La plus grande librairie de BD au monde ouvre ses portes
Le festival couronne et lance tout à la fois l’année BD, draine quelque 200 000 visiteurs en quatre jours. Événement culturel aussi pointu que populaire, le 37e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême ouvre ce jeudi.
Entre les difficultés de financement et le spectre de la crise, certains ont craint pour l'édition 2010 du plus prestigieux des festivals consacrés à la bande dessinée en Europe… Mais Angoulême a su survivre aux déboires municipaux, et le marché du "9e art" s’est maintenu en 2009, demeurant le secteur de l’édition qui résiste le mieux à la crise.
Aux commandes de ce 37e Festival international de la bande dessinée (FIBD), le dessinateur Blutch, décoré du Grand Prix en 2009, et le directeur artistique Benoît Mouchart ont concocté un programme éclectique - mangas, dessins d’humour, heroic fantasy, comics américains - et international dont voici les temps forts.
- Les invités Deux monstres sacrés de la BD mondiale seront les invités d’honneur d’Angoulême : le père du Petit Nicolas, Jean-Jacques Sempé - une première - et le pape du cartoon alternatif américain, Robert Crumb, dont "La Genèse" est en sélection officielle. On notera aussi la présence de Joe Sacco, auteur d’un album remarqué sur le massacre de Gaza en 1956, d’Enki Bilal, ou encore celle de l’auteur de mangas Seiichi Hayashi.
- La sélection Le festival décerne cette année sept Fauves (le nom des récompenses d’Angoulême), dont celui de la meilleure BD, qui récompenseront certains des 58 albums sélectionnés en compétition officielle.
L'une des affiches du festival 2010, conçue par le dessinateur Blutch.
- Les rendez-vous Inaugurés en 2005, les concerts de dessins (concert joué devant la projection sur écran géant de vignettes de BD) accueillent cette année divers dessinateurs sur un scénario de Zep, le père du célèbre Titeuf, et une bande-son jouée par l’orchestre d’Areski Belkacem. Les passionnés de BD nippone se retrouveront au Manga Building, les professionnels au marché des droits et du licensing, les amateurs de musée à la toute nouvelle Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, enfin les fans d’Enki Bilal pourront assister au "Cinémonstre", un spectacle expérimental basé sur l’assemblage d’images tirées de ses trois longs métrages.
- Suivre le festival L’application iPhone Angoulême 2010 permet de visionner quelques extraits des albums en compétition officielle et de voter dans la catégorie du "Prix du Public". Une nouveauté, car le logiciel conçu par Ave Comics, le pionnier de la BD numérique en ligne et sur mobile, constitue la première expérience de lecture de BD sur un téléphone mobile.
La 37e édition du FIBD sera aussi à suivre sur Facebook, tandis que de nombreux comptes twitter permettent de se tenir au courant en fonction de ses goûts. Le site du festival propose également une web-télé, et de nombreux blogs de BD donneront en direct l’ambiance du festival (notamment ceux de 20 minutes et Libération).
1913 : Naissance, le 7 novembre, d'Albert Camus à Mondovi, petit village du Constantinois, près de Bône (Algérie). 1914 : Camus ne connaîtra pas son père, ouvrier caviste : Lucien Camus, mobilisé et blessé à la bataille de la Marne en septembre 1914, meurt à l'hôpital militaire de Saint-Brieuc à l'âge de 28 ans : de son père, il ne connaîtra qu'une photographie, et une anecdote significative : son dégoût devant le spectacle d'une exécution capitale. Albert Camus, élevé par sa mère mais surtout par une grand-mère autoritaire, et par un oncle boucher, lecteur de Gide, « apprend la misère » dans le quartier populaire de Belcourt, à Alger où ils ont émigrés : « La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'histoire ; le soleil m'apprit que l'histoire n'est pas tout. » Sa mère, Catherine Sintès, d'origine espagnole, fait des ménages pour nourrir ses deux fils, Lucien et Albert. Camus éprouve pour pour elle une affection sans bornes, mais il n'y aura jamais de véritable communication entre l'enfant et cette mère exténuée par le travail, à demi-sourde et presque analphabète. À sa mère qui parlait peu et difficilement, « qui ne savait même pas lire », le lie « toute sa sensibilité » ; on peut penser qu'une partie de l'œuvre s'est édifiée pour tenter d'équilibrer cette absence et ce silence, ou de leur répondre.
A la Boucherie de l'oncle de Camus en 1920 : Camus est au premier plan, au centre, avec une blouse noire.
1923/1924 : A l'école communale, au CM2, un instituteur, Louis Germain (Le discours de Suède (1957), lors de la remise du prix Nobel de littérature, sera dédié à l'instituteur grâce à qui il put poursuivre des études.), distingue l'enfant, conscient des facultés intellectuelles de l'enfant, il le fait travailler bénévolement après les heures de classe, et convainc sa famille de présenter le jeune écolier au concours des bourses qui allait lui permettre d'aller au lycée. Reçu, Camus entre au lycée Bugeaud d'Alger en 1924.
Les années de formation
Camus est un adolescent heureux de vivre, sensuel, amoureux de la mer et des paysages algériens. Excellent nageur, c'est pourtant le football qui a sa préférence.
1928 : il entre au Racing Universitaire d'Alger 1929 : Camus lit Gide 1930 : Il passe son baccalauréat. Premières atteintes de la tuberculose, maladie qui lui fait brutalement prendre conscience de l'injustice faite à l'homme ( la mort est le plus grand scandale de la création ) et qui aiguise son appétit de vivre dans le seul monde qui nous soit donné : dès sa première manifestation, la maladie lui apprend qu'il est seul, et mortel. 1931 : A la khâgne ( = Classe préparatoire à l'Ecole normale supérieure) d'Alger, il rencontre le professeur et philosophe Jean Grenier qui a une influence déterminante sur sa formation. 1932 : Premiers essais, premiers écrits publiés dans la revue Sud. 1933 : Étude de philosophie à la faculté d'Alger. Milite contre le fascisme. 1934 : Mariage en juin avec Simone Hié. Ils se sépareront deux ans plus tard. Adhésion au parti communiste. 1936 : Camus ayant achevée sa licence de philosophie, il prépare son diplôme d'études supérieures sur « les rapports du néoplatonisme et de la métaphysique chrétienne ». 1937 : Les premières atteintes d'une tuberculose, qui le contraindra à de fréquents repos en cure, lui ferment l'accès à l'agrégation (il est rejeté deux fois à l'examen médical) et du professorat auquel il se destinait. Il doit rompre avec le parti communiste qui le somme de réviser ses convictions, favorables aux revendications musulmanes.
Journalisme et Résistance
1938/1940 : Camus, qui revendique son statut d'intellectuel, mais qui se veut également en prise directe avec le réel, trouve dans le journalisme un autre mode d'action et d'expression qui lui convient ; Camus fonde, avec Pascal Pia qui en est l'instigateur, le journal Alger républicain qui aussitôt tranche avec le silence complice des autres quotidiens. Camus fait scandale par ses prises de position contre l'oppression coloniale, contre une tutelle qui maintient dans la misère et l'asservissement du peuple musulman, il publie, dans les colonnes d'Alger républicain , puis de Soir républicain, organe du Front populaire, plus de cent articles : politique locale ou nationale, chroniques judiciaires et littéraires, reportages, dont l'important « Misère de la Kabylie ». 1940 : Camus quitte l'Algérie pour la France avec sa seconde femme ; mis à part un long séjour l'année suivante, il n'y reviendra plus que de loin en loin, mais les images lumineuses qu'il garde de sa terre natale continueront de vivre en lui, comme le montre L'Été (1954). Là, il est engagé au journal Paris-Soir en tant que secrétaire qu'il suit Clermont-Ferrand après l'armistice, puis à Lyon. 1941 : Entre dans la Résistance à l'intérieur du réseau Combat où il sera chargé de missions de renseignements. Il sera l'âme de ce journal clandestin dont il assume la direction jusqu'en 1947. août 1944 : Camus devient le rédacteur en chef du journal Combat. Les articles très remarqués qu'il publie désormais seront rassemblés sous le titre d'Actuelles (1950 et 1953). 1945 : Camus dénonce la paix revenue, la sauvagerie de la justice sommaire d'après-guerre (à l'encontre des ex-collaborateurs) et les massacres de Sétif. 1947 : Il dénonce les massacres de Madagascar : « nous faisons dans ces cas-là ce que nous avons reproché aux Allemands de faire ». La cessation des activités journalistiques ne marque pas, loin s'en faut, la fin de l'engagement. Camus a toujours fait entendre sa voix et pris position dans l'Histoire, inlassablement lutté pour la justice et la défense de la dignité humaine : 1949 : appel en faveur des communistes grecs condamnés à mort 1952 : démission de l'Unesco, qui admet en son sein l'Espagne franquiste Mai 1955-février 1956 : Camus écrit dans L'express des chroniques où il traite de la crise algérienne ( ces « papiers » seront réunis plus tard et publiés sous le titre d'Actuelles III ). 1956 : Protestation contre la répression soviétique en Hongrie. 22 janvier : Camus lance un appel pour une trêve civile en Algérie. Appel qui ne rencontre aucun écho. De part et d'autre, les positions se durcissent, les actes de terrorisme se multiplient, le conflit se généralise. Camus invite les intellectuels à protester à l'O.N.U.
Un écrivain humaniste
1936/1939 - Fondateur et directeur de troupe (Camus a fondé le Théâtre du Travail en 1936, afin de mettre les œuvres dramatiques classiques et contemporaines à la portée du public défavorisé, qui deviendra le Théâtre de l'Equipe en 1937), acteur, metteur en scène, adaptateur, Camus est un homme de théâtre au sens plein ; son goût passionné du théâtre, dans ce qu'il a de plus concret, rejoint celui de la fête collective, où l'être peut dépasser sa solitude et forme une des constantes de sa vie et de son œuvre, attestée par ses créations originales, et ses magistrales adaptations, comme Le temps du mépris de Malraux, le Prométhée d'Eschyle, Les bas-fonds de Gorki, Le retour de l'enfant prodigue de Gide, Les frères Karamazov de Dostoïevski, mise en scène en 1938, dans l'adaptation de Copeau, etc. Rédaction collective d'une pièce militante, Révolte dans les Asturies. Tournées en Algérie.
