. Alors Julie, malgré tous les textos, msn et autres je-ne-sais-quoi, que tu envoies ou que tu reçois dans un patois indigne de toi, essaie toutefois de respecter, parfois notre bon vieux "françois".

    alt

     
  • HISTOIRES archives Oct 2006 > Aout 2008

    O lé ine histoire de vache en Patois vendéen !

    4 août 2008

    La  vache !

    D’abord, ine vache, qu’est ce qu’ô produit ?
    Persoune ô sé ?
    Hé bé ma, y va v’zô dire !
    La vache produit do lé, et pis, d’ la bouse !
    Si a produit do lé, tant mû! Et pis ô l’a pas d’importance !

     

    Si a produit d’ la bouse, deux choses l’ine,
    La bouse é dans l’ té, ou bedon, a lé pas dans l’té.
    Si la bouse é dans l’té, ô l’a pas d’importance !


    Si la bouse é pas dans l’té, deux choses l’ine,
    La bouse é dans l’ pâti, ou bedon su l’chemin.
    Si la bouse é dans l’pati, ô l’a pas d’importance !

    Si la bouse é su l’chemin, deux choses l’ine,
    La bouse é su l’coutè do chemin, ou bedon en mitant do chemin.
    Si la bouse é su l’coutè do chemin, ô l’a pas d’importance !

    Si la bouse é en mitant do chemin, deux choses l’ine,
    O l’a quéquin qui passe, ou bedon ô l’a persoune.
    Si ô l’a persoune, ô l’a pas d’importance

    Si ô l’a quéquin, deux choses l’ine,
    Le marche à coutè de la bouse, ou bedon le marche dedans.
    Si le marche à coutè, ô l’a pas d’importance !

    Si le marche dedans, deux choses l’ine,
    La bouse é dure, ou bedon la bouse é molle.
    Si la bouse é dure, ô l’a pas d’importance !

    Si la bouse é molle, deux choses l’ine,
    Le glisse, ou bedon le glisse pas.
    Si le glisse pas, ô l’a pas d’importance !
    Si le glisse, deux choses l’ine,
    Le tombe, ou bedon le tombe pas.
    Si le tombe pas, ô l’a pas d’importance !

    Si le tombe, deux choses l’ine,
    Le tombe à coutè de la bouse, ou bedon le tombe dedans.
    Si le tombe à coutè, ô l’a pas d’importance !

    Si le tombe dedans, ô l’a pû deux choses l’ine,
    L’a qu’à s’ démerder!…



    Ah cette Isabelle !

     

     

    D’autres histoires ? Allez sur La Boulite du Web : http://labouliteduweb.free.fr/

     


    Une nouvelle histoire d’Isabelle

    18 juillet 2008

    Mésaventures au fond de mon jardin

    Tout au fond de mon jardin, une famille de lapin de garenne a creusé son terrier.
    Leurs cabrioles m’amusent beaucoup. Cependant, j’apprécie moins de partager avec eux les légumes de mon potager. Ils grignotent mes choux, mes salades, déterrent mes carottes, et laissent derrière eux leurs petites crottes, témoins de leurs passages. Toutefois, ils sont,  mignons, avec leurs pelages bruns, leurs grandes oreilles et leurs petites queues blanches.
    Dans le champ à côté, non loin d’un petit bois, vit un couple de magnifiques renards roux, et il est bien possible que la renarde ait des petits, ça fait quelques temps que je ne l’ai pas vue…. L’autre soir, un ami farfadet, a fait halte chez moi. Il s’arrête de temps à autres dans ma maison, au hasard de ses virées. Comprenant le langage des animaux,  il m’a raconté une histoire entendue au passage, à propos de mes locataires à longues oreilles :
     
    "Père lapin prenait le frais devant le terrier, jouissant du spectacle des jeux de sa nombreuse marmaille, quand Maître Renard passa par là.
     
    -    «  Dis donc Père Lapin, combien de nichées encore cette saison, tes lapereaux    envahissent les environs. Tu ne peux pas faire moins d’enfants ?
    -     Ah mais ! Maître Renard, les enfants sont une richesse inestimable. Quelle tristesse    une rabouillère  où ne règnent ni les jeux ni les rires joyeux des enfants !
    -        Les rires et les jeux de tes lapereaux m’indisposent, Père Lapin, il faudra que tu songes à déménager plus loin.
    -        Déménager ! C’est vite dit, ce n’est pas simple de trouver un pareil  endroit, avec un si beau jardin rempli de délicieux choux, de croquantes salades et de juteuses carottes (merci de tous ces compliments, Père Lapin, ça me console de mes pertes potagères).
    -        Débrouille-toi ! D’ici deux jours je veux que tu sois parti ! Sinon je m’occupe de transformer tous tes lapereaux en autant de repas…
    -        Aïe, aïe, Maître Renard, je vais tâcher de trouver un autre coin pour ma famille.
    -        Et que ce soit le plus loin possible d’ici. »
     
    Père Lapin rentra au terrier se coucher. Roulé en boule contre Mère Lapin, au milieu des lapereaux, Père Lapin se tournait et se retournait, tracassé par les paroles de Maître Renard. La menace était sérieuse, même si Maître Renard et sa famille n’avaient pas assez d’appétit pour les croquer tous !
    Au petit matin, après avoir déjeuné d’une de mes plus belles carottes (et une de moins !), Père Lapin partit en quête d’un nouveau logis. La journée passa. Fatigué mais tout excité, il ne rentra qu’à la nuit tombante. Il se posta devant le terrier de Maître Renard.
     
    -     « Maître Renard ! Maître Renard ! »
     
    Maître Renard sortit furieux de son trou.
     
    -     « Moins fort ! Tu vas réveiller la renarde et ses petits ! (Je me doutais bien qu’il devait y avoir des renardeaux…)
    -     Maître Renard ! J’ai passé la journée à chercher un nouveau gîte. En chemin j’ai rencontré quelqu’un qui ma affirmé être bien plus fort que vous, et qui ma chargé de vous dire qu’il vous met au défi de le battre.
    -     Comment ! Plus fort que moi c’est impossible ! C’est moi le plus beau et le plus puissant de la région ! Qui ose me braver ainsi ?
    -     Il vit au fond d’un trou. J’ai pu l’entendre mais dans la pénombre du soir, je n’ai pu l’apercevoir. Toutefois, si vous le désirez, je peux vous conduire jusqu’à lui.
    -     Et comment ! Dès demain matin, nous nous mettrons en route, et nous verrons qui est le plus fort ! »
    La colère échauffait sérieusement Maître Renard.
     
    Cette nuit-là, ce fut au tour de Maître Renard de se tourner et retourner au fond du terrier. Il se creusait la tête pour trouver qui avait l’audace de le défier, lui le renard le plus malin, le plus rusé et le plus fort du pays. Le lendemain matin, Maître Renard, dont le courroux avait encore enflé, attendait impatiemment Père Lapin.
     
    -        « En route, Père Lapin, montre-moi le chemin.
    -        Bien, Maître Renard, si vous voulez vous donner la peine de me suivre. »
     
    Et Maître Renard, sa fureur grandissant, emboîta le pas à Père Lapin et tout en marchant, il fulminait, enrageait contre ce mystérieux adversaire.
     
    -        « Comment est-il Père Lapin ? Tu l’as vu, non ?
    -        Pas très bien Maître Renard, je vous l’ai dit, il loge au fond d’un trou et il n’en est pas sorti pour me parler.
    -        Et où est-il ce trou ?
    -        Par ici, Maître Renard, par ici, suivez-moi ! »
     
    Et ils allaient, Maître Renard suivant Père Lapin, traversant champs de blés et de maïs, prairies, jardins et potagers.
    Le temps passait, et la colère de Maître Renard gonflait toujours.
     
    -        « Je n’en ferai qu’une bouchée de cet insolent ! Je vais l’écraser, le mettre en morceau, il va regretter ses fanfaronnades ce cabotin ! Il est encore loin ce trou ?
    -        Par ici, venez, il y a encore un peu de chemin à faire. »
     
    Les heures filaient, la hargne de Maître Renard prenait des proportions effrayantes. Sa rage le faisait baver, sa figure grimaçait, il soufflait, éructait. Il poussait Père Lapin dans le dos, pour aller plus vite. Le soleil déclinait.
     
    -        « Es-tu certain de retrouver la fosse où se terre cette bête stupide ? Je te suis depuis trop longtemps, arrivera-t-on enfin !
    -        Je ne suis plus très sûr, j’ai beaucoup marché hier…mais il me semble que, par ici… »
     
    Derrière un dernier bosquet, ils avancèrent, le renard plus furieux que jamais, et découvrirent une fosse entourée d’un muret. Ils approchèrent…
     
    -        « Chut, Maître Renard, c’est ici, j’en suis certain, faites attention, celui qui habite ce trou est redoutable !
    -        Pas plus redoutable que moi ! » Affirma le renard, dont le poil hérissé, les yeux exorbités lui faisaient une épouvantable figure. On l’aurait cru prêt à exploser.
     
    Et Maître Renard se penchant sur le trou, vit tapis au fond une bête effroyable, bavant, crachant, tendant vers lui des pattes griffues, une horrible furie.
     
    -        « Ah, ah, mais….mais tu as raison Père Lapin, cette bête est abominable, d’une férocité inimaginable. Jamais encore je n’avais rencontré pareil monstre ! Fuyons ! Vite ! »
     
    La plus grande frayeur avait remplacé la colère de Maître Renard. Sortant sa tête du trou, bousculant Père Lapin, il tourna le dos au puit,  et détala vers son terrier. Père Lapin suivait, s’arrêtant de temps à autre grignoter quelques excellentes herbes sauvages.
     