Photo typique d'un marché algérien.
1937 : L'apprentissage du réel se fait avec difficulté, comme le prouvent ses tout premiers écrits consacrés au « quartier pauvre » – dont certains ont été publiés de manière posthume – mais aussi avec la « joie profonde » d'écrire. Les récits mi-autobiographiques, mi-symboliques de L'Envers et l'Endroit disent qu'« amour de vivre » et « désespoir de vivre » sont inséparables, que tout notre « royaume est de ce monde », affirment la pleine conscience de la solitude de l'homme, le tragique de son face-à-face avec la nature, et la volonté de « tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort ». Camus livre quelques clés essentielles de son univers. L'Envers et l'Endroit est une série d'essais littéraires variés où apparaissent déjà les grands thèmes de sa maturité : la mort, le soleil, la Méditerranée, l'isolement, le destin de l'homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc. Élaboration de son premier roman, La mort heureuse (1936 - 1939), roman resté inédit jusqu'en 1971, qui en revanche, est un échec, ou une erreur ; en dépit de fragments réussis, dont L'Étranger se souviendra, le roman manque de la nécessité interne que connaîtra toute l'œuvre à venir. Son héros, modèle d'égotisme, figure très nietzschéenne, est bien éloigné de toute préoccupation historique. 1939 : Publication des Noces (essai) : Plus lyriques, les essais de Noces orchestrent ces thèmes qu'ils inscrivent avec bonheur dans les paysages méditerranéens ; ils chantent la « gloire d'aimer sans mesure », la contemplation exaltée du monde, la vérité du soleil, de la mer, de la mort. La présence d'une subjectivité vivante, d'un « je » qui décrit ou médite, évite toute abstraction, et ouvre la voie aux personnages-narrateurs des romans, et au « je » des textes philosophiques. 1940 : Travaille aux « trois Absurdes » : L'étranger ( un roman ), Le mythe de Sisyphe ( un essai ) et Caligula ( une pièce de théâtre ). Le « cycle » est achevé le 21 février 1941. Remariage avec Francine Faure qui lui donnera deux enfants, Catherine et Jean. 1942 : Publication de L'étranger ( 15 juin ) et du Mythe de Sisyphe ( 16 octobre ) qui salue la naissance d'un grand écrivain.
1943 : Rencontre avec Sartre. Camus devient lecteur chez Gallimard. Publication clandestine des premières Lettres à un ami allemand. Première version de La Peste. 1944 : Le Malentendu (théâtre) 1945 : Première représentation de Caligula avec Gérard Philipe. 1946 : Voyage aux Etats-Unis 1947 : Publication de La peste ( 10 juin ), roman qui rencontre immédiatement un grand succès auprès du public et qui reçoit le prix des Critiques. 1948 : Première représentation de L'Etat de Siège
Francine et Albert Camus avec leurs jumeaux :
Hiver 1945-1946
Décembre 1949 : première représentation des Justes au théâtre Hébertot. 1950 : Publications de Actuelles I et de Le Minotaure ou la halte d'Oran. 1951 : Publication de L'homme révolté essai qui suscitera de violentes polémiques et entraînera, en 1952, la rupture de Camus avec la gauche communiste, avec Sartre et sa revue, Les temps modernes. Sartre reprochait à Camus son anticommunisme et sa soumission aux valeurs bourgeoises. 1953 : Camus revient au théâtre, passion qui dominera toutes les dernières années de sa vie . Il traduit et adapte Les esprits (comédie de Pierre de Larivey) , La dévotion à la croix (de Pedro Calderon) qu'il présente au festival d'Angers (juin). En octobre, projetant de mettre en scène Les possédés, il travaille à l'adaptation du grand roman de Dostoïevski. Publication de Actuelles II. 1954 : Printemps : publication de L'été (essai). 4,5,6 octobre : court voyage aux Pays-Bas, unique séjour de Camus dans ce pays qui sert de cadre à La chute. Camus demeura deux jours à Amsterdam ; à la Haye, il visita le célèbre musée Mauritshuis, où il admira plus particulièrement les Rembrandt. Premier novembre : le FLN ( le Front de libération nationale ) algérien passe à l'attaque ( meurtre de civils arabes et français). Début de la guerre d'Algérie qui fut pour Camus « un malheur personnel ». 1955 : Mars : représentation d'Un cas intéressant ( adaptation d'une pièce de Dino Buzzati ) au théâtre La Bruyère. Avril : premier voyage de Camus en Grèce, lumineux berceau de la civilisation méditerranéenne, terre de « la pensée de midi » (conclusion de L'homme révolté ). 1956 : Mai : publication de La chute : roman insolite qui prend la forme d'un monologue dramatique, est directement inspirée par ce climat d'incompréhension et d'accusation. Mais au-delà de l'ironie et des sarcasmes de Jean-Baptiste Clamence, ce « prophète vide pour temps médiocres », cet « homme de notre temps » au « lyrisme cellulaire », qui exerce les étranges fonctions de « juge-pénitent », et, par l'aveu de sa culpabilité, veut entraîner son interlocuteur muet – ou son lecteur – à sa propre confession, Camus exprime une fois encore sa nostalgie de l'innocence et de la communion entre les êtres, dans un monde où chacun rêve de pouvoir, et où « le dialogue » a été « remplacé par le communiqué ». Cet avocat se dit coupable mais amène aussi les autres à reconnaître qu'ils sont coupables. 22 septembre : première représentation triomphale de Requiem pour une nonne, adaptation de l'œuvre de Faulkner.
1957 : L'exil et le royaume. (nouvelles) Réflexions sur la peine capitale ( vibrant plaidoyer contre la violence « légale », contre la peine de mort ) en collaboration avec Arthur Koestler. Représentation du Chevalier d'Olmedo ( adaptation de la pièce de Lope de Vega ) au festival d'Angers ( juin ).
Camus et ses enfants : Catherine et Jean, en juin 1957, au festival d'Angers pour la représentation du Chevalier d'Olmedo.
10 décembre : Camus obtient le prix Nobel de littérature « pour l'ensemble d'une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ».
Décembre 1957, Stockholm : Réception de Camus à la maison des Bonnier (the Bonnier House), « Manilla » , à DjurgÉrden. De gauche à droite : Michel Gallimard, Mme Jytte Bonnier, Camus, l'éditeur danois Otto Lindhardt.
1958 : Dépression. Parution de Discours de Suède et d'Actuelles III. Achète une maison à Lourmarin dans le Lubéron. 1959 : Représentation des Possédés de Dostoïevsky. Camus entreprend de nombreuses démarches pour donner corps à un vieux rêve : fonder sa propre compagnie théâtrale.
4 janvier 1960 : mort d'Albert Camus dans un accident de voiture près de Sens, au lieu-dit « Le Grand Frossard » en Montereau, dans l'automobile de Michel Gallimard, en pleine gloire, alors qu'il travaillait à un autre roman à caractère autobiographique, le Premier Homme (posthume, 1994)
1962 / 1964 : Carnets (posthume). 1971 : La Mort heureuse (première version de L'étranger ; posthume).
La carrière de Camus est donc celle d'un psychologue et d'un moraliste. Dans son exigence de probité, avec une réserve et une sobriété toutes classiques, il accorde la première place aux idées et refuse de sacrifier à la magie du style. Pourtant ce serait une erreur de méconnaître la variété et l'exacte appropriation de son art d'écrivain. Sans doute a-t-il su nous imposer dans L'étranger et La Peste ce style neutre, impersonnel, tout en notations sèches et monotones, qui est devenu inséparable du climat de l'absurde ; mais on découvre aisément dans son œuvre des résurgences de l'aptitude poétique à traduire les sensations dans leur pleine saveur qui triomphait dans Noces (1938), un des premiers essais où avant l'amère découverte de l'absurde, le jeune Camus célébrait avec fougue ses « noces avec le monde ». Et l'on sera sensible à l'ironie et à l'humour qui jettent çà et là de discrètes lueurs, avant de briller de tout leur éclat dans La Chute (1956), œuvre étrange et séduisante dont la verve et le rythme capricieux font songer à la « satire » du Neveu de Rameau.
Le fils d'Albert Camus refuse le transfert de son père au Panthéon
LEMONDE.FR | 21.11.09
Nicolas Sarkozy souhaite transférer les restes d'Albert Camus, décédé il y a cinquante ans, au Panthéon début 2010, mais il se heurte pour l'instant au refus du fils de l'écrivain, Jean Camus. Selon son entourage, Jean Camus estimerait qu'une telle décision serait un "contresens" sur la vie de l'auteur de l'Homme révolté. Il craindrait une "récupération" de son père par le chef de l'Etat, poursuit cette source.
Pour le convaincre d'accepter la "panthéonisation" de son père, l'ancienne journaliste Catherine Pégard, conseillère de Nicolas Sarkozy, a rencontré Jean Camus, jeudi 12 novembre puis vendredi 20 novembre à Paris, au lendemain des révélations du Monde sur l'intention présidentielle, qui a pris de court l'Elysée, poursuit l'entourage de Jean Camus.
Mme Pégard a aussi transmis une invitation du président de la République. "J'ai déjà pris contact avec les membres de sa famille. J'ai besoin de leur accord", avait déclaré M. Sarkozy en marge du conseil européen de Bruxelles. Selon l'Elysée, l'accord de sa sœur jumelle Catherine Camus, qui gère l'héritage de son père, ne pose pas de problème. Jointe par Le Monde, cette dernière a refusé de s'exprimer longuement. "C'est compliqué affectivement", explique-t elle. "Cela met le cœur en paix de cueillir des olives", précise-t-elle ce samedi dans son jardin, refusant de parler de son frère.
L'enjeu est de savoir si Jean Camus, qui vit dans la discrétion et est assisté dans la gestion de son héritage, peut s'opposer à un transfert des restes d'Albert Camus. "Je ne suis pas juriste", répond Catherine Camus. Jean Camus n'a pour l'instant pas pris position publiquement. Samedi, l'Elysée se refusait à tout commentaire et Catherine Pégard n'a pu être jointe.
Nicolas Sarkozy souhaite organiser le transfert de Camus à l'occasion du cinquantenaire de sa mort dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. "Ce serait un symbole extraordinaire à mes yeux (...) un projet qui me tient extraordinairement à cœur", avait commenté le chef de l'Etat à Bruxelles. Jacques Chirac avait fait entrer au Panthéon les restes de l'écrivain gaulliste André Malraux en 1996 et ceux du romancier métis Alexandre Dumas, auteur des Trois Mousquetaires, en 2002.
France Info - 19 novembre 2009 Nicolas Sarkozy envisage de transférer la dépouille de l’écrivain au Panthéon, à l’occasion du 50ème anniversaire de sa mort, le 4 janvier prochain. L’information a été révélée dans l’après-midi par le site lemonde.fr. Nicolas Sarkozy l’a confirmé en marge du sommet européen de Bruxelles : il envisage d’honorer Albert Camus, en transférant sa dépouille au Panthéon, à Paris, où reposent les Français les plus illustres.
"La décision n’est pas encore prise" mais "ce serait un symbole extraordinaire" affirme le chef de l’Etat, qui a déjà pris contact avec les membres de la famille de l’écrivain, qui doivent donner leur accord.
Le Prix Nobel de littérature Albert Camus, photographie de 1959. AFP
Le transfert suggéré par le président Nicolas Sarkozy des restes de l’écrivain français au Panthéon à l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’auteur de La Peste et de L’Etranger soulève la polémique.
L’auteur de L’Homme révolté sous les voûtes de la crypte qui abrite les Zola, Hugo, Voltaire ou encore Malraux… Cette suggestion émane de l’Elysée qui souhaite transférer les restes d’Albert Camus (1913-1960) au Panthéon début 2010 dans le cadre de la commémoration du cinquantième anniversaire de la mort du philosophe et écrivain. « Ce serait un symbole extraordinaire », a lancé Nicolas Sarkozy, jeudi 19 novembre, à Bruxelles. « Un choix particulièrement pertinent », a même précisé le chef de l’Etat avant d’ajouter qu’il avait pris des contacts avec la famille de l’écrivain, décédé dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. Il ne s’agit en effet pour l’heure que d’une suggestion. Sans l’assentiment des deux enfants d’Albert Camus, les restes de l’auteur de La Peste ne quitteront pas le cimetière de Lourmarin, dans le Vaucluse.
Si le temps presse pour éventuellement organiser pareil transfert d’ici janvier prochain, il n’aura pas fallu plus de 24 heures pour que cette annonce suscite une polémique sur la « récupération » par le Président de la République du Prix Nobel de littérature (1957) qui, s’il est aujourd’hui considéré comme un auteur consensuel, fut dans les années 1950 un intellectuel engagé. Ce vendredi, le président du Modem, François Bayrou a reproché au gouvernement de « trop manipuler les symboles » tandis que le Front National, pour sa part, a dénoncé « un choix électoraliste ».
Débat sur l’identité nationale ou pas, élections régionales ou pas… Même le biographe d’Albert Camus, Olivier Todd s’est insurgé contre une telle suggestion qui cache mal, selon lui, une manœuvre pour récupérer les intellectuels français : « Camus n’est ni exemplaire ni édifiant. Il permet de réfléchir. Qu’on le lise au lieu de débiter des généralités sans comprendre son parcours. J’aime sa réponse dans une de ses toutes dernières interviews. On lui demandait : ‘M.Camus, appartenez-vous encore à la gauche ?’, ‘Oui, malgré elle et malgré moi ». D’actualité, non ? », peut-on lire dans le quotidien Le Monde daté de ce samedi. Et Olivier Todd d’ajouter : « Le voir comme une icône désincarnée n’est pas lui rendre hommage. Il faut le garder vivant dans sa complexité et ses contradictions ». Le dernier mot revient désormais aux membres de la famille de l’auteur de L’Etranger.
Ce transfert pourrait se faire à l’occasion du 50e anniversaire du décès d’Albert Camus, qui s’est tué dans un accident d’automobile, le 4 janvier 1960.
Didier GIROUD-PIFFOZ est venu nous parler de son livre "Sœur Yvonne" et le dédicacer.
Une Vendéenne au service des lépreux et des aborigènes de l’Inde. Un jour, alors qu’elle nettoyait les plaies purulentes d’un lépreux, un homme s’approcha de Sœur Yvonne, les yeux frappés d’angoisse et de dégoût :
« Je ne ferais pas cela pour un salaire de cent mille roupies. » Elle lui répondit : « Je ne le ferais pas non plus pour cent mille roupies. Je le fais pour l’amour de Dieu et celui de l’humanité. »
Née, en 1893, Yvonne Boyer, Vendéenne, a passé enfance et adolescence à Saint-André-d’Ornay, près de La-Roche-sur-Yon. Après s’être engagée, en 1914, comme infirmière dans une ambulance de la Croix Rouge, elle entra, dès 1915, dans la société des Filles de Saint-François de Sales, puis, afin de partir s’occuper des plus miséreux, en Inde, devint Sœur Yvonne de l’Enfant Jésus, dans la congrégation des Salésiennes Missionnaires de Marie Immaculée.
Sœur Yvonne restera en Inde jusqu’à sa mort, en décembre 1994, à l’âge de cent un ans, où elle se dévouera, dans des conditions sordides et souvent difficilement imaginables, auprès de lépreux, d’handicapés et de populations aborigènes, tous douloureusement touchés dans leur chair par la maladie, la famine et la misère ; et dans leur intégrité profonde, par l’exclusion familiale et sociale.
Didier Giroud-Piffoz a eu la chance de rencontrer Sœur Yvonne en Inde, chaque année, de 1984 à 1994. C’est un privilège immense que de pouvoir, au cours de sa vie, croiser des personnalités de la trempe et de la grandeur d’âme de Mère Teresa, de Sœur Emmanuelle ou de Sœur Yvonne ; c’est une bénédiction que d’être le témoin bouleversé, fasciné, pendant quelques jours, pendant quelques instants, de vies si admirables, si engagées, si fondamentalement orientées vers l’amour du prochain et de l’humanité. Des vies exemplaires, qui irradient, qui illuminent. C’est alors un devoir que d’offrir en partage cette lumière, et c’est l’objet de ce livre. 130 pages - 15,00 €
L'abîme extrême de l'absence Prix de poésie bourguignon Marie-Noël, et cadre de banque (les deux n'étant pas incompatibles) Didier Giroud-Piffoz s'est échappé en Inde, où, par le biais d'une association Regards et Alliance, il travaille, avec sa femme, à aider des lépreux, des enfants handicapés, et des populations aborigènes depuis plus de vingt ans. Vingt ans où il n'avait plus le temps d'écrire et s'était éloigné de la vie littéraire de notre région. Puis « cette nécessité de revenir à l'écriture », une nécessité impérieuse qui le conduit aujourd'hui - même si son combat en Inde continue - à publier un roman. Un cri bouleversant. Une histoire d'amour totale, éperdue, sans issue. Un couple. Frères et sœurs jumeaux, presque siamois. Des moments de vie, d'amour intenses. Puis survient l'accident. Bête. Celui qui tue sans raison Solène, et dont l'autre ne se remet pas. Le narrateur ne reviendra pas de son voyage de deuil en Inde… un texte qui donne d'ailleurs à l'auteur, Didier Giroud-Piffoz, l'occasion d'échappées sur la vie indienne écrites dans un style particulièrement soigné… si tant est que l'on puisse isoler ces passages de l'ensemble d'un texte assez remarquablement écrit et qui s'adapte, retranscrit, fait entendre la souffrance essoufflée, le sanglot retenu du narrateur.
J. REMY - Le Bien Public du 6 avril 2008
Ceux que l’azur abandonne...
Il y a les livres dont tout le monde parle. Et puis ceux dont la voix trop discrète est menacée d’extinction dans l’instant même où elle naît.
Didier Giroud-Piffoz n’a pas beaucoup publié. Tout juste deux ou trois recueils de poèmes en forme de blasons du cœur et du corps (citons Féminaire au Castor Astral, en 1978). À peine une poignée de textes, parfois en écho au travail de plasticiens de la dimension d’un Marc Pessin, le graveur-éditeur isérois de Saint-Laurent-du-Pont, le temps d’une exposition lyonnaise remontant déjà à plusieurs décennies. Et voici aujourd’hui que Giroud-Piffoz, né en 1948, propose un roman. Pas une saga, non, plutôt un chant d’amour fulgurant. L’histoire brûlante, dérangeante, fascinante de Solène et de son frère jumeau, le narrateur, rivé bientôt à ces « plaies qui n’en finissent pas de dénoncer ces enfances vacillantes ». Une brève trajectoire commune foudroyée par un accident qui coûte la vie à la jeune femme, mais transcendée parla mémoire et les mots qui la sous-tendent. Une belle incantation, qui se souvient peut-être de Tabucchi et plus certainement de Chessex, sur fond de trépidants contrepoints indiens et de ravageuse passion pour la peinture et la photo. Jusqu’au dénouement dont on se contentera de dire qu’il parachève de façon terrible cette « union suprême, rituelle, sacrée ». Écoutons ce petit livre. On y entend parfois un cri ? Ce ne sont pas les mouettes, non, ce sont les oiseaux du malheur et de la déraison, quand l’azur menace de les abandonner. L’ouvrage de Didier Giroud-Piffoz est d’une saisissante brièveté. […]
Didier POBEL - Le Dauphiné Libéré du 4 février 2008
Cette année, la pluie d’étoiles filantes des Perséides connaît son pic d’activité entre les 12 et 13 août.