    Le lendemain matin Maître Renard n’avait encore pas fermé l’oeil de toute la nuit. Tapis au fond de son terrier, tremblant encore à l’idée de l’épouvantable créature tapie au fond de ce trou, hou !
    La nuit porte conseil, et Maître Renard avait bien réfléchi…
     
    -        « Bonjour Père Lapin.
    -        Bonjour Maître Renard.
    -        Cette nuit, j’ai pris une décision. Je ne peux pas exposer ma famille à cet effroyable danger. Nous allons donc partir et tu devrais en faire autant, tes lapereaux sont une proie facile pour cette bête.
    -        J’y penserai, j’ai déjà repéré quelques endroits pour installer un nouveau terrier. Au revoir Maître Renard !
    -        Adieu donc ! »
     
    Les renards sont partis… mais les lapins ? Pensez-vous ! La famille de Père Lapin n’a pas déménagé. Elle continue joyeusement à faire son marché dans mon potager…sans craindre Maître Renard, ni son épouvantable reflet colérique dans l’eau du puits de mon voisin. C’est là que le malin Père Lapin, après maints détours, l’avait finalement conduit ….Qui a dit que les renards étaient rusés ?"
     
     
    Mon ami farfadet après avoir achevé ce conte, s’en alla, continuer ses randonnées à travers bois, marais et bocage.
    Qui sait quand il reviendra se chauffer au coin de mon feu ? Et me régaler de ses histoires !
     

    Le prix du beurre 

    21 mai 2008

    Lu dans  "Le rire en poésie"  (P RIR)
    à la Bibliothèque, rayon Poésies.

    Le songe

    La fruitière m’a dit :   « légume est plus cher,
    Car le ressemelage encor a raugmenté. »
    Le charcutier m’a dit :   « Le cochon exagère,
    Car au comptoir voisin, le pinard a monté. »

    Une poule m’a dit, dressant sa tête altière :
    « Ponds toi-même tes œufs à l’heure du repas. »
    Le débitant m’a dit :  « Dedans ma tabatière,
    J’ai d’excellent tabac, mais tu n’en auras pas. »

    Plus avide de jour en jour, de proche en proche,
    La main du mercanti fouille dans notre poche,
    Pendant que dans sa poche opère une autre main.

    Et la richesse, au jour d’aujourd’hui, n’est qu’un leurre.
    Toujours, toujours plus haut, monte le prix du beurre,
    Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.

    Georges de la Fouchardière (1874-1946)
    Ecrivain volontiers polémiste, il participa à la création du quotidien l’œuvre(1916), dans lequel il écrivait chaque jour un « hors d’œuvre », parfois en vers.
    Voir aussi ce site qui commente les oeuvres de cet écrivain.


    La fable du Campagnol 

    14 mai 2008

    Encore une histoire de rongeur !

    L’escalier de secours
     
    Dans le grenier tranquille d’une maison de vacances,
    Un campagnol futé avait trouvé refuge.
    Un trou dans la muraille douillettement garni
    De feuilles sèches et craquantes, et le garde-manger
    À portée de la patte, noisettes, glands et faînes.
    Il sortait à la nuit chercher sa subsistance
    Par un trou de la tuile, patiemment agrandi,
    Et la journée dormait, bien en sécurité,
    Repus et satisfait en son grenier tranquille.
     
    Mais voilà qu’il advint que l’habitant des lieux
    Prit bientôt ses vacances, encombré de famille,
    D’enfants, oncles et cousins, une horde bruyante
    Dont les cris et les pas faisaient vibrer les murs.
    Impossible dormir dans un tel brouhaha !
    Mais le plus affolant c’est qu’ils avaient des chats,
    Deux gros matous replets, ventrus, dégoulinants,
    Étalés au soleil sur les coussins, en bas,
    Mais qui, le soir venu se mettaient à chasser,
    Les moustaches aux aguets, dangereux prédateurs
    Aux yeux luisant dans l’ombre. Pauvre souris des champs !
    Une vie de traqué ne lui convenait pas.
    La bestiole décida d’aller crécher ailleurs
    Et s’en fut s’abriter sous les ronces griffues
    et creuser promptement un camping d’affut.
    Mais il savait qu’ici, le hibou surveillait,
    Et les pies, les corbeaux, prêts à fondre sur lui
    Quand la faim le poussait à sortir de son trou.
     
     
    A quelques temps de là, l’animal exilé
    Eut envie de revoir l’endroit où il vécut.
    Après s’être assuré que l’homme était aux champs
    Et le grenier tranquille, précautionneusement,
    Tous les sens aux aguets, il se glisse soudain
    Sous la tuile percée, et cherche son repaire.
    Il cherche et cherche encore : aucun trou dans la brique,
    Ni fissure, ni faille, car le trou de l’entrée
    Autrefois grand ouvert, est bouché, cimenté.
    Interdit de séjour. Tristounet et déçu,
    L’animal retourna faire son trou dans les bois
    D’où il n’aurait jamais dû s’éloigner jadis.
     
    Que n’avait-il suivi les conseils de son père
    Et l’instinct de sa race qui est sans contredit :
    Qu’une demeure toujours doit avoir deux issues
    Ou trois, c’est  mieux encore. Mais lui, présomptueux
    Et jeune de surcroît, avait choisi de vivre
    En un lieu dépourvu d’escalier de secours.
     AB 2002

    La fable du Rat 

    6 mai 2008

    Rat tu l’auras

    Un rat prospère, en cette fin d’été,
    S’en vint chercher nid dans les terres.
    Sous le salon, par un petit terrier,
    Au nez, sans façon, des propriétaires.
    Mais discrétion et correction
    Ne furent guère mots d’ordre du locataire.
    Tapage nocturne et indélicatesses
    Excédèrent vite par la hardiesse
    Et provoquèrent cris et colère.

     

    Mort au rat, piège itou et guerre
    L’arsenal ne pouvait déplaire.
    Mais, rat malin, sacré vilain,
    Ignora et contourna d’un regard
    Tous les filets tendus à son égard
                                     Et, sembla-t-il, s’en fut enfin.

    Les jours qui passent, le coeur en liesse,
    La paix retrouvée sent l’ivresse.
    Et puis un jour par l’odeur étonné
    On vint se poser des questions.
    Putréfaction et le coeur soulevé,
    On tint à chercher le cadavre.
    Coins et recoins furent bien examinés,
    Aucun corps, rien, que le néant qui navre.

     

    Les heures devinrent journées.
    Les nuits vinrent s’installer.
    Las.
    Lourd voile nauséabond
    L’odeur, obstinément,
    Sans répit, fermement,
    Demeurait sans faux bond.
    Passages découverts
    Tout derrière la chaudière,
    Tout fut soigneusement
    Rebouché dans les temps.
    Rien n’y fit. Ce fut même pis.
    Quelle rage ! Quel désespoir !
    Qu’avait donc mérité cette famille sans histoire ?

     

     

     

    Un jour arrive, peut être de grand ménage,
    Où fut bougée la machine à laver.
    Et, ô stupeur ! Comme dans un engrenage
    Rat apparu la tête écrabouillée :
    Surpris, coincé, sursaut de l’essorage,
    La bête trop lente y resta.

     

     

     

    Morale
    Rat toujours méfiant et perspicace
    Ne maîtrise pas encore
    La tortuosité de l’homme moderne
    Et sa devise : ça passe ou ça casse.
     

     

    Dominique L.


    La chanson que me chantait mon papa 

    28 mars 2008

    Je voudrais un mari

     

    Je veux dans ma maison
    Agir à ma façon
    Régner, gouverner à ma guise
    Sans faiblesse chez moi
    J’entends faire la loi
    Tant pis si ça le défrise
    Refrain

    Quand j’irai au marché
    Pourquoi vous le cacher
    Je veux qu’il m’accompagne
    Comme un petit baudet
    Je lui ferai porter
    Les fruits que produit la campagne
    Refrain

    Il devra s’occuper
    De promener Bébé
    Et de tous les soins du ménage
    Levé de bon matin
    Il devra c’est certain
    Mettre tout son coeur à l’ouvrage
    Refrain

    Je veux sachez-le bien
    Qu’il soit tendre et câlin
    Oui! Mais avant tout bien fidèle
    Je veux qu’aux yeux de tous
    Des moqueurs, des jaloux
    Il serve en tout lieu de modèle
    Refrain

    J’exigerai de lui
    Qu’il soit toujours bien mis
    Astiqué des pieds à la tête
    Qu’il soit gai et rieur
    Toujours de bonne humeur
    Et que jamais il ne s’entête
    Refrain

    Je veux sachez-le bien
    Qu’il soit tendre et câlin
    Oui! Mais avant tout bien fidèle
    Je veux qu’aux yeux de tous
    Des moqueurs, des jaloux
    Il serve en tout lieu de modèle
    Refrain

    Charles Humel 1948
    Créée par la petite Marie-France en juin 1948 à l’émission radiophonique "Les beaux jeudis"


    L’Heure du Conte 

    10 mars 2008

    Le mercredi 5 mars, la bibliothèque a connu une ambiance un peu inhabituelle car les animatrices du Centre de Loisirs avaient décidé d’amener un groupe d’enfants, écouter l’Heure du Conte. Quatre histoires ont donc été racontées à tout ce petit monde. Le thème choisi ce mois-ci était :

    Les cochons et leurs aventures

     "Les trois petits cochons",
    la classique histoire des maisons, en paille, en bois puis ou briques, deux petits cochons dévorés tout crus et un loup qui finit dans la marmite.

    • Une variante de la même histoire avec "Les trois petits pourceaux", mais le loup a une arme supplémentaire et il demande aux petits pourceaux : "ouvre cette porte immédiatement, sinon, je souffle, je crache, je pète dedans". Cette dernière menace plaît beaucoup aux petits lecteurs…..et le dernier petit pourceau, celui qui mangera le loup, lui prépare une cuisson plus élaborée car la marmite contient, outre l’eau bouillante traditionnelle, du sel, du thym et du laurier… Pourceau, mais gourmet !
    • "En vacances chez Mamie Cochon". Vacances animées dans une grande maison, avec grenier, déguisements et un goûter pantagruélique, jugez plutôt : "un tonneau de jus d’oranges, une bassine de salade de fruits, cinquante-deux tartines grillées et de la confiture de framboises…." De quoi régaler une armée de porcelets et ils n’étaient que cinq !
    •  "Le plus brave des petits cochons" part à l’aventure car il sait qu’il aura un destin hors du commun. D’abord rejeté par les siens, il embarque avec des pirates, devient leur chef grâce à son courage. Il est ensuite nommé Amiral par le Roi de France dont il épouse la fille (qui a dû apprendre à faire les boulettes de pommes de terre, son plat préféré)… et se réveille au milieu de la basse-cour où il s’était endormi !  Sylviane

    La prochaine Heure du Conte aura lieu le Mercredi 2 Avril
    et il pourrait bien y être question de poissons…..forcément !