Les étoiles filantes des Perséides sont rapides, brillantes, et colorées. La pluie d’étoiles filantes des Perséides est une des meilleures de l’année. Véritablement spectaculaire. http://www.cidehom.com/science_at_nasa.php?_a_id=20
Les étoiles filantes des Perséides sont rapides, brillantes, et colorées. La pluie d’étoiles filantes des Perséides est une des meilleures de l’année. Véritablement spectaculaire. http://www.cidehom.com/science_at_nasa.php?_a_id=20
Mort à 89 ans de l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne
Alexandre Soljenitsyne, à son retour en Russie (ici dans un train à Vladivostock), en 1994 (photo Estfiev/AFP).
Le prix Nobel de littérature, Alexandre Soljenitsyne, 89 ans, est décédé "à la suite d’une insuffisance cardiaque aigue" dimanche 3 août à 23h45 heure de Moscou (21h45, heure française).
L’écrivain, très affaibli depuis plusieurs années, n’apparaissait plus que rarement en public. Des images télévisées le montraient alors recevant des hôtes dans sa maison de Troïtse-Lykovo, au nord-ouest de Moscou, en fauteuil roulant.
"A la fin de ma vie, je peux espérer que le matériel historique (…) que j’ai collecté entrera dans les consciences et la mémoire de mes compatriotes", avait-il dit en 2007 alors que le président Vladimir Poutine venait de lui remettre le prestigieux Prix d’Etat russe. "Notre expérience nationale amère aidera, en cas de nouvelles conditions sociales instables, à nous prévenir d’échecs funestes", avait ajouté l’écrivain.
Né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk, dans le Caucase, Soljenitsyne adhère aux idéaux révolutionnaires du régime naissant et fait des études de mathématiques. Artilleur durant la deuxième guerre mondiale, il est arrêté en 1945 et condamné à huit ans de camp pour avoir critiqué les compétences guerrières de Staline dans une lettre à un ami. Expulsé d’URSS en 1974
Libéré en 1953, il publie en 1962 son récit sur un détenu ordinaire du Goulag, Une Journée d’Ivan Denissovitch, avec l’autorisation du nouveau maître de l’URSS, Nikita Khrouchtchev. Il y révèle au monde la réalité du système concentrationnaire soviétique, travail qu’il poursuivra dans L’Archipel du Goulag. Pourtant d’autres livres de Soljenitsyne, Le Pavillon des Cancéreux, puis Le Premier Cercle ne sortent qu’en "samizdat", les éditions clandestines, et à l’étranger, où ils connaissent un grand succès.
Prix Nobel de littérature en 1970, il a été privé de sa citoyenneté soviétique en 1974 et expulsé d’URSS. Il a alors vécu en Allemagne, en Suisse puis aux Etats-Unis, avant de revenir en Russie en 1994 après la chute de l’URSS.
Depuis son retour sur sa terre natale, il s’était montré critique envers l’Occident et aussi envers l’évolution de la Russie post-soviétique, appelant à un retour aux valeurs morales traditionnelles.
En 2006, Alexandre Soljenitsyne avait accusé l’OTAN de préparer "l’encerclement total de la Russie et la perte de sa souveraineté", en "renforçant méthodiquement et avec persistance sa machine militaire dans l’est de l’Europe". Soljenitsyne appréciait Poutine
Il appréciait néanmoins le rôle de Vladimir Poutine, président (2000-2008) reconverti premier ministre et partisan du retour d’une Russie forte et fière d’elle-même, malgré son passé d’officier du KGB.
"Poutine a reçu en héritage un pays pillé et à genoux, avec une majorité de la population démoralisée et tombée dans la misère. Et il a commencé sa reconstruction (…) petit à petit, lentement. Ces efforts n’ont pas été remarqués et appréciés tout de suite", déclarait-il en avril dernier dans un album dédié au président.
Le président russe, Dmitri Medvedev, a exprimé ses condoléances à la famille de l’écrivain.
Vladimir Poutine, qui lui avait rendu visite le 12 juin 2007, avait alors loué celui qui a "dédié sa vie à la patrie". "Des millions de gens dans le monde lient le nom et les oeuvres d’Alexandre Issaevitch Soljenitsyne au sort de la Russie elle-même", avait-il dit. "Comme il l’a dit lui-même : ‘La Russie, c’est nous-mêmes. Nous sommes sa chair et son sang, son peuple’", avait ajouté l’ancien président.
… Ami de Philippe de Villiers, président du conseil général de la Vendée, celui-ci a baptisé un collège d’Aizenay Collège Alexandre Soljenitsyne, inauguré par le fils de l’écrivain. (Nous le retrouvons aussi à l’Historial de Vendée, ou sur la dune de St Gilles Croix de Vie… -ndlr).
Longtemps symbole de la résistance intellectuelle à l’oppression soviétique, Alexandre Soljenitsyne est régulièrement attaqué. Les opérations de déstabilisation à son encontre n’ont pratiquement jamais cessé depuis les années 1960… En fait, ses opinions politiques, forgées tout au long de sa vie par un destin hors du commun, sont trop complexes pour être ainsi étiquetées. Il ne croit pas que le pays puisse passer, du jour au lendemain, d’un régime totalitaire à une régime de type démocratie occidentale… Il est un fervent patriote, mais pas un nationaliste : il s’est par exemple toujours opposé à la guerre en Tchétchénie. Il a eu un commentaire favorable au président Poutine lors de son arrivée au pouvoir, espérant de lui des changements significatifs, puis a pris ses distances rapidement…
Selon Moshe Lewin, qui relaie ces critiques, « aussi longtemps qu’il [Alexandre Soljenitsyne] a mené sa bataille de l’intérieur, les observateurs étrangers ont supposé qu’il luttait pour une démocratisation du système […]. Mais, une fois Soljenitsyne exilé en Occident, ils ont vite compris que l’anticommunisme n’était pas automatiquement porteur de démocratie. Le combat de Soljenitsyne était en fait au service d’une idéologie profondément antidémocratique, qui mêlait des éléments de « national-étatisme » à des traits archaïques de la religion orthodoxe, mais au concept même de Démocratie. Bref il y avait chez Soljenitsyne un attachement profond à un autoritarisme de son cru, qui, s’il n’était pas formulé lors de ses premières apparitions sur la scène publique, s’est développé au cours de son combat »[Moshe Lewin, Le siècle soviétique, p.249-250, ed. Fayard].
Oeuvres La datation des œuvres d’Alexandre Soljenitsyne est difficile à établir avec précision, car la plupart d’entre elles ont connu une gestation très longue et plusieurs versions (y compris parfois une réécriture quasi complète). En ce sens, l’exergue placé au début du Premier Cercle est significatif : Écrit de 1955 à 1958. Défiguré en 1964. Réécrit en 1968.
Une journée d’Ivan Denissovitch (1962) Le Pavillon des cancéreux (1968) Les Droits de l’écrivain (1969) Le Premier cercle (commencé en 1955, version finale en 1968) ISBN 2-213-01157-5 Août 14, premier nœud (série de livres (nœuds) en plusieurs volumes (tomes) réédités en 1983 sous le titre commun La Roue rouge) (1972) L’Archipel du Goulag (tomes I et II) (1974) Le chêne et le veau (1975) Discours américains (1975) Des voix sous les décombres (1975) Lénine à Zurich (1975) L’Archipel du Goulag (tome III) (1976) Flamme au vent (1977) Le Déclin du courage (1978) Message d’exil (1979) L’erreur de l’Occident (1980) Les tanks connaissent la vérité (1982) Les Pluralistes (1983) La Roue rouge, tome 2 : Deuxième nœud - Novembre 16 (1985) Comment réaménager notre Russie ? (1990) Les Invisibles (1992) La Roue rouge, tome 3 : Troisième nœud - Mars 17 (4 tomes) (1993-1998) Le « Problème russe » à la fin du XXe siècle (1994) Ego (1995) Nos jeunes (1997) Le Grain tombé entre les meules (1998), éd. Fayard, 500 pages. La Russie sous l’avalanche (1998) Deux récits de guerre (2000) Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome 1 : Juifs et Russes avant la révolution (2002) Deux siècles ensemble, 1917-1972, tome 2 : Juifs et Russes pendant la période soviétique (2003) Esquisses d’exil – Le grain tombé entre les meules, tome 2, 1979-1994, traduit du russe par Françoise Lesourd, (2005) Aime la révolution ; Les yeux dessillés, (2007) Réflexions sur la révolution de février, (2007) Une minute par jour, (2007) La Roue rouge : Quatrième nœud : Avril 17 (à paraître)
Alexandre Soljenitsyne a également écrit au cours des années 60 des nouvelles publiées dans la revue Novi Mir. Certaines ont été publiées en France dans les recueils : La Maison de Matriona (1963) qui contient aussi L’Inconnu de Krétchétovka et Pour le bien et la cause Zacharie l’escarcelle (1971)
Il vaut mieux gâcher sa jeunesse que de n’en rien faire du tout. Courteline
– Fermez la porte, il fait froid dehors. – Si je ferme la porte, il ne fera pas moins froid dehors ! Pierre Dac
De ces livres qu’on ne lit que d’une main. Jean-Jacques Rousseau
De ces femmes qu’on n’écoute que d’un œil. Gilbert Cesbron
On compare souvent le mariage à une loterie. C’est une erreur, car, à la loterie, on peut parfois gagner. Maurice
On ne meurt qu’une fois, et c’est pour si longtemps ! Molière
Tout savoir
LA THÉORIE DES NOMBRES Vous voulez vous amuser avec les carrés magiques les nombres premiers les nombres palindromes les nombres de Fermat, Mersenne… le nombre de la bête : 666 le millenium, c’est quoi ? etc. Allez sur le site http://perso.wanadoo.fr/yoda.guillaume/index.htm
Le Boustrophédon
Dans son sens littéral, le boustrophédon est une écriture archaïque (grecque) qu’on lisait successivement de gauche à droite et de droite à gauche. Il en a résulté un jeu très simple qui consiste à lire les mots non pas de gauche à droite comme on en a l’habitude en français, mais à droite à gauche.
Les "termes" ainsi créés qui s’en suivent présentent alors parfois un aspect assez comique ou deviennent d’autres mots.
L’Acrostiche
Un acrostiche est un poème composé de telle façon que l’on peut lire le thème, parfois le nom de l’auteur, dans un mot formé à la verticale par les lettres initiales de chaque vers.