    Une autre histoire 

    9 février 2008

    Bonjour,  
    Voici un texte très bien écrit, avec un petit côté fantastico-réaliste intéressant.
    Bonne lecture,  
    Is@belle :))

    C’est tellement simple, tellement habituel, tellement facile, normal, incontournable…. Ralentir, mettre son clignotant, tourner, chercher une place libre, garer sa voiture sur le parking, couper le contact, mettre le frein à main et sortir.
    Et puis s’avancer, à pied, avec ou sans chariot selon les jours, vers les portes du temple de la consommation !

     L’enfer de l’abondance

    Mais ce jour-là, dès le départ, y avait un truc bizarre, quelque chose de pas normal… Pourtant, les portes automatiques vous introduisent en douceur au sein de l’atmosphère artificielle climatisée, et la musique au tempo adapté au flot des clients susurre à vos oreilles son message rassurant, habituel mélange de tubes et d’annonces promotionnelles.

    Pourtant les vigiles vous laissent passer sans problèmes et vous pouvez vous avancer dans les larges allées aménagées entre les présentoirs de marchandises. Et celles-ci vous attendent, innombrables, à portée de la main, pour votre bon plaisir ; vous le voulez : vous le prenez !

    En entrant sur la droite, l’électroménager blanc et noir, les gadgets électroniques à la mode, les derniers best-sellers des livres et des disques. Et puis la quincaillerie et le bricolage, la vaisselle et les promotions diverses. L’allée centrale sur la gauche vous conduira toujours, en traversant les rayons textiles puis droguerie, aux rayons consacrés aux denrées alimentaires, avec au fond les boissons alcoolisées ou non. Merveilleuse caverne d’Ali-baba, prodigieuse abondance dont le sésame se trouve dans votre poche : un petit bout de plastique plat portant votre nom et des chiffres, votre carte de crédit !

    Mais ce jour-là, vraiment, quelque chose ne tourne pas rond.

    Est-ce à cause de cette femme, qui hésite sans fin, perplexe devant les différents desserts sucrés qui s’étalent sur plusieurs niveaux, et de nombreux mètres linéaires… Ou bien plutôt de cet homme qui, marmonnant dans sa barbe mal rasée, déconfit devant la rupture de stock de sa bière favorite, ne peut se résoudre à choisir parmi les autres marques… Ou même cet adolescent qui prend, puis repose, puis reprend différents paquets de céréales pour le petit déjeuner…

    Choisir dans l’abondance est devenu une angoissante épreuve. On ne peut quand même pas tout prendre ! Et chaque marque propose au consommateurs des images du bonheur tellement convaincantes…

    Tenez, vous voilà devant le rayon des plaques de chocolats ! Là aussi y en a des marques, des forts et des moins forts en cacao, des aux fruits et aux noisettes, des fourrés et des pralinés, des en-haut et des en-bas, des chers et des moins chers, des soldés et des en promos, des en lots et des comme d’habitude, des inconnus et des connus, des comme chez mémé et des autres, des équitables et des … arnaques officielles ?

    Alors, là aussi, faut choisir, comparer, soupeser, regarder les images alléchantes, voire pour certains lire en détail les étiquettes pour comparer les compositions, repérer les additifs plus ou moins toxiques… D’habitude vous faites simple, vous prenez toujours le même, automatiquement, sans réfléchir ou presque. Mais aujourd’hui, allez savoir pourquoi, ça ne marche pas, quelque choses vous retient, vous aussi vous commencez à hésiter, à ne plus savoir lequel choisir, à errer devant le rayon, perplexe, presque anxieux, bientôt hagard !

    Et puis soudain, votre bras se tend presque malgré vous, et votre main droite se saisit d’une plaque de chocolat de marque inconnue.

    Et c’est exactement là que tout a définitivement basculé.

    Il fait très chaud tout à coup, et la sueur coule sur votre peau noire et nue. Les courbatures, les douleurs musculaires et la fatigue physique créent dans votre esprit un état de lassitude proche de l’hébétement. Votre dernier repas remonte à plusieurs heures et avant ce soir, le retour au village et à la case, il faudra tenir avec de l’eau et des noix de colas. Ce soir le riz sera accompagné d’un peu de viande de brousse, si personne ne la trouve ni ne vous la fauche, homme ou bête.

    Et puis cette voie qui hurle toujours à vos oreilles, qui sort de ce visage de caricature. Ce gros homme avec son faciès de méchant de films populaires, le teint luisant de sueurs et de graisse, les yeux exorbités. Il semble très en colère et il crie des mots d’insultes et de réprimandes.

    Toujours le travail qui ne va pas, pas assez vite, pas assez bien, pas assez propre… Vos compagnons d’infortune se serrent contre vous, masse d’hominiens apeurés, grappe d’humanité en esclavage et qui suent la trouille et la peur, ouvriers si dépendants du contremaître, si faibles et vulnérables au pied du colosse furieux, si misérables sous leurs haillons crasseux…

    Vous relâchez précipitamment la plaque de chocolat qui tombe par terre dans l’allée du supermarché, et miracle, vous revenez instantanément dans votre corps habituel ! Vous regardez à droite et à gauche, personne, tout semble parfaitement normal. Et pourtant, il y a quelques instants seulement, vous étiez à mille lieux d’ici, dans une situation d’oppression presque terrifiante !

    A vos pieds, cette simple plaque de chocolat témoigne seule qu’il s ‘est peut-être passé quelque chose, mais quoi ? Cette fois vous avez vraiment halluciner !

    Comme vous restez immobile, surpris et ne comprenant pas ce qui vient de vous arriver, une musique paisible se fait entendre. Vous cherchez d’un regard étonné la source de la mélodie apaisante et découvrez bientôt un nouveau prodige.

    Comme vos yeux reviennent se poser sur la plaque de chocolat restée au sol, vous découvrez comme une lumière bleue-dorée qui se met à apparaître, rayonner et pulser à travers elle…

    « N’ayez pas peur », prononce alors à vos oreilles une voix tranquille qui semble sortir de la plaque elle-même, avec quelques éclats de lumière synchrones… « Ces hommes que vous venez de voir sont simplement les ouvriers d’une plantation de cacao, qui se font engueuler par leur contremaître. C’est eux qui ont produit les fèves qui ont servi à fabriquer cette plaque de chocolat. Ils tiennent seulement à vous faire savoir, par mon intermédiaire, que leurs conditions de travail sont des plus précaires, quasiment apparentées à une forme d’esclavage de par les heures interminables de travail, et aussi la charge importante de celui-ci, du fait d’effectif réduit au minimum. Bien sûr il n’y a pas de syndicats, d’assurance maladie ou de caisse de retraite ! Et question salaire, il suffit juste à survivre, à payer de quoi manger et le loyer de la case. Avez-vous une idée de leur salaire ? ».

    Bien sûr que vous n’en savez rien, vous ne vous êtes d’ailleurs jamais posé la question. Le chocolat c’est tellement bon !

    « Sur les quelques euros du prix de cette plaque de chocolat, le salaire des ouvriers agricoles ne représente que quelques centimes… Le reste va aux importateurs, aux intermédiaires, aux spéculateurs, aux transformateurs, aux publicitaires, et enfin au distributeur qui se taille souvent la plus belle part ! » reprend la voix.

    Dégoûté, vous laissez par terre la plaque de chocolat et quittez ce rayon, car tout cela ne vous concerne pas.

    Mais la voix, elle, ne vous quitte plus ! : « Si vous le désirez, vous pouvez renouveler cette expérience de communication trans-spatio-temporelle encore deux fois, comme dans les contes de fée, en utilisant les objets de votre choix, et c’est complètement gratuit ! »

    Alors, comme vous avancez au milieu de ce supermarché où tout semble parfaitement normal, les rayons achalandés et les cons-sots-mateurs vaquant à leurs petites affaires, vos pas vous amènent vers le rayon textiles, avec la tentation de renouveler une expérience inexplicable, et dont vous doutez presque qu’elle a été une réalité… Cela n’est pas possible, cela n’existe pas clame votre intellect ratiocinateur. D’ailleurs cela ne se reproduira pas, vas-y tu verras, c’est du délire !

    Alors, comme vous vous approchez des tee-shirts en promotion, vous regardez autour de vous, tout est parfaitement normal, l’impossible ne pourra advenir de nouveau, et vous vous saisissez d’un objet.

    Pour savoir la suite, cliquez sur ce site                                                                     Jean NABIR
    http://www.decroissance.info/L-enfer-de-l-abondance


    Une nouvelle histoire d’Isabelle 

    20 décembre 2007

    La voici, la voilà enfin, la belle histoire d’Isabelle !

     

    La reine

     

     

    La meilleure amie de ma mère s’appelle Ka-Reine. Drôle de prénom ! Cependant elle est très gentille. Elle est très jolie aussi, blonde, elle a de très beaux yeux bleus pétillants, comme la mer, comme le ciel un jour sans nuage avec le soleil au milieu.

    Ce matin, en arrivant à l’école, Ka-Reine et ma mère se sont mise à discuter, comme d’habitude. Elles ont le temps, maman travaille à mi-temps et Ka-Reine ne travaille pas mais elle est très occupée avec ses trois filles. L’aînée, Yasmine, est dans la même classe que moi, en CP.

    Elle est très gentille. Mais comme c’est une fille on ne joue pas souvent ensemble, elle préfère échanger des secrets avec ses copines. Mais quand maman va voir Ka-Reine, je peux jouer avec elle.

    Ce matin donc, comme tout les matins, Ka-Reine et maman papotent :

    - Comment vas-tu ? dit maman
    - Bien, répond Ka- Reine, sauf que je dois me faire poser une couronne.
    - Oh ce n’est pas très agréable !
    - Oui, mais il le faut.
    - Dépêches-toi Fabien, tu vas être en retard.

    Je file en classe.