Ce jeu est une des activités de la rubrique Textes à contraintes. -Participer à ce jeu -
L’Anagramme
L’anagramme est un jeu qui consiste à modifier l’ordre des lettres d’un mot, pour en changer le sens.
Ce jeu est une des activités de la rubrique Textes à contraintes.-Participer à ce jeu-
Le Palindrome
Le palindrome est un groupe de mots qui peut être lu indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche en gardant le même sens. On peut également faire remarquer que dans un palindrome on ne tient compte ni des accents, ni de la ponctuation, ni même des découpages en syllabes.
Ce jeu est une des activités de la rubrique Textes à contraintes. -Participer à ce jeu -
Même si ce jeu va faire l’objet d’une section sur la page d’accueil de Mots de tête, on peut citer en exemple ces quelques palindromes:
Le Lipogramme
Le lipogramme est un jeu littéraire qui consiste à rédiger un texte en s’interdisant l’utilisation d’une ou de plusieurs lettres de l’alphabet.
Ce jeu est une des activités de la rubrique Textes à contraintes.-Participer à ce jeu-
Le Calligramme
Le calligramme est un exercice littéraire consistant à dessiner approximativement le thème évoqué, par la disposition typographique.
Exemple:
(Calligramme de Guillaume APOLLINAIRE, La colombe poignardée et le jet d’eau)
L’auteur de ‘La Déchirure’ ou de ’Antigone’ crée l’événement de cette rentrée 2008. A quatre-vingt-quinze ans, Henry Bauchau signe ‘Le Boulevard périphérique’, une réflexion sur la mort et l’espoir qui le propulse sur le devant de la scène littéraire. Un honneur tardif mais sans complaisance, amplement mérité, à la force du talent. Lire la suite ici sur Evene
« L’écriture est venue par une force intérieure. C’était m’exprimer ou crever » Henry Bauchau
Le Prix du Livre Inter…m’INTERpelle! 02 jun 2008 Par Fred Oberson Alberto Mangel
Comment ne pas se réjouir de l’attribution du Prix Inter à Henry Bauchau, pour son livre : « Le Boulevard périphérique » chez Acte Sud. C’est une récompense méritée pour l’œuvre de cet auteur prolifique d’origine belge, âgé de 95 ans. La trame de ses romans est toute entière orientée sur le mal être qui le taraude depuis l’enfance. Ecrire est pour lui une nécessité vitale. Comme l’oxygène… qui lui a permis de vivre, d’atteindre son grand âge et de conserver toute sa lucidité sur les événements de la vie et de la sienne en particulier.
Lors de la sélection des 24 jurés, j’avais protesté par courriel auprès de Vincent Josse et son émission : « L’Esprit critique » contre le fait qu’aucun membre n’ait été choisi en Belgique et en Suisse francophones. A priori, ces gens-là…ne lisent pas la littérature parisienne ! Pas plus que les millions de Canadiens et d’Africains de langue française. Choix donc éminemment franchouillard fait par cette radio du Service public qui devrait modifier sa raison sociale en « France Intérieure ».
Remercions donc les jurés français d’avoir rectifié le tir en choisissant un auteur belge. Encore que ce verdict m’interpelle. Ne serait-il pas entaché d’un voile de copinage et d’intérêts ? Comme le Goncourt que l’on surnommait avec malveillance : galligraseuil…
Voici les faits : Après cinq heures de délibération les jurés ont attribué 12 voix au livre de Sorg Chalandon, « Mon traitre » (Grasset) et 12 voix à celui de Bauchau chez Acte Sud.
La voix du président, Alberto Mangel, comptant double, il a départagé le jury en l’attribuant en son âme et conscience à Bauchau. Le juré-président est l’auteur de « Une Histoire de la lecture » prix Medicis de l’essai en 1998, publié chez Acte Sud ! Mais je suis mal intentionné de vous dire que Mangel a dirigé la collection « Le Cabinet de lecture » chez Acte Sud et que, pure coïncidence, tous ces livres sont édités par la célèbre maison d’Arles !
Le livre Paris, 1980. Alors qu’il " accompagne " sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur se souvient de Stéphane, son ami de jeunesse. Au début de la guerre, cet homme l’a initié à l’escalade et au dépassement de la peur, avant d’entrer dans la Résistance puis, capturé par un officier nazi - le colonel Shadow -, de mourir dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Mais Shadow, à la fin de la guerre, s’est fait connaître du narrateur. Son intangible présence demeure en lui, elle laisse affleurer les instants ultimes, la mort courageuse - héroïque, peut-être - de Stéphane.
Et la réalité contemporaine (l’hôpital, les soignés et les soignants, les visites, l’anxiété des proches, les minuscules désastres de la vie ordinaire, tout ce que représentent les quotidiens trajets sur le boulevard périphérique) reçoit de ce passé un écho d’incertitude et pourtant d’espérance… L’ombre portée de la mort en soi, telle est sans doute l’énigme dont Henry Bauchau interroge les manifestations conscientes et inconscientes, dans ce captivant roman qui semble défier les lois de la pesanteur littéraire et affirmer, jusqu’à sa plus ultime mise à nu, l’amour de la vie mystérieusement éveillée à sa condition mortelle.
Biographie de l’auteur Né en 1913, en Belgique, Henry Bauchau est poète, dramaturge, romancier et psychanalyste. Son œuvre, essentiellement publiée par Actes Sud, est aujourd’hui traduite dans toute l’Europe, aux Etats-Unis, en Chine et au Japon.
Les 24 auditeurs (12 femmes et 12 hommes) qui composeront le jury du 34e Livre Inter viennent d’être désignés.
Le jury aura à choisir parmi dix romans sélectionnés par un premier jury de professionnels : Henry Bauchau, Le boulevard périphérique (Actes Sud) Sorj Chalandon, Mon traitre (Grasset) Vincent Delecroix, La chaussure sur le toit (Gallimard) Annie Ernaux, Les années (Gallimard) Nicolas Fargues, Beau rôle (POL) Eric Laurrent, Renaissance italienne (Minuit) Linda Lê, In memoriam (Christian Bourgois) Michèle Lesbre, Le canapé rouge (Sabine Wespieser) Eric Reinhardt, Cendrillon (Stock) Olivia Rosenthal, On n’est pas là pour disparaître (Verticales)
Le prix du livre Inter 2008 est présidé par Alberto Manguel.
Le 25 mai, c’est la fête des mères : une journée pour mettre ta Maman à l’honneur et la remercier d’être là, tout simplement. On te propose de supers idées cadeaux, des comptines et des poèmes pour fêter Maman comme il se doit. Bonne fête à toutes les mamans.
Qui dit Mickey, dit Donald. Si devant les caméras, les deux héros de dessin animé les plus populaires du XXe siècle affichent une complicité de façade, en coulisse, ils se livrent une concurrence sans merci. Le moment est venu de les départager.
S’il est une bataille que Donald ne gagnera jamais, c’est celle du temps. Le plus célèbre des canards est né le 9 juin 1934, date à laquelle on le découvre pour la première fois sur écran dans le dessin animé ‘Une petite poule avisée’, où il tient un second rôle. Mickey, lui, monopolisait le haut de l’affiche dès son premier cartoon, ‘Steamboat Willie’, sorti six ans plus tôt, le 18 novembre 1928. Et lorsque Donald pousse ses premiers "Kkkrrrooaaak", Mickey est déjà une star. Une première place que la souris a toujours conservée : c’est sa silhouette qui permet d’identifier l’univers Disney, l’âge d’or du dessin animé, les héros pour enfants et même la culture américaine. Au point de le desservir…
Mickey, une espèce trop protégée
Lorsque Marcel Duchamp s’est attaqué à ‘La Joconde’ pour réaliser son ‘L.H.O.O.Q.’, ses détracteurs n’ont pas compris que, loin de ternir la valeur artistique du tableau de Léonard de Vinci, sa parodie lui redonnait au contraire un peu d’actualité en en offrant une vision neuve et provocatrice. La Walt Disney Company ne l’a pas compris non plus et se montre particulièrement protectionniste avec Mickey. La moindre utilisation non autorisée du personnage et la firme lance son armée d’avocats aux trousses du fautif. L’exemple le plus célèbre reste le procès qui l’a opposée entre 1971 et 1979 au collectif de BD underground Air Pirates et à son chef de file Dan O’Neill, qui avait eu l’audace de représenter Mickey et Minnie en train de faire l’amour. En 1998, Disney a même obtenu du Congrès américain que les droits d’auteurs soient prolongés de 75 à 95 ans pour que la célèbre souris ne tombe pas dans le domaine public, comme cela aurait dû être le cas en 2003, et continuer à en exploiter les ressources commerciales. Cette loi, surnommée le "Mickey Mouse Protection Act", a définitivement enterré Mickey en tant que personnage. Il n’est plus qu’un emblème, une marque déposée. Et cela se ressent dans ses aventures.
Tous les lecteurs de Mickey Parade vous le diront : les meilleures histoires sont celles de Donald. Le vilain petit canard offre une plus grande liberté aux scénaristes, qui lui font parcourir le monde et l’entourent de seconds rôles fouillés (Picsou, les neveux). A l’inverse, Mickey n’est plus qu’une coquille vide, devenue inexploitable. Il reste cloîtré à Mickeyville où il mène une vie pépère, tout juste importuné par quelques bandits qu’il arrêtera de toute façon si facilement qu’on n’a même plus envie de savoir comment. On ne connaît presque rien de son entourage, sa présence ne sert que de caution. Réduit à un logo (celui de Disney Channel et de tous les produits dérivés qu’on vend en son nom), Mickey Mouse fait même partie désormais des symboles de la mondialisation, au même titre que McDo. En 2007, une chaîne de télé contrôlée par le Hamas a créé son propre Mickey, "Farfour", qui tenait à l’antenne un discours belliqueux. Dans le dernier épisode, Farfour est tué par un Israélien en voulant récupérer sa terre, pendant que les noms de martyres palestiniens défilent à l’écran…Une telle mésaventure ne pourrait pas arriver à Donald. D’abord parce que sa place de second ne lui donne pas le même poids institutionnel, mais aussi parce que ses auteurs successifs ont su en faire autre chose qu’une figure manichéenne.
Donald, l’anarchiste couronné
Dans ‘Steamboat Willie’, Mickey torturait un chat (plus petit que lui, d’ailleurs) pour jouer de la musique puis noyait un perroquet. Depuis, on l’a vu défendre des animaux sous la bannière de la WWF. Tellement plus lisse et surtout tellement moins drôle… Dès les années 1930, l’influence du personnage est devenue si grande que Walt Disney a dû gommer les aspérités de son caractère pour donner vie au Mickey Mouse que nous connaissons aujourd’hui : une sorte de premier de la classe moraliste passé du côté des adultes, le type à qui tout réussit au point d’en être détestable. En 1969, le scénariste italien Guido Martina a créé Fantomiald, l’identité secrète de Donald lorsque celui-ci revêt sa combinaison de super-héros. Mickey n’a pas besoin de se travestir de la sorte : il est déjà un super-héros ! Il prend son rôle de redresseur de torts tellement au sérieux qu’il apparaît dans ses aventures en BD sous le costume d’un détective au service du commissaire Finot. Mickey est flic. Il représente l’ordre et la réussite, fait du sport, se brosse les dents matin, midi et soir, vote républicain, joue au golf, porte des chemisettes Façonnable et noue les manches de son pull-over autour du cou quand il ne le porte pas. Comment ne pas éprouver plus de sympathie pour un canard qui se balade constamment à moitié à poil ?
Le fait qu’il existe déjà un contrepoids moral en la personne de Mickey a permis aux créateurs de Donald de lui laisser tous ses mauvais penchants. Dès sa première apparition dans ‘Une petite poule avisée’, cet incorrigible fainéant - qui ressemble alors à une oie atteinte d’obésité - faisait mine d’être malade pour échapper aux corvées agricoles et rester faire la fête avec son copain le cochon. Donald est l’un des premiers héros de dessin animé à montrer ses faiblesses. Alors que Mickey et Minnie forment un couple parfait, lui doit se battre contre Gontran Bonheur pour conserver l’amour de Daisy. Alors que Mickey s’entoure de faire-valoir - Dingo n’est plus qu’un sombre crétin à ses côtés -, Donald doit sans cesse compter sur l’aide de ses neveux Riri, Fifi et Loulou. Et lorsque Mickey se lance à corps perdu dans son combat contre la délinquance, Donald rechigne toujours à suivre l’oncle Picsou dans une de ses expéditions au bout du monde, préférant la douceur de son hamac à l’inconfort du statut de héros. Il arrive même que ses aventures finissent mal (Daisy part avec Gontran, Picsou ne le paie pas…), une hypothèse inimaginable dans une histoire de Mickey ! Lâche, colérique et gaffeur, Donald n’en est pas moins attachant. Parce qu’il est humain. Une particularité qui lui donne une dimension adulte, alors que Mickey reste désespérément un héros puéril.
Le triomphe des antihéros
On pourrait disserter sur l’influence qu’ont eue les deux géants du dessin animé au regard du nombre de souris et de canards qui leur ont succédé : Jerry, Bernard et Bianca, Fievel ou Stuart Little d’un côté, l’inspecteur Canardo et Daffy Duck, un cousin très proche de Donald, de l’autre. Match nul. Là où la postérité a accordé une plus grande place à Donald, c’est dans l’avènement des antihéros. Les dessins animés classiques reposent sur une lutte entre gentils et méchants pour mieux condamner la sournoiserie de ces derniers : c’est le cas de ‘Titi et Grosminet’ ou de ‘Tom & Jerry’, qui placent le spectateur du côté de la victime, du petit, face à un bourreau maladroit et ridicule. Dans les cartoons de Donald contre Tic et Tac, la star, c’est celui qui fait les mauvais coups, qui sort une arme à feu pour tirer sur les deux écureuils et part dans des colères dévastatrices ; une inversion de rôles qu’on retrouve dans presque toutes les séries actuelles.
S’il reste des premiers de la classe, à l’image de la tortue Franklin, les enfants préfèrent aujourd’hui des personnages moins policés, excessifs, voire ambigus (Bob l’éponge), à la fois plus adultes, c’est-à-dire moins niais, mais capables comme eux de faire des bêtises. Titeuf ou le Petit Spirou ne sont sûrement pas des exemples de bonne conduite. Cette "donaldisation" des caractères a même fini par toucher… l’univers Disney lui-même ! Face à la concurrence de Shrek, l’ogre bourru de DreamWorks, les studios Disney ont peu à peu laissé tomber les archétypes de princes et de princesses pour donner vie à des héros moins propres sur eux : Chicken Little le poulet raté, Kuzco l’empereur mégalo (pour une fois que la monarchie n’est pas présentée sous un jour glorieux) ou ‘Il était une fois’, tentative d’autodérision un peu ratée, mais tentative quand même. A quand un ‘Mickey deale du crack’ ?
De l’Antiquité à nos jours, l‘esclavage, une réalité qui dure
L’esclavage a été pratiqué dans toutes les sociétés sédentaires. Dans l’Antiquité, c’était le sort qui attendait ordinairement les prisonniers de guerre.
Le mot esclave vient du mot Slave parce qu’au début du Moyen Âge, les Vénitiens vendaient en grand nombre des Slaves païens aux Arabes musulmans, lesquels faisaient une grande consommation d’esclaves blancs tout autant que de noirs.
Au XVIe siècle, la colonisation du Nouveau Monde a suscité de nouveaux besoins de main-d’oeuvre. Les Européens ont alors fait venir des esclaves d’Afrique, où ils n’avaient guère de peine à trouver des vendeurs (marchands arabes ou roitelets noirs).
Aux Temps modernes (XVIIe et XVIIIe siècles), l’esclavage et la traite ont suscité en Occident le développement du racisme et du mythe de la supériorité de la race blanche. Les gouvernements ont choisi d’encadrer l’esclavage pour en limiter les abus, faute de pouvoir l’interdire. C’est ainsi que Colbert et son fils, ministres de Louis XIV, édictèrent le Code Noir en 1685.
Le mouvement abolitionniste
L’esclavage a été progressivement aboli à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle dans les États américains et les colonies européennes grâce à l’action des sociétés philanthropiques d’inspiration chrétienne et des élites des Lumières.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’influence des idées démocratiques a conduit à son abolition dans l’ensemble des États de la planète. Les derniers pays à l’abolir officiellement ont été deux pays arabo-musulmans : l’Arabie séoudite en 1962 et la Mauritanie en… 1980.
Il n’empêche que l’on assiste en ce début du XXIe siècle à un retour de l’esclavage dans de vastes parties de la planète, en particulier en Afrique noire depuis la vague de décolonisation des années 1960, mais aussi dans certains pays arabo-musulmans, dans le sous-continent indien, dans certaines régions chinoises et même en Europe.
Maintien de l’esclavage au sud du Sahara
En Afrique, dans toute la frange sahélienne au sud du Sahara (Mauritanie, Mali, Niger, Nigeria, Tchad, Soudan), de sanglantes tensions perdurent entre les descendants d’esclaves et leurs anciens propriétaires, généralement des nomades musulmans à peau claire.
Dans les années 1990, les commerçants mauritaniens du Sénégal ont été ainsi victimes de violences meurtrières de la part d’émeutiers noirs qui les ressentaient comme liés aux anciens trafiquants d’esclaves.
Chez les bédouins qui nomadisent dans la région du Niger, l’esclavage concerne encore plusieurs millions de personnes, des Noirs au service de leur maître jour et nuit, toute leur vie durant, et qui se font tuer sans autre forme de procès s’ils tentent de s’enfuir.
Plus gravement, au Soudan, dans le bassin supérieur du Nil, le trafic d’esclaves a repris entre les régions du sud, peuplées de noirs animistes ou chrétiens, et les régions du nord, dominées par des Arabes musulmans.
L’esclavage a aussi laissé des traces dans les mentalités. C’est ainsi qu’en Afrique du Nord, en Libye comme en Algérie, les immigrés d’Afrique noire se plaignent d’être traités avec mépris, honteusement exploités et souvent violentés.
Regain de l’esclavage en Afrique centrale
Au coeur du continent africain, la reprise de trafics humains à grande échelle est favorisée par l’effondrement des États et des administrations hérités de la colonisation européenne ainsi que le montre Sylvie Brunel (*).
En 2001, la presse a révélé au grand jour la résurgence du travail servile sur le continent noir et fait état de bateaux chargés d’enfants dans le golfe de Guinée. En Côte d’Ivoire, au Gabon ou encore au Ghana, de petits planteurs et des artisans profitent ainsi de l’extrême misère de certaines contrées pour acheter des enfants à vil prix à leurs parents.
Du Libéria à l’Angola, de « Grandes compagnies » de brigands et d’enfants soldats mettent villes et campagnes à feu et à sang, parfois avec la complicité de trafiquants d’armes liés à la classe politique européenne, parfois aussi avec la bénédiction et les royalties de compagnies pétrolières occidentales soucieuses d’assurer la protection de leurs zones de forage et de leurs oléoducs.
Les compagnies pétrolières occidentales, comme autrefois les planteurs de sucre, favorisent la course à l’argent facile, les guerres de clans et par voie de conséquence les trafics humains en tous genres. La compagnie Total (France) et la compagnie Talisman (Canada) versent à elles seules un milliard de dollars par an au gouvernement de Khartoum pour exploiter les gisements pétroliers du sud et de l’ouest (Darfour). Ces versements sont entièrement consacrés par le gouvernement soudanais à l’achat d’armement en vue de la guerre menée contre les Noirs animistes ou chrétiens du sud ainsi que les Noirs musulmans du Darfour.
L’Europe découvre à son tour l’esclavage
En Europe même, l’esclavage réapparaît dans l’immigration africaine, dans les ambassades moyen-orientales, dans des ateliers clandestins asiatiques et jusque dans certaines franges de la bourgeoisie française. Dans tous ces milieux, on exploite des immigrants clandestins rendus dociles par la privation de passeport et la menace de la prison.