    Pas très agréable de se faire poser une couronne, ça alors ! Je voudrais bien moi, avoir une couronne pour être le roi, je pourrais faire tout ce que je veux. Super !

    Soudain le prénom de la copine de maman ne me parait plus si bizarre. Bien sûr, c’est une reine qui se cache chez nous. Ce sont des choses qui arrivent parfois, les rois et les reines quittent leur pays, ils se cachent et puis un jour et ils rentrent et se font couronner.

    Donc Ka-Reine, va partir et ses filles aussi…chez nous il n’y a pas de reine, seulement un président de la République. C’est moins joli…

    Mais j’y pense pour couronner les rois et les reines, il y a toujours une belle cérémonie,

    Ka-Reine va donc nous inviter. Chic alors !

    Pendant la classe je rêve aux royales cérémonies du couronnement, je vois le trône en or, le manteau royal sur les épaules de Ka-Reine et du papa de Yasmine. Yasmine et ses sœurs auront sûrement de belles robes. Ce sont des princesses quand même !

    Je me demande si Yasmine voudra encore jouer avec moi…

    - Fabien ! Tu es dans la lune ! S’exclame Mme Peaudeau notre maîtresse.

    Vite je cherche où nous sommes rendus dans la leçon, et je me met à lire les aventures de Motus le petit personnage de notre livre de lecture.

    A la récré, j’observe Yasmine, qui discute avec ses copines. Elle doit sûrement leur raconter ses histoires de princesse. Moi si j’étais prince j’en aurais des choses à dire aux copains !

    Je vois bien que de temps à autre Yasmine regarde de mon côté, elle rigole en chuchotant des trucs à l’oreille d’Emilie sa copine. Ah les filles ! Faut toujours qu’elles se moquent de nous, les garçons !

    A midi, maman vient me chercher à l’école, pour déjeuner à la maison.

    A table, je demande :

    - C’est vrai que Ka-Reine va se faire couronner ?

    - Oui, la pauvre ! Elle est allée ce matin chez le dentiste se faire poser une couronne.

    - Oh ! dit papa, ce n’est pas très agréable !

    Qu’est-ce que le dentiste vient faire là-dedans ? Et puis Ka-Reine s’est déjà fait couronner, sans nous inviter, et sans Yasmine sa fille ? Je n’y comprends plus rien.

    - Mais, maman, elle ne nous a pas invité à son couronnement ! Tu es sa meilleure copine pourtant…

    Papa et maman me regardent, et tout à coup maman éclate de rire. Elle ne peut plus s’arrêter.

    Papa a un grand sourire, un peu moqueur. Je sens que j’ai dû dire une bêtise…

    Maman, entre deux hoquets de rire m’explique que le dentiste a posé une protection sur une des dents de K-Reine qui est abîmée. Cela s’appelle une couronne. Et elle conclut :

    - Voilà ce qui arrive quand on ne se lave pas bien les dents !

    Je trouve que ce n’est pas très gentil pour Ka-Reine, de la soupçonner de ne pas bien se laver les dents.

    De retour à l’école, Yasmine et Emilie sont encore en train de comploter dans un coin de la cour de récré. Emilie s’approche de moi :

    - Tu sais, Yasmine n’ose pas te le demander… elle voudrait que tu sois son amoureux.

    Je regarde Yasmine et je me dis qu’avec elle comme amoureuse, je suis le roi du monde !

     


    Une nouvelle histoire d’Isabelle 

    10 décembre 2007


    Les trois maisons

    Pierre Poul était entrepreneur en bâtiment, c’est-à-dire qu’il construisait des maisons. Il était propriétaire, dans la zone artisanale de Fontenit le Conte, un village de Vendée, d’un immense hangar dans lequel étaient entreposés des parpaings, des tuiles, des matériaux isolants, des bobines de câbles électriques, des portes, des fenêtres, des baies vitrées…

    Pierre Poul employait beaucoup de main d’œuvre : des maçons pour monter les murs, des charpentiers et des couvreurs pour les toitures, des menuisiers pour installer les ouvertures, des électriciens pour le chauffage et la lumière, des plombiers pour amener l’eau jusqu’aux robinets de la salle de bain et de la cuisine.

    Li, Chen et Tao étaient de très gentils garçons, leurs yeux bridés et leurs regards timides intriguaient les filles de Fontenit le Conte. Elles se mirent à leur tourner autour… Ce fut Cendrine qui la première réussit à attirer l’attention de Chen, le moins timide des trois frères. Cendrine avait un doux visage, de magnifiques cheveux bruns et des yeux bleus. Elle était perpétuellement chaussée de pantoufles de cuir vert un peu trop grandes, qu’elle perdait quand elle marchait trop vite.

    Elle réussit à convaincre Chen de l’emmener au bal, Cendrine adorait danser. Le pauvre Chen n’était pas trop doué, mais sa gentillesse et ses attentions pour Cendrine étaient si touchantes, que la belle tomba sérieusement amoureuse de lui. On ne les vit plus désormais l’un sans l’autre, courant les bals mais toujours rentrés avant minuit. Chen fit des progrès et devint un bon danseur.

    Un beau matin Chen et Cendrine, élégants dans leurs costumes de mariés, défilèrent en cortège dans les rues de Fontenit le Conte.

    Les cérémonies du mariage terminées, Chen et Cendrine cherchèrent à se loger, mais à Fontenit le Conte, c’était la crise du logement. Même Monsieur Roussel, l’agent immobilier, avait loué ses trois maisons et était désolé de ne pas pouvoir leur proposer autre chose, sinon à des prix exorbitants !

    Ils décidèrent donc de construire leur maison. Seulement, ils n’étaient pas riches, et une fois le terrain acheté, il ne leur restait plus beaucoup d’argent pour construire la maison…Chen était découragé.

    Le vieux père de Chen vint le trouver et lui dit : " Tu te souviens du pays que nous avons laissé pour venir vivre ici ? Là-bas ils construisent des maisons en bois et en terre…Tu as tout ce qu’il faut pour le faire. Demande à tes frères, ils t’aideront. "

    Li et Tao étaient fiancés à deux filles de Fontenit le Conte. L’une, Garance, habitait dans la forêt de Fontenit, et ne s’habillait qu’en rouge, elle était terrorisée par le sourire de Pierre Poul. L’autre, Blandine, avait une sainte horreur des pommiers et des pommes, elle était affligée d’une mère épouvantable que l’on soupçonnait de sorcellerie.

    Li et Tao voulaient eux aussi construire leurs maisons. Chen décida de partager avec eux le terrain qu’il avait acheté. Ensemble ils cherchèrent dans les livres de la petite bibliothèque de Fontenit le Conte, et sur Internet, les techniques de construction de leur lointain pays d’origine. Ils firent des plans, les discutèrent et les modifièrent. Les femmes mirent elles aussi leur grain de sel. Enfin le chantier commença…

    Ils creusèrent d’abord une fosse profonde pour faire une citerne qui récupèrerait l’eau de pluie, pour alimenter les robinets des maisons. Avec la terre sortie du trou, il firent des briques de terre, les mirent à sécher au soleil.

    Avec les pierres sorties du trou, ils firent les fondations des trois maisons. Bientôt, les murs de terre commencèrent à s’élever.

    Les gens de Fontenit le Conte venaient se promener sur le chantier et faisaient beaucoup de commentaires : " Des maisons en terre, à la première pluie elles vont s’écrouler ! ", " De la terre, ça ne fera pas des maisons solides ! ".

    Li, Chen et Tao, continuaient tranquillement leur chantier. Pierre Poul vint les voir en éternuant : " Aaaatchoum ! Vous ne pouviez pas acheter chez moi les matériaux pour construire vos maisons ? Il ne ressemble à rien votre chantier ! Si mes clients savent que vous travaillez chez moi ils ne vont plus me faire confiance en voyant ça ! Atchoum ! ".

    Chen vint vers lui et lui dit :  " Nous nous sommes documenté, nous savons ce que nous faisons, ce seront des maisons écologiques, faites avec des matériaux simples, qui ne polluent pas. Il y a beaucoup d’endroit dans le monde ou on construit comme ça. Ici, vos traditionnelles bourrines sont en terre ! ".

    Pierre Poul furieux rétorqua : " Aaaaaaaatchoum ! Si elles étaient si bien nos bourrines… Aaatchoum ! Les gens d’ici continueraient à en construire ! Au lieu de ça, ils font des maisons en parpaings ! Si vous vous obstinez à continuer ce chantier je vous renvoie de chez moi ! Atchoum ! ". Il tourna les talons et rentra chez lui à grandes enjambées impatientes, en éternuant, pestant, rouspétant et tempêtant.Ensemble, les trois frères isolèrent les murs avec de la paille. Pierre Poul revint de nouveau éternuer, pester, rouspéter et tempêter. Rien n’y fit, Li, Chen et Tao s’entêtaient à continuer.

     

    La menace était terrible et les trois frères étaient morts de frayeur. Chen réfléchit et dit : " Demain c’est le moment de poser la charpente, nous ne pouvons pas abandonner maintenant, nous avons avancé trop loin dans notre chantier pour arrêter maintenant, il faut continuer, tant pis pour les menaces de Pierre Poul.  ".

    Ils continuèrent donc. Les charpentes furent façonnées et posées, sous la direction de Li. De belles tuiles furent posées dessus, qui protégeaient les murs de terre. Les trois maisons avaient fière allure. Pierre Poul revint les menacer en éternuant, pestant, rouspétant et tempêtant. Mais au fond, Pierre Poul savait que c’était de bons ouvriers qu’il ne retrouverait pas si facilement ailleurs…

     Tao commença les travaux d’électricité. Les habitants de Fontenit le Conte continuaient à venir inspecter le chantier en rigolant : " Ils ne vont pas s’éclairer à la bougie finalement ! ". Tao installa une éolienne qui jouait avec le vent et des panneaux solaires rutilants sous le soleil. Quelques jours plus tard, on vit de la lumière aux fenêtres de bois que Chen avait fabriquées et posées. Pierre Poul vint voir en éternuant, pestant et rouspétant.

    En quelques mois, les maisons furent achevées, elles n’étaient pas si différentes des autres maisons du bourg. Pierre Poul, invité par les trois frères, vint visiter en éternuant et pestant. Il reconnut : "  Aaaatchoum ! Ces maisons sont belles et confortables. Atchoum ! ". Chacun à Fontenit le Conte, reconnaissait qu’il s’était moqué un peu vite des frères Cho-Chon. Monsieur Roussel songeait même à faire construire trois belles maisons en terre…cet homme était décidément obsédé par le chiffre trois !

    Chen et Cendrine furent les premiers à emménager dans leur jolie maison. Li et Tao qui attendaient leur mariage, fignolaient leurs intérieurs.

    Ce fut sous un beau soleil d’été que furent célébrés les mariages de Tao avec Garance et de Li avec Blandine. Les parents des trois garçons, Chen et Cendrine qui attendait un bébé étaient de la noce, ainsi que Pierre Poul qui ayant bien réfléchi devant ces trois belles maisons avait cessé de pester, rouspéter et tempêter, mais éternuait toujours. Il voulait proposer aux trois frères de s’associer avec lui pour construire de belles maisons en terre. " Aaaatchoum ! C’est vrai après tout, nos bourrines étaient en terre elles aussi, ils n’ont fait qu’améliorer les traditions, les frères Cho-Chon! Atchoum ! ".

    C’est ainsi que quelques temps plus tard, sur le bâtiment de Pierre Poul, s’inscrivit :  " Cho-Chon & Poul, constructeurs écologiques ". Ils construisirent beaucoup de belles maisons en terre, en bois et en paille. Et avec le temps, Pierre Poul cessa d’éternuer.

      Isabelle

    Les Bourrines représentent le passé du Marais Breton et de ses habitants. Elles étaient construites à partir de terre et de roseaux. L’intérieur y est simple, voire rustique, souvent constitué d’une pièce unique munie d’un four à pain. Le mobilier y est en bois.
    Certaines bourrines sont ouvertes au public : Ecomusée du Daviaud (La Barre de Mont) ou Les Bourrines du Bois-Juquaud (Chemin du Bois-Juquaud - Saint-Hilaire-de-Riez)

    http://fr.ekopedia.org/R%C3%A9nover_une_maison_en_terre
    http://www.jedecouvrelafrance.com/f-4300.vendee-bourrine-bois-juquaud.html
    http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/maison-terre-hakka-chine_491.html 

    15.11.2007

    Pierre Poul était grand, avec des grands yeux, des grandes oreilles et une grande bouche avec un sourire légèrement carnassier… Cette bouche s’ouvrait souvent sur de formidables éternuements, car Pierre Poul était perpétuellement enrhumé. Il souffrait d’allergies dues à la pollution de l’air. Ceci ne l’empêchait surtout pas de diriger son entreprise avec beaucoup d’autorité.

    Dans le petit bourg de Fontenit le Conte, vivaient trois frères. Ils étaient venus avec leurs parents, de la lointaine Asie, fuyant un pays où la vie était trop difficile. Li, Chen, et Tao Cho-Chon étaient respectivement, charpentier, menuisier et électricien. Naturellement, comme beaucoup d’hommes du village, ils travaillaient chez Pierre Poul. C’était des ouvriers sérieux, qui donnaient entièrement satisfaction à leur patron.

     

     


    Une petite histoire de petit chien

    20 août 2007

    Le malin p’tit chien

    Dans ma maison, dans le jardin de ma maison, y’a un p’tit chien.
    Un p’tit chien plein d’poil, qu’on sait même pas faire la différence entre le devant et le derrière !
    C’est Aldo, c’est mon chien.

    L’autre jour, Aldo se promenait dans la prairie derrière chez moi. Il reniflait à droite, il reniflait à gauche, comme font tous les chiens, quand il est tombé sur un gros, un très gros nonos. Quelle aubaine !
    Il s’est couché au pied d’un gros chêne et il a commencé à ronger le gros nonos.

    Seulement, dans la prairie, Aldo n’était pas tout seul : Attila le gros, l’énorme molosse du voisin était aussi en balade dans le coin.
    Aldo qui surveillait ses arrières malgré son appétissante occupation, le vit arriver.
    " Zut, pensa Aldo, ce gros lard va me fiche la pâtée et récupérer mon délicieux nonos. Pas question. "
    - Hum, dit-il bien fort, comme c’est bon la viande de molosse ! Dommage, il ne me reste plus que cet os, le festin est fini ! "

    Attila qui, malgré sa taille, n’était pas très courageux, et même plutôt poltron, pris peur et fila en douce en entendant la réflexion d’Aldo.

    Dans le gros chêne, Sisto, chat errant et perfide, avait tout vu.
    -  Bien joué Aldo ! Tu es malin ! minauda-t-il.
    Descendant paresseusement de sa branche, il alla trouver Attila. Sisto n’allait pas rater l’occasion de provoquer une bagarre entre les deux toutous. Beau spectacle en perspective !
    - Ce coquin d’Aldo t’a bien eu, il n’a pas mangé de molosse, il n’y a que toi dans le quartier comme chien de cette taille. Il a juste trouvé cet os par hasard et ne voulait pas que tu le lui voles. Ah ! Il t’a bien ridiculisé ! Ah, ah, ah ! 
    Attila, furieux d’avoir été berné aussi bêtement par Aldo qui ne faisait pas le dixième de son poids, fit demi-tour. Il fonçait sur Aldo quand celui-ci le voyant arriver :
    -  Ah, s’écria-t-il, le chat à bien fait son boulot ! Il a réussi à décider le gros lard à revenir. Grâce à lui je vais pouvoir manger un deuxième molosse, j’ai un appétit d’enfer aujourd’hui !
    En entendant ces mots, Attila stoppa net ! Terrorisé et tremblant, il s’enfuit se réfugier dans sa niche.
    Aldo est resté tranquillement ronger son nonos sous son gros chêne. Et quand il est rentré à la maison il était particulièrement content de me raconter son aventure.

    Moralité :
    Il ne suffit pas d’être grand et fort, il faut savoir être malin, comme Aldo !

    Isabelle

     


    La Plage 

    3 juillet 2007

    Voilà, il l’a, sa plage, le farfadet, que d’histoires juste pour un peu de sable dans la vitrine de la bibliothèque !

    Et même en plus quelques poèmes pour chanter la pluie
    et le soleil de notre bel été qui va bien finir par arriver


    Du grabuge ? 

    15 juin 2007

    Mais que s’est-il donc passé dans la vitrine de la Bibliothèque durant le week-end ? La belle pile de livres élaborée par Isabelle est toute sens dessus-dessous, le tissu bleu/blanc a disparu, le farfadet se cache… Seul le nain érudit n’a pas bronché et continue de lire imperturbablement son bouquin. Peut-être ont-ils voulu nous faire savoir qu’il est temps d’aller faire un tour à la plage, lorsque  le beau soleil de juin nous réchauffe…

     

     


    L’histoire lue par Isabelle le 1er Juin 2007 

    3 juin 2007
    Zéphir l’esclave

     Cette histoire se passe il y a très longtemps : deux cents ans, dans un pays très lointain : l’île de la Réunion. A cette époque il y avait beaucoup d’esclaves sur l’île. Ces hommes, ces femmes et ces enfants étaient achetés comme des objets. Ils appartenaient à un maître qui les faisait travailler dur sans les payer.

     1. L’Oncle Oscar
    Je me réveille. Il fait nuit noire. Par la fenêtre, je vois les étoiles. Quand je les regarde, il me semble qu’elles m’appellent par mon nom : « Zéphir… Zéphir… » Et alors j’oublie que je suis esclave.
    J’ai envie de suivre les étoiles, de partir loin des plantations de café, loin des sacs qui pèsent sur mes épaules, loin du fouet du maître. Cette nuit, il fait moins chaud, je respire mieux. Je me retourne sur ma paillasse. Mais tout à coup, je me redresse, quelque chose ne va pas. Mais quoi ? Je reste assis, l’oreille tendue. Soudain, je comprends : je n’entends rien, rien sauf le chant des grillons et ma respiration. Il manque le souffle de mon père. Où est-il ?
    Je me glisse dehors. Là, un murmure me parvient : mon père parle avec quelqu’un. Je connais cette voix. Je ferme les yeux pour mieux écouter. Et puis son nom surgit de ma mémoire : Oscar ! C’est mon oncle, le frère de mon père.

    J’avais 5 ans quand mon oncle s’est enfui. Il était esclave, lui aussi. Une nuit, il a disparu. Le maître a envoyé des chasseurs d’hommes à sa poursuite, mais ils ne l’ont jamais rattrapé. La montagne l’a protégé ! au bout d’une semaine, les hommes ont abandonné les recherches. Le maître a soupiré :
    - Et un « marron » de plus ! ça va finir par faire tout un village !
    Les marrons, c’est comme ça que le maître appelle les esclaves qui s’enfuient. Moi, je rêve de les rejoindre, de vivre libre avec eux deans la montagne. Souvent, mon père regarde au loin et il promet :
    - Un jour, je partirai.
    Accroupi derrière la case, j’écoute la voix de l’oncle Oscar. Des bouts de phrases me parviennent : « Cette nuit… très difficile… dangereux… ».
    Aussitôt je comprends : ça y est, nous aussi, nous allons nous enfuir ! Mon cœur bat à toute allure.
    ……………………

    Vous trouverez la suite dans « mes premiers J’aime lire » n° 45, mai 2006, disponible à la Bibliothèque - Ecrit par Juliette Mellon, illustré par Boiry.


    Histoires en vrac… 

    10 mai 2007

    Tout bientôt, on vous racontera l’histoire du crapaud africain, racontée cette semaine par Isabelle. C’est que ça voyage, ces petites bêtes ! 