Aux Antilles et en Guyane, dans les départements français d’outre-mer, les pouvoirs publics et les élus tolèrent l’emploi d’immigrés haïtiens comme ouvriers agricoles ou domestiques, dans des conditions très proches du travail forcé et de l’esclavage…
L’aggravation des conditions sociales, la précarisation de l’emploi des salariés et le recul de l’État de droit rendent plus difficile la traque de ces pratiques que l’Europe avait le privilège d’ignorer depuis plusieurs siècles. Le combat contre l’esclavage n’est en rien achevé et il serait pour le moins malheureux d’en parler comme d’une affaire du passé.
Pour certains, il s’agit d’une journée de rassemblement pour revendiquer des droits fondamentaux. Pour d’autres, c’est un moment de repos bien mérité. Quoi qu’il en soit, le 1er mai se déroule aujourd’hui dans la joie et la bonne humeur. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Retour en arrière Pour certains, il s’agit d’une journée de rassemblement pour revendiquer des droits fondamentaux. Pour d’autres, c’est un moment de repos bien mérité. Quoi qu’il en soit, le 1er mai se déroule aujourd’hui dans la joie et la bonne humeur. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Retour en arrière.
LES ORIGINES DU 1er MAI
L’origine de la fête du Premier mai se situe dans le grand mouvement de la classe ouvrière des années 1870-1880 pour la réduction de la journée de travail.
Alors que le mouvement syndical se développait avec grandes difficultés au Canada et aux États-Unis, l’une des principales revendications ouvrière concernait la réduction des heures de travail. Dans ce temps là, les travailleurs devaient souvent se tuer à l’ouvrage pendant 12, 14 et même 16 heures par jour. La bourgeoisie, avec l’aide de ses politiciens et de ses curés, justifiait cette situation en disant qu’ "il était mieux de travailler que de rester oisifs .."
À partir de 1872 au Canada, la loi reconnaît l’existence des syndicats. Les travailleurs commencent à s’organiser et à revendiquer leur droits avec beaucoup plus de force qu’auparavant. Les travailleurs forment aussi des ligues et des comités spéciaux pour revendiquer la journée de 8 heures. En 1873, on fonde, à Montréal, la Ligue ouvrière qui organise des manifestations et des pétitions pour réclamer la journée de 8 heures.
Dans les années 1880, la lutte s’amplifie. Les travailleurs ont mieux organisés aussi. Un nouveau mouvement, les Chevaliers du travail, voit le jour aux États-Unis. Les "Chevaliers" s’étendent bientôt au Canada et plus particulièrement au Québec, où ils mettent sur pied une première section, en 1882, à Montréal. Ils atteindrons leur sommet en 1886, avec plus de 700,000 membres en Amérique du Nord, et cela, malgré l’opposition farouche du patronat, des pouvoirs politiques et de l’Église catholique.
LA GRÈVE DE 1886
En 1886, des militants des "Chevaliers du travail" décidèrent de porter un grand coup pour gagner la revendication de la journée de travail de 8 heures. On décide alors de préparer une grève général au Canada et aux États-Unis, le premier mai, pour montrer à la bourgeoisie, la force et la solidarité de la classe ouvrière. Cette initiative des militants des Chevaliers du travail répondait d’ailleurs aux efforts entrepris dans ce sens par les organisations ouvrières dans le monde, particulièrement la Première Internationale de Marx et Engels qui proposa, à son congrès de 1886, de mener une lutte internationale pour la journée de 8 heures. Karl Marx situait l’importance du mouvement dans "Le Capital":
"Le premier fruit de la guerre civile américaine fut l’agitation des huit heures, qui courut, avec les bottes de sept lieues des la locomotive, de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. . . Le congrès général des ouvriers de Baltimore (16 août 1866) fit la déclaration suivante: Le premier et le plus grand besoin du présent, pour délivrer le travail de ce pays de l’esclavage capitaliste, est la promulgation d’une loi d’après laquelle la journée de travail doit se composer de huit heures. Nous somme décidés de mettre en oeuvre toutes nos forces jusqu’à ce que ce glorieux résultat soit atteint."
En même temps (au commencement de septembre 1866), le congrès de l’Association internationale des travailleurs de Genève, sur la proposition du Conseil de Londres, prenait une décision semblable:
"Nous déclarons que la limitation de la journée de travail est la condition préalable sans laquelle tous les efforts en vue de l’émancipation doivent échouer . . . Nous proposons huit heures pour limite légale de la journée de travail."
C’est ainsi que le mouvement de la classe ouvrière, né spontanément des deux côtés de l’Atlantique, des rapports même de la production, sanctionne les paroles de l’inspecteur de fabrique anglais R. J. Saunders:
"Il est impossible de faire un pas vers la réforme de la société, avec quelque espoir de réussite, si la journée de travail n’est pas d’abord limitée, si la limitation prescrite n’est pas strictement et obligatoirement observée." Marx, Le Capital, livre 1, tome 1, p.295, Editions sociales
C’est dans cette continuité que le mouvement des huit heures atteint son apogée avec les grèves de 1886. C’est aux États-Unis que le mouvement c’est le mieux organisé, et particulièrement dans la ville des Chicago, où les organisations locales des "Chevaliers du travail" sont plus fortes et surtout plus progressistes. Malgré la répression de l’État et le sabotage de la part des dirigeants des Chevaliers, plus de 500 000 travailleurs sont impliqués dans la grève du 1er mai. Ce jour là, des milliers de travailleurs, syndiqués et non-syndiqués, de toutes les races et de toutes les langues, sont sortis en grève. À Chicago, la grève fut presque générale. Des milliers de travailleurs manifestèrent dans les rues, affrontant la police à plusieurs reprises, qui tua six travailleurs et en blessa plusieurs autres. Les travailleurs de Chicago, pour protester contre cette tuerie, décidèrent d’organiser une autre manifestation le 3 mai. C’est ce jour là que l’incident célèbre du "Haymarket Square" se produisit. Pendant la manifestation contre la brutalité policière, la violence éclata à nouveau. Un provocateur lança une bombe dans la foule, tuant un sergent de police. La bataille éclata vivement, durant laquelle 7 autres policiers et 4 autres travailleurs furent tués, sans compter d’innombrables blessés. Plus tard, la police arrêta quatre dirigeants des syndicats de Chicago, et quelques mois plus tard, Parson, Spies, Fischer et Engel, furent pendus, assassinés par la justice bourgeoise. Voir à ce sujet le livre: Labor’s Untold Story.
La fameuse grève du premier mai laissa des traces profondes dans le mouvement ouvrier mondial. Aux États-Unis, malgré le fait que le mouvement ait porté fruit et que les travailleurs avaient gagné, à plusieurs endroits, des réductions dans les heures de travail, la répression de poursuivit. Mais la dernière phrase d’un des martyrs de Chicago: "LAISSEZ LA VOIE DU PEUPLE ÊTRE ENTENDUE !" se concrétiserait à nouveau.
LE 1ER MAI DEVIENT INTERNATIONAL
En 1889, des délégués d’organisations ouvrières du monde entier se rassemblent à Paris. Réunis pour la premier fois depuis la mort de l’Association internationale des travailleurs de Karl Marx. Ils créèrent la Deuxième Internationale. Lors du Congrès, les délégués américains parlent de leur lutte pour la journée de huit heures. Les délégués décident alors d’adopter la résolution suivante:
"Le Congrès décide d’organiser, à chaque année, une grande manifestation internationale, pour que dans tous les pays et dans toutes les villes du monde, ce jour-là, les masses laborieuses puissent revendiquer, aux autorités publiques, la réduction légale de la journée de travail à huit heures. Etant donné que la Fédération américaine du travail a décidé, à son Congrès de St-Louis, d’organiser ses manifestation le 1er mai, ce jour est accepté pour la manifestation internationale." Cité dans "History of May Day" un pamphlet du Parti Communiste américain publié en 1947.
En 1890, la grève du 1er mai est, pour la première fois, organisée partout dans le monde. Aux États-Unis, les travailleurs de la construction débrayent par milliers. Dans toutes les capitales européennes, le même jour, des centaines de milliers de travailleurs défilent derrière les drapeaux rouges que portent les organisations syndicales et socialistes. Le mouvement ouvrier mondiale continuait sa longue marche vers la libération. Engels, enthousiasmé par cette avance écrivait le 1er mai 1890:
"Au moment où j’écris ses lignes, le prolétariat d’Europe et d’Amérique passe la revue de ses forces, pour la première fois mobilisées en une seule armée, sous un même drapeau et pour un même but immédiat: la fixation légale de la journée normale de huit heures, proclamée dès 1866 par le congrès de l’Internationale à Genève et de nouveau par le congrès ouvrier de Paris en 1889. Le spectacle de cette journée montrera aux capitalistes et aux propriétaires fonciers de tous les pays que les prolétaires de tous les pays sont effectivement unis. Que Marx n’est-il à côté de moi, pour voir cela de ses propres yeux." Préface de Freidrich Engels à l’édition allemande du Manifeste Communiste en 1890, in Oeuvres Complètes de Marx et Engels, p. 106, Éditions sociales."
Jusqu’à 1900, le 1er mai fut partout célébré dans le monde avec cette ferveur et ce courage révolutionnaire qui marquait les organisations ouvrières de ce temps. À partir de 1900, certains changements interviennent. Le mouvement syndical est devenu très puissant; d’autre part, il a aussi tendance à s’intégrer plus dans les structures du capitalisme. Même certains partis ouvriers, tel le Parti Socialiste allemand, se dirige peu à peu vers un réformisme stérile et démobilisateur. Au Canada, les syndicats commencent à être bien implantés. Des luttes syndicales très dures sont menées, comme la grève des 8 000 travailleurs du CPR à Montréal, pendant laquelle ils doivent mener d’incessants combats avec la police. Pourtant, les dirigeants ouvriers qui auparavant étaient étroitement liés au mouvement socialiste s’en distancient de plus en plus. À ce moment, la fête du premier mai perd quelque peu sa signification. Dans plusieurs pays, le premier mai est une sorte de congé national pour les travailleurs. La bourgeoisie, pour voiler le caractère politique du 1er mai déclara la journée fête nationale et donne congé à tous les travailleurs. La bourgeoisie tente de masquer la contradiction de classe et se sert des organisations syndicales réformiste pour circonscrire la lutte ouvrière dans les limites de la loi capitaliste.