    Bonne lecture ! 
    A vous de continuer les histoires en les écrivant sur le Forum. AB

    ERREUR ! Les conteurs font n’importe quoi,il n’est pas africain ce crapaud, mais plutôt grec ! (NDLR)

    Hélène et Ménélas 

         Hélène, comme toute les princesses, est très belle et très intelligente. Le roi Tindare et la reine Léda, ses parents, veulent la marier. Alors ils envoient des messagers annoncer partout que celui qui saura plaire à la Princesse Hélène aura le bonheur de l’épouser.
    Hélène veut un mari beau, intelligent et savant. Aussi, à chaque prétendant qui se présente, elle pose beaucoup de questions,  pour évaluer ses connaissances…
         Passent, passent les jours, aucun n’a su plaire à la belle…

         Un beau matin, un splendide équipage se présente au château.
         Un page superbement vêtu demande audience. Le roi le reçoit, assit sur son magnifique trône doré. Le page porte un panier avec, sur un coussin de velours bleu, un crapaud horrible et pustuleux.
    «  Mon maître, le Prince Mélénas souhaite offrir cet animal à la Princesse Hélène. »
         Le roi, voyant la laideur du crapaud, pousse des hauts cris : jamais la princesse n’acceptera pareil présent.
    « Ce crapaud est magique, il connaît et raconte toutes les histoires du monde majesté, et comme le Prince Mélénas connaît la grande curiosité de la Princesse Hélène, il a pensé  que ce cadeau lui serait agréable. »
         Le roi ne veut pas mécontenter le prince Mélénas et accepte le présent pour  sa fille.

         En voyant la bête, Hélène la trouve si laide que dégoûtée, elle ne peut croire que ce crapaud raconte des histoires. Elle demande à sa servante de l’éloigner.
         Le crapaud se retrouve donc aux cuisines.

         Quelques jours plus tard, la princesse se promène dans les jardins du château. Il fait chaud et la princesse à soif. Elle passe par la cuisine pour boire et voit toutes les cuisinières  regroupées autour de la table.
         Une voix raconte une histoire, l’histoire d’un prince charmant  à qui on avait enlevé la princesse qu’il aimait. Capturée par un rival jaloux du prince, elle était enfermée dans un château, au milieu d’une ville fortifiée. 
          Ayant su où elle était enfermée, le prince avait fait encercler la ville. Mais le rival jaloux ne voulait pas libérer la princesse. Le prince, rusé, a construit un immense cheval de bois, plus haut que les murailles de la ville, l’a rempli de ses soldats et amené aux portes de la ville. Les habitants, voyant ce magnifique cheval, s’en sont emparé, et l’ont rentré dans la citadelle.
         A la nuit tombée, les soldats sont sortis du cheval, ont envahi la cité et pris le château. Ainsi le prince a pu délivrer son aimée.

         Curieuse, Hélène s’approche et voit le crapaud, installé dans son panier, qui raconte l’histoire.
         Et elle tombe sous le charme de cette voix chaude et mélodieuse. Elle s’empare du panier, l’emporte dans les appartements royaux. Là, elle supplie le crapaud de lui raconter une autre histoire.
    « Une princesse était si belle et si intelligente que lorsque vint pour elle le temps de se marier, elle exigea un bel époux  d’une grande culture, qui connaisse toutes les choses du monde. Malheureusement, elle ne trouva personne qui puisse lui convenir. Un prince très savant avait entendu parler de cette belle et intelligente princesse.
    L’ayant aperçue il en était tombé fou amoureux mais il avait peur de ne pas être à la hauteur de ses exigences. Il y a tant de choses que l’on ignore dans ce monde. Ce prince était doué de magie, il prit l’apparence d’un crapaud et se fit conduire par un page au palais de la princesse. La magie lui avait aussi accordé le don de raconter les histoires.
    Mais il était si laid que la princesse n’en voulut pas.
    Le crapaud, relégué aux cuisines, commença à charmer les servantes avec ses histoires. Elles étaient si heureuses d’entendre ces contes merveilleux qu’elles prirent grand soin de lui.
    Puis un jour, la princesse qui passait par là l’entendit raconter et tomba sous le charme de sa voix…
    ».

         La belle Hélène comprend que le crapaud lui raconte sa propre histoire.
    « J’ai compris, tu peux reprendre ton apparence humaine, je suis sûre que tu seras pour moi l’époux dont j’ai toujours rêvé. »
    « Toute magie se paye, pour que je redevienne le prince Mélénas, il faut que celle que j’aime me fasse un baiser, sinon je serai condamné à rester crapaud toute ma vie. Mais mon amour est si grand que je suis prêt à prendre le risque…je te préviens aussi que mon apparence humaine ne sera peut-être pas celle que tu espères. »
         Hélène est toujours dégoûtée par l’aspect du crapaud, seule sa voix exerce un charme sur elle. 
         En pleurant elle repousse le malheureux crapaud qui se réfugie dans un coin. Puis elle pense à ce sort affreux, à  ce prince qui par amour pour elle a pris l’apparence d’un crapaud pour mieux la charmer avec ses contes. Elle surmonte son dégoût, prend le crapaud dans ses mains et dépose un baiser   sur son front.
         Dans un grand éclair blanc, le crapaud disparaît et laisse la place à un prince magnifiquement vêtu, son visage doux est éclairé par des yeux d’un bleu plus pur que le saphir. Il s’avance vers la belle Hélène, il boîte, il a une jambe plus courte que l’autre. Mais Hélène qui a surmonté l’épreuve du baiser au crapaud se précipite dans ses bras, ne voyant que le charme de Mélénas.

         Ensemble ils ont eu trois enfants, Ulysse, qui est devenu  un grand voyageur,  Pénélope qui est très douée pour la tapisserie…et le petit Omer qui comme son père est beau parleur et très doué pour raconter les histoires.

    Voili, voilà, voici que mon conte fini là !
                                                                                                   Isabelle

    ( Les noms des personnages doivent rester orthographiés ainsi : Tindare et Omer)


    Crapaud ? 

    20 avril 2007

    Isa, c’est toi ?

    Il faut que je vous raconte.

    Il y a quelques jours, nous avons effectué un remaniement très important des bouquins de la bibliothèque. (voir à ce propos la rubrique vie de ABC).

    Prises par le temps, nous avions laissé au bas de l’escalier plusieurs piles de livres en attente.

    Qu’elle n’a pas été ma surprise, l’autre matin, en remuant les livres pour les mettre en cartons, de découvrir…
    non, pas un farfadet,
    non, pas un chat,
    non, pas un pigeon,
    mais un crapaud,
    un mignon petit crapaud, tout apeuré qu’on l’ait délogé de sa cachette.

    Et moi de m’écrier : Mais que fais-tu là, Isa ?
    Le crapaud n’a pas répondu. Ouf ! J’ai eu peur que les sorcières, par je ne sais quelle vengeance, n’aient transformé notre gentille Isa ! Nous aurions été bien, tiens, avec un batracien pour recevoir les enfants et leur lire des histoires : "Côa ! Côa ! Côa !"

    Alors si ce n’est pas Isa, QUI est cette bestiole ?

    20.04.07 


    Le chat d’Isabeau (bis) 

    24 février 2007

    Alors ? alors ? il l’a écrite, sa lettre, le matou ? Et sa belle, elle lui a répondu ? quel suspens !


    Le chat d’Isabeau 

    12 février 2007

     Vous avez du mal à en croire vos yeux ? et pourtant … le chat a bien lui aussi attrapé le virus de l’écriture, mais c’est un peu de ma faute, et voilà pourquoi …

    J’ai bien remarqué depuis quelques temps que le minet regarde la petite chatte d’à côté avec des yeux énamourés. Mais celle-ci, chatte angora avec un nom long comme un dimanche sans soleil, un pedigree à faire pâlir la noblesse de France et de Navarre, et tout et tout, l’ignore royalement et minaude avec la chatte siamoise d’en face : « Pensez-vous ! Un vulgaire chat de gouttière dont la mère ne connaît peut-être même pas le nom du géniteur, un quelconque roturier sans armoiries …. et ce vocabulaire ma chère …. cette élocution …. d’un commun !!! »

    Depuis qu’il a surpris cette conversation, notre amoureux éconduit s’entraîne tous les soirs avec ses copains à des cours de diction, quelle cacophonie !!!

    Exaspérée par ces vocalises discordantes, j’ai fait une suggestion au matou : puisque sa belle n’est pas sensible à ses sérénades (comme je la comprends !)
    il serait peut-être préférable, quitte à se torturer le  cervelet pour trouver des tournures alambiquées, de les immortaliser sur le papier plutôt que de lui miauler des aubades. La coquette sera sûrement flattée et se laissera peut-être attendrir par un joli poème.

    Voulant à tout prix séduire l’élue de son cœur, le Don Juan ne décolle plus ses moustaches du dictionnaire pour trouver des rimes et corriger son orthographe quelque peu fantaisiste.

    Je pense que nous allons être submergées de poèmes et de lettres d’amour car si même les farfadets et les chats s’y mettent, il va y avoir de la concurrence.

                                                                  Isabeau 
    (il paraît, comme nous sommes plusieurs à écrire, qu’il est judicieux de signer sa prose, comme il y a déjà une Isabelle j’aurais pu choisir Isabelle II mais ça fait un peu reine d’Espagne, ceci dit Isabeau fut reine de France … alors ?)


    Jaloux le lutin ? 

    9 février 2007

    Depuis quelques années nous subissons la présence d’un lutin à la maison. Vous savez ce petit personnage facétieux qui déplace vos chaussons que vous rangez TOUJOURS dans le placard et que vous retrouvez inexplicablement  glissés sous le canapé ……

     ….. Ou bien qui dérobe régulièrement une chaussette dans le panier à linge sale et vous apercevez du larcin une fois le repassage terminé et qu’il reste une ou deux chaussettes dépareillées au fond de la corbeille.
                   
    Ce petit bonhomme m’a glissé à l’oreille dimanche soir alors que je m’endormais qu’il connaissait très bien le farfadet de la bibliothèque (forcément il se déplace beaucoup pour perpétrer ses mauvais coups …) et que ce n’était sûrement pas un amour complètement désintéressé qui motivait le petit génie : d’après cet esprit malin, le farfadet se pique de littérature à force de côtoyer tous ces livres et qu’il aurait décidé de faire reconnaître ses talents d’auteur en participant au concours de la lettre d’amour pour le printemps des poètes.

    Mais …FLOP … il s’est vu confronté inexorablement à la page blanche ; c’est pourquoi il se démancherait le cou à longueur de journée pour apercevoir le joli minois d’une des beautés affichées sur la vitrine d’en face : comme tout GRAND artiste il a décidé qu’il avait besoin d’une muse pour trouver enfin l’inspiration … mais peut-on se fier aux élucubrations d’un lutin espiègle et ma foi peut-être un peu jaloux ……. ???

     


    Le Farfadet amoureux 

    5 février 2007

    Le Farfadet écrit…

    Le Farfadet se morfond, au milieu de ses cœurs et de ses poèmes qui tous parlent d’amour.
    -  Je sais ! Eureka ! s’écrit-il soudain, je vais lui écrire une lettre d’amour moi aussi !
    Bon. Je commence par : « Chère Obélisque ».
    - Mais non ! s’exclament en chœur les sorcières, l’Obélisque c’est la grande pierre rapportée par Napoléon et qui est au centre de la place de la Concorde à Paris…
    - Ah bon. Alors, « Chère Obélix »
    - Mais non ! Obélix, c’est le gros d’Astérix
    - Ah oui, c’est vrai. J’ai trouvé, je voulais dire : « Chère Odélisque… »
    - Voilà autre chose !
    - Tant pis, je trouvais que ça faisait joli. Bon, alors je ne mets rien. Laissez-moi tranquille. Je vais écrire tout seul, je n’ai pas besoin de furies qui m’empêchent de penser.
    Il pose sa pile de livre, prend un crayon et une feuille qu’il a trouvé sous le bureau et écrit :
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Mais le voilà arrivé au bas de la page. Il la retourne pour écrire de l’autre côté son beau poème d’amour, mais comme il a pris une feuille de brouillon, l’autre côté est une page de statistiques avec des chiffres : nombre d’adhérents… nombre de livres empruntés… nombre, nombre… que de nombres. Hombre ! lui il ne veut pas des nombres ni des ombres, il veut des
    je t’aime. Alors il retourne la page la tête en bas et il recommence :
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime
    Je t’aime…*

    Finalement, ce n’est pas mal du tout. Il est tout content, le Farfadet.
    Mais comment faire parvenir ce beau message à la belle, objet de ses ardeurs ?
    Ma foi, le plus simple est de l’afficher sur la vitre, elle le verra. Espérons qu’elle n’est pas miro. Quelquefois, les jolies filles ne veulent pas porter de lunettes, mais elles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
    Voilà, c’est fait. Allez admirer le résultat à la Bibliothèque, et dites-moi si elle peut l’apercevoir depuis l’autre côté de la rue.
    - Vous me le direz, hein ?

    * extrait de : "Rimes riches à l’infini" de A.B., 1964.


    Et encore le Farfadet ! 

    1 février 2007

    Le farfadet amoureux

    Je crois bien que mon farfadet, vous savez bien, le petit bonhomme avec sa pile de livres, qui campe dans la vitrine, je crois bien qu’il est amoureux.
    Cette nuit, les décorations de noël ont été enlevées et ce matin j’ai retrouvé le farfadet trônant au coeur de poèmes d’amour et d’une pluie de petits cœurs rouges partout autour de lui.
    Il avait l’air bizarre. Il soupirait. Je lui ai demandé si quelque chose n’allait pas, mais il n’a rien voulu me dire. Je lui ai demandé la raison de cette débauche de cœurs rouges et de poésies amoureuses. Il m’a répondu qu’il avait décoré la vitrine pour le « Printemps des Poètes ». Effectivement, cette année le thème est : le poème d’amour.
    Je l’ai remercié pour cette gentille attention et puis j’ai commencé à préparer l’arrivée des classes de la matinée.
     Seulement, j’ai bien vu, il lançait sans arrêt des coups d’oeils vers la vitrine de   « Fanny Esthétic’ », de l’autre côté de la rue. Dans la vitrine de Fanny, il y a des photos de jolies femmes et je pense que mon farfadet a le béguin pour l’un de ces jolis minois ! Laquelle ? Je vais questionner le farfadet tout en douceur, mine de rien …
    Si ça ne marche pas, j’irai demander aux deux sorcières là-haut : la nuit ils doivent bien discuter, tout les trois, et comme l’amour est source de poésie, il va bien en sortir quelque chose…
    Je vous tiendrai au courant.
    Affaire à suivre absolument !


    Une nouvelle histoire d’Isabelle 

    25 janvier 2007

    Surtout n’ouvre pas la porte !

    Anaëlle est malade. Sa maman doit aller à la pharmacie chercher les médicaments. C’est la première fois qu’Anaëlle va rester toute seule à la maison. Sa maman lui fait de nombreuses recommandations, ne pas répondre au téléphone, ne pas se servir de la cuisinière, n’appeler personne par la fenêtre… 
    Et pour être sûre qu’Anaëlle a bien compris, sa maman lui relit « Le loup et les sept chevreaux », « cette triste histoire dans laquelle des chevreaux ouvrent la porte au loup et son font manger par lui ».
    La maman d’Anaëlle part enfin à la pharmacie.
    Anaëlle ne se sent pas si malade, et elle se lève pour jouer. Elle s’amuse à sauter sur les coussins, puis elle « emprunte » la robe noire de sa mère pour jouer à la star ! Soudain, au beau milieu de ses jeux, toc, toc, toc, Anaëlle entend frapper à la porte. Elle n’en croit pas ses oreilles ! Le loup ? Déjà ? !
    Et le  loup va la supplier d’ouvrir la porte « Anaëlle, c’est Maman ! J’ai oublié mes clés, ouvre-moi, s’il te plait ! ».
    Mais Anaëlle, bien mise en garde par sa maman, ne se laisse pas prendre au piège !
    Et elle met un point d’honneur à combattre ce loup qui sait si bien imiter la voix de sa maman. Non seulement Anaëlle n’ouvre pas, mais elle va jusqu’à l’arroser avec son pistolet à eau, à travers le trou de la serrure.

    Jusqu’à ce que Papa arrive et ouvre la porte. Ouf ! Sauvée !
    Seulement, derrière Papa, il y a Maman, les yeux pleins de colère, et toute mouillée, qui s’effondre dans un fauteuil : « Plus jamais je n’oublierai mes clés ! ». Mais rassurez-vous, tout finit bien, un bisou a suffi à tout arranger !

    Moralité : Bien chers enfants, ne prenez pas à la lettre toutes les histoires que vous racontent vos papa, maman, mamie, papy, et … les bibliothécaires !

     Claire Clément (Mes premiers J’Aime Lire)

    Cette histoire a été lue à l’Heure du Conte du 12 janvier.
    Vous pouvez emprunter la revue à la Bibliothèque


    Fontaine nous a écrit : 

    9 janvier 2007

    Puisqu’on parle de pigeons : Lorsque j’habitais en ville, une vieille voisine avait la phobie des pigeons, ayant entendu les media dire qu’ils sont porteurs de maladies dangereuses pour l’homme.
    Alors, chaque soir, elle sortait avec deux couvercles et jouait bruyamment et longuement des cymbales pour déloger les couples installés sous l’auvent de sa toiture.
    Evidemment, dès qu’elle avait tourné les talons, les tourtereaux revenaient au nid.
    C’était le concert du soir.

    Thibaut nous a écrit :

    "Un matin, je crois bien que c’était le matin de Noël, je me suis levé pour faire pipi, j’ai vu par la fenêtre des pigeons plein le ciel. C’était beau comme quand on a lâché les ballons dans le ciel au Téléthon. J’ai fait une photo. "

     


    Ouille ouille ouille ! 

    3 janvier 2007

    Le Père Noël est reparti.

    C’est normal, c’est dommage, mais Noël ne dure pas toute l’année. Il est reparti par la cheminée comme il était venu, mais en faisant bien attention de ne pas se retrouver coincé, cette fois.
    Seulement, il était tellement emberlificoté dans sa houppelande qu’il n’a pas refermé la porte de l’insert.
    Lorsque Isabelle (qui était en vacances) est passée en coup de vent, le matin du 25, pour chercher son écharpe oubliée, elle a été surprise d’entendre derrière les étagères des "rrrrouou rrrouou rrrrouou", et un vol d’ailes dans le fond de la pièce. Intriguée, elle s’est avancée, et une nuée de pigeons affolés s’est éparpillée sous le plafond. Elle aussi était affolée ! Elle avait bien remarqué ces derniers jours la colonie de pigeons bien alignés sur le faîtage, mais les retrouver DANS la bibliothèque !
    Elle glissa sur les fientes, horrifiée cette fois par les dégâts, les livres déchiquetés et souillés, la moquette crasseuse, les étagères recouvertes de platras nauséabonds…
    Elle comprit, lorsqu’elle aperçut la porte de l’insert ouverte, que les pigeons avaient saisi l’occasion pour venir crêcher au chaud.
    Alors, elle se mit à hurler ! Ouvrant grand portes et fenêtres, elle se mit à chasser les volatiles à grands moulinets des bras, à grand renfort de cris et d’insultes (que je ne me permets pas de citer ici, c’est fou tout ce qu’on peut dire quand on est en colère !).

    C’est alors qu’apparurent les deux sorcières, un peu hébétées, échevelées, les yeux encore bouffis de sommeil. Leur réveillon avec le Père Noël s’était continué dans la tradition avec les papillottes qu’Armande destinait aux enfants, et leur sommeil alourdi par un foie fatigué s’était prolongé fort tard. Rigolardes, elles contemplaient la scène, poussant des sifflements qui traumatisaient encore davantage les pauvres volatiles. Quel cirque !

    Le farfadet, tout penaud et apeuré, avait sauté dans la corbeille à papier, sous le bureau, en attendant une accalmie. 

    Heureusement, à cette heure matinale, et comme la boulangerie était fermée, personne ne circulait aux alentours, sinon, quel spectacle ! Les pigeons s’échappaient par les fenêtres en criaillant à pleine gorge, les insultes et les sifflements envahissaient la place de l’Eglise…

    Enfin, peu à peu le calme revint, mais vous imaginez l’ire d’Isabelle contre ces *** de sorcières ! Toujours pouffant, elles convinrent que les dégâts étaient importants, mais pfuuuit ! avec quelques marmonnements cabalistiques, elles en feraient leur affaire. Qu’Isa parte tranquille, la Bibliothèque serait encore plus propre à la prochaine permanence qu’avant Noël.
    Ruminant dans sa barbe, mais contrainte de leur faire confiance  Isabelle repartit, oubliant d’ailleurs son écharpe.


    Alors, dans quel état était la bibliothèque à la permanence du mercredi 27 décembre ? Nous appelons à témoin pour savoir si tout était propre et en ordre.

    Nous n’avons pas revu les deux sorcières depuis. Par contre, le farfadet a gentiment repris sa place dans la vitrine, comme si de rien n’était.
    Au prochain Noël !

     

    Et que cette année vous apporte beaucoup de bonheur, avec ou sans sorcières, avec ou sans pigeons, mais avec les livres pour compagnons.


    25 décembre 

    24 décembre 2006
    Le Père Noël est passé !
    Il a laissé plein de livres à la bibliothèque, mais quelle aventure pour ce pauvre homme !

    Il a voulu passer par la cheminée bien sûr mais il ne savait pas qu’il y a un insert…..
    Arrivé en bas, la vitre de l’insert était fermée et notre
    Père Noël, avec son gros ventre et son gros sac, s’est retrouvé coincé. Il a frappé, il a crié,  bref, il a fait beaucoup de bruit.
    Le farfadet est arrivé tout de suite, mais il est si petit qu’il n’a rien pu faire.
    Les deux sorcières dormaient, là-haut dans la réserve. Elles se sont réveillées et comme toutes leur consoeurs, elles  sont curieuses. Elles sont descendues, toutes excitées. Vous pensez bien que quand elles ont aperçu le Père Noël coincé dans la cheminée, rouspétant le nez et la barbe collés à la vitre, elles ont bien ri !
    Mais le jour de Noël, chacun se doit d’être agréable aux autres et même les sorcières respectent cela. Tout en se gondolant, (mais imaginez la scène, honnêtement je pense que vous aussi vous auriez bien rigolé) elles ont donc ouvert l’insert. Et elles se sont donné du mal, je vous assure, pour essayer de tirer ce pauvre Père Noël de là.

    Mais d’abord, elles ont sorti le sac et ont déballé tous les livres contenus dans les paquets, elles les ont tranquillement feuilletés et ont commenté les histoires. Pendant ce temps le Père Noël, toujours piégé dans la cheminée, suppliait pour qu’elles le délivrent au plus vite. Mais il faut bien dire que l’épisode de la soupe leur était restée sur l’estomac, et elles se sont quand même un peu vengé en le faisant attendre un peu plus qu’il ne l’eût fallu.
    Enfin, ayant fini l’inventaire des cadeaux, elles ont consenti à aider le pauvre homme à sortir de la cheminée. Il a fallu que le farfadet se faufile dans la cheminée et saute sur le ventre rebondi du Père Noël pour réussir à l’extirper. Après bien des efforts, en le tirant par les bras, et un peu par la barbe, enfin le voilà dehors.

    Le farfadet a offert de secouer la houpelande pleine de suie du Père Noël. Notre homme s’est donc retrouvé en chemise et en caleçon (rouge à pois blancs) dans la réserve, où les sorcières ont improvisé avec les restes de boissons et de gâteaux de la remise des prix du concours de marque-pages, une collation bien méritée.
    Tout en festoyant, nos quatre compères et commères ont fait un peu mieux connaissance et les sorcières ont reconnu qu’il valait mieux avoir  raté leur ignoble soupe sinon elles n’auraient pas eu l’occasion de se faire un ami, et quel ami !

    Pour l’année prochaine, je laisserai l’insert ouvert la nuit de Noël. Mais je crois quand même qu’il faudrait que le Père Noël fasse un régime !
    J’y pense : heureusement qu’elle n’était pas allumée la cheminée sinon…

    Vous vous demandez comment je sais tout cela ?
    C’est un petit crapaud  qui dormait dans les massifs, devant la vitrine de la bibliothèque, qui a été réveillé par toute cette agitation, et il a tout vu. Il a sautillé jusque chez moi, pour tout me raconter ! Mais j’ai dû vous traduire l’histoire, car il ne parle que la langue elfique.
    Quel boulot !
    Il m’a même dit que j’aurai un sacré bazar à ramasser dans la réserve, ces chipies de sorcières n’ont rien rangé, bien sûr.

    Allez, je vous laisse, le Père Noël est aussi passé chez moi et il y a plein de paquets sous le sapin.

    Joyeux Noël !

    ___________________________________

    A propos des sorcières… (Foraisine)

    Meilleurs encouragements pour cette animation…mais moi, je sais que les sorcières ne sont pas restées dans leur carton d’emballage, j’en veux pour preuve, elles sont venues chez moi pour nous enjominer tous et depuis ce sont des catastrophes. J’ignore qui les a libérées, mais ce quelqu’un (les pigeons, le farfadet … personne ne se dénoncera bien sûr) aurait pu l’éviter, Halloween était une affaire close quand même !!! Il va falloir les éradiquer à tout prix… D’abord, ce sont des squatteuses qui, sans vergogne, s’installent où elles l’entendent ; ce ne sont quand même pas ces vilaines dames qui font la loi… A bon entendeur, salut !


    Père Noël à la Bibliothèque 

    17 décembre 2006
    Ça y est ! Le Père Noël est arrivé à la Bibliothèque !

    Mais il a eu du mal le pauvre !

     C’est que mes deux sorcières se sont acoquinées avec quelques autres faiseuses de bouillons indigestes.
    Elles avaient imaginé de réaliser une recette de soupe pour devenir jeunes et belles.
    Et l’ingrédient principal de la soupe était devinez quoi ? Ou plutôt 

    qui ?
    Mais si ! elles avaient manigancé de mettre le Père Noël dans la soupe ! (Il en est vert de peur).

    Le Père Noël est un brave type, mais là, il s’est fâché tout ROUGE !
    Mes deux vilaines sorcières n’ont pas pu éviter l’exil dans la réserve des livres, enfermées dans un carton. Et le Père Noël qui voyage beaucoup, a appris, d’un sage magicien, dans un lointain pays, une formule qui neutralise les sorcières. Du coup elles ont perdu tous leurs pouvoirs. Et me voilà tranquille, elles ne pourront plus me menacer d’être transformée en crapaud. Merci Père Noël !
    Quand au farfadet il a trouvé un compromis avec le Père Noël qui l’a enrôlé dans son équipe de lutins. Mais oui, les farfadets et les lutins sont cousins, vous ne le saviez pas ? Le voilà bien occupé et il ne fait plus de bétises à la bibliothèque. Quelle paix !

    Je vais enfin pouvoir travailler tranquille, avec le Père Noël qui me tiendra compagnie jusqu’en janvier. Il est très content d’être à Commequiers dans une vitrine avec de si belles illuminations dans les rues.

    PS : Si vous voulez en savoir plus sur « La soupe de Père Noël », venez emprunter le livre à la bibliothèque. Ce conte et quelques autres a été raconté aux enfants lors de l’Heure du Conte du 1er décembre.


    La Belle et le Crapaud (la suite) 

    16 décembre 2006

    Un invité surprise

    Vous vous souvenez de mes squatters dans la vitrine de la bibliothèque ? Les deux sorcières et le farfadet.
    Eh bien ils sont toujours là, bien sages en apparence. Mais vous n’imaginez pas le bazar qu’ils font la nuit venue. Parfois je cherche  partout mes affaires, ils jouent avec et ne remettent rien en place ! Mais je ne dis rien bien sûr, j’ai bien trop peur d’être changée en crapaud !

    Mais je crois que je vais bien les avoir !

    Le Père Noël veut faire une étape à Commequiers, et il a décidé de séjourner à la bibliothèque.
    Il m’a envoyé une gentille lettre en me demandant si c’était possible. Je lui ai répondu que avec mes locataires ce ne serait pas facile. Il m’a envoyé un courriel ( mais oui, le Père Noël a Internet) pour me dire qu’il trouverait bien un moyen de s’entendre avec les sorcières et le farfadet. Il pense les amadouer avec quelques cadeaux.
    Je ne sais vraiment pas quoi en penser…et si finalement ils arrivaient à transformer le Père Noël en crapaud ? Un crapaud rouge à barbe blanche, vous imaginez ?
    Le Père Noël compte s’installer à la bibliothèque cette semaine. J’ai peur que ça fasse un beau raffut, mais mon nouveau locataire, avec sa sagesse légendaire, saura peut-être remettre la paix dans la vitrine.
    Je vous tiendrai au courant et je vous raconterai l’installation du Père Noël.

     


    Une histoire d’Isabelle 

    11 octobre 2006

    La Belle et le Crapaud

    Vous savez ce que c’est qu’un squatter ?
    C’est quelqu’un qui occupe un logement sans permission du propriétaire.

    Hé bien moi j’ai trois squatters à la Bibliothèque !

    Vendredi matin, j’ai trouvé deux sorcières et un farfadet, occupé à s’installer dans la vitrine.
    Ils ont viré la pile de livre qui s’y trouvait, apporté deux citrouilles qu’ils ont installées ainsi que diverses choses.
    Dès le matin, leur épouvantable raffut m’a donné une migraine d’enfer !
    J’ai bien essayé de protester, mais les deux sorcières ont menacé de me transformer en crapaud. Là je n’ai plus rien dit. J’ai même dû leur donner un coup de main car j’ai eu droit à diverses autres menaces.
    Le farfadet m’a expliqué qu’ils cherchaient un abri pour passer l’hiver au chaud. Ils s’engageaient tous les trois à décorer la vitrine en échange du logement.
     Comme je ne tenais pas à passer le restant de mes jours transformée en crapaud, à sauter dans la boue (je déteste la boue beurk !), j’ai accepté le marché.
     Dominique qui passait par là, pour s’occuper des espaces vert autour de la bibliothèque a été lui aussi, sous la menace d’être changé en batracien, obligé de leur fournir divers feuillages et branchages pour terminer leur nid hivernal.
    Voilà pourquoi, quand vous viendrez à la bibliothèque, prenez garde à ne pas déranger nos trois locataires, sinon….
    Je me demande ce qui se passera, en décembre quand le Père Noël voudra installer son sapin ?
    Je vous tiendrai au courant.

     

     

     

     

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