Mais la lutte ouvrière se poursuit, elle est aussi inéluctable que le développement du capitalisme même du côté de la Russie, le pays le plus arriéré de l’Europe, écrasé sous le joug de l’autocratie tsariste, là-bas, le mouvement ouvrier prend de l’ampleur. Les dirigeants du Parti socialiste, Lénine en tête, organisent les travailleurs pour la révolution. En 1905, peu avant la grande révolution qui oblige le tsar à reculer, Lénine écrit la proclamation du parti pour la fête du premier mai:
"La grande fête des ouvriers du monde entier approche. Le premier mai, ils célèbrent leur éveil à la lumière et au savoir, leur alliance en une seule union fraternelle, pour lutter contre tout oppression, contre tous les abus, contre toute exploitation, pour une organisation socialiste de la société. Tous ceux qui travaillent, qui nourrissent de leur labeur les gens riches et puissants, qui passent leur vie à accomplir un travail au dessus de leurs forces pour un salaire misérable, qui ne jouissent jamais des fruits de leur peine, qui vivent comme des bêtes de somme au milieu du luxe et de l’éclat de notre civilisation, tous se tendent les mains dans la lutte pour la libération et le bonheur des ouvriers. À bas l’inimitié entre les ouvriers de différentes nationalités ou de différentes religions! Une telle hostilité sert seulement les pillards et les tyrans qui vivent de l’ignorance et de la division du prolétariat. Juifs, chrétiens, Arméniens et Tartares, Polonais et Russes, Finlandais et Suédois, Lettons et Allemand, tous, tous marchent ensemble sous l’emblème commun du socialiste. TOUS LES OUVRIERS SONT FRÈRES, et leur union solide est le seul garant du bien-être et du bonheur de toute l’humanité laborieuse et opprimée. Le premier mai, cette alliance des ouvriers de tous les pays, la social-démocratie internationale passe en revue ses forces et serre les rangs pour une lutte nouvelle, inlassable, inflexible, pour la liberté, l’égalité et la fraternité." Lénine: Premier Mai, in Oeuvres Complètes, tome 8, p.349
Texte paru dans la revue militante Mobilisation, vol. 3, no. 6, avril 1974.
Aimé Césaire : "Un grand mapou est tombé" "Aimé Césaire est l’un des plus grands créateurs de son temps. Un grand mapou est tombé. Nous avons perdu le père, l’ami, le frère, le poète. Un visa pour l’Éternité à ce grand maître de la parole", selon l’écrivain haïtien Frankétienne, l’un des plus illustres hommes de lettres haïtiens, rapporte TV5.org. Son hommage fait écho à celui de ses compatriotes et confrères qui ont salué la mémoire du chantre de la Négritude. (Vendredi 18 Avril - 15:56). Voir le site
Poèmes Malgré la volonté de désarticuler les phrases par la suppression de la ponctuation (pourtant plus que jamais nécessaire), par les césures inattendues et par les images surréalistes, ces poèmes glisseront dans vos oreilles, comme une musique limpide ponctuée par le rythme des mots, quand vous aurez fait l’effort d’adaptation nécessaire pour déjouer les pièges tissés par l’auteur. Aimé Césaire s’y révèle peut-être plus africain que Léopold Sédar Senghor.
Cahier d’un retour au pays natal - extraits
Partir. Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes- panthères, je serais un homme-juif un homme-cafre un homme-hindou-de-Calcutta un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne un homme-juif un homme-pogrom un chiot un mendigot
mais est-ce qu’on tue le Remords, beau comme la face de stupeur d’une dame anglaise qui trouverait dans sa soupière un crâne de Hottentot ?
Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je dirais fleuve. Je dirais tornade. Je dirais feuille. Je dirais arbre. Je serais mouillé de toutes les pluies, humecté de toutes les rosées. Je roulerais comme du sang frénétique sur le courant lent de l’oeil des mots en chevaux fous en enfants frais en caillots en couvre-feu en vestiges de temple en pierres précieuses assez loin pour décourager les mineurs. Qui ne me comprendrait pas ne comprendrait pas davantage le rugissement du tigre. Et vous fantômes montez bleus de chimie d’une forêt de bêtes traquées de machines tordues d’un jujubier de chairs pourries d’un panier d’huîtres d’yeux d’un lacis de lanières découpées dans le beau sisal d’une peau d’homme j’aurais des mots assez vastes pour vous contenir et toi terre tendue terre saoule terre grand sexe levé vers le soleil terre grand délire de la mentule de Dieu terre sauvage montée des resserres de la mer avec dans la bouche une touffe de cécropies terre dont je ne puis comparer la face houleuse qu’à la forêt vierge et folle que je souhaiterais pouvoir en guise de visage montrer aux yeux indéchiffreurs des hommes
Il me suffirait d’une gorgée de ton lait jiculi pour qu’en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d’un soleil que n’entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre.
Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir… j’arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : «J’ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies».
Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte… Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai». Et je lui dirais encore : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. »
Et venant je me dirais à moi-même : « Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse… »
En vain dans la tiédeur de votre gorge mûrissez-vous vingt fois la même pauvre consolation que nous sommes des marmonneurs de mots
Des mots ? quand nous manions des quartiers de monde, quand nous épousons des continents en délire, quand nous forçons de fumantes portes, des mots, ah oui, des mots ! mais des mots de sang frais, des mots qui sont des raz-de-marée et des érésipèles et des paludismes et des laves et des feux de brousse, et des flambées de chair, et des flambées de villes…
Sachez-le bien: je ne joue jamais si ce n’est à l’an mil je ne joue jamais si ce n’est à la Grande Peur
Accommodez-vous de moi. Je ne m’accommode pas de vous !
Parfois on me voit d’un grand geste du cerveau , happer un nuage trop rouge ou une caresse de pluie, ou un prélude du vent, ne vous tranquillisez pas outre mesure :
Je force la membrane vitelline qui me sépare de moi-même,
Je force les grandes eaux qui me ceinturent le sang
C’est moi rien que moi qui arrêtes ma place sur le dernier train de la dernière vague du dernier raz-de-marée.
C’est moi rien que moi qui prends langue avec la dernière angoisse C’est moi oh, rien que moi qui m’assure au chalumeau les premières gouttes de lait virginal !
Et maintenant un dernier zut : au soleil (il ne suffit pas à soûler ma tête trop forte) à la nuit farineuse avec les pondaisons d’or des lucioles incertaines à la chevelure qui tremble tout au haut de la falaise le vent y saute en inconstantes cavaleries salées je lis bien à mon pouls que l’exotisme n’est pas provende pour moi
Au sortir de l’Europe toute révulsée de cris les courants silencieux de la désespérance au sortir de l’Europe peureuse qui se reprend et fière se surestime je veux cet égoïsme beau et qui s’aventure et mon labour me remémore d’une implacable étrave.
Que de sang dans ma mémoire ! Dans ma mémoire sont des lagunes. Elles sont couvertes de têtes de morts. Elle ne sont pas couvertes de nénuphars. Dans ma mémoire sont des lagunes. Sur leurs rives ne sont pas étendus des pagnes de femmes. Ma mémoire est entourée de sang. Ma mémoire a sa ceinture de cadavres ! et mitraille de barils de rhum génialement arrosant nos révoltes ignobles , pâmoisons d’yeux doux d’avoir lampé la liberté féroce
(les nègre-sont-tous-les-mêmes, je-vous-le-dis les vices-tous-les-vices, c’est-moi-qui-vous-le-dis l’odeur-du-nègre, ca-fait-pousser-la-canne rappelez-vous-le-vieux-dicton: battre-un-nègre, c’est le nourrir)
amour des rocking-chairs méditant la volupté des rigoises je tourne, inapaisée pouliche Ou bien tout simplement comme on nous aime ! Obscènes gaiement, très doudous de jazz sur leur excès d’ennui. Je sais le tracking, le Lindy-hop et les claquettes. Pour les bonnes bouches la sourdine de nos plaintes enrobées de oua-oua. Attendez.. Tout est dans l’ordre. Mon bon ange broute du néon. J’avale des baguettes. Ma dignité se vautre dans les dégobillements… Voir ce site
Le 25 mars 1968, des jeunes patriotes tchécoslovaques manifestent à Prague sur la place Wenceslas pour réclamer la démocratisation du pays.
21 août 1968 Invasion de la Tchécoslovaquie Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d’un total de 300.000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l’autocrate soviétique Leonid Brejnev. Des dizaines de milliers de parachutistes ont aussi atterri sur l’aéroport de Prague.
Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l’Est, Hongrie).
Ils prétendent intervenir à l’appel de responsables locaux en vue de sauver le socialisme dans ce pays d’Europe centrale où il a été imposé vingt ans plus tôt par l’Union soviétique à la faveur du «coup de Prague».
Face aux chars, la population s’abstient de toute résistance armée. Les responsables du pays sont quant à eux rapidement isolés et remplacés. C’en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l’illusion d’un «socialisme à visage humain».
Le printemps de Prague L’accession le 5 janvier d’Alexander Dubcek (47 ans) au secrétariat général du Parti communiste tchécoslovaque et l’élection ultérieure du général Lutvik Svoboda (73 ans) à la présidence de la République avaient ouvert la voie à des réformes hardies.
En avril, tandis que la jeunesse d’Occident s’agitait et se donnait des frissons de Révolution, Alexander Dubcek supprimait la censure, autorisait les voyages à l’étranger et faisait même arrêter le chef de la police. Beaucoup de Tchécoslovaques se ruaient à la découverte de l’Occident sans prendre garde aux manoeuvres prémonitoires du pacte de Varsovie.
Après l’invasion de leur pays et la mise au pas de leurs dirigeants, les Tchèques et les Slovaques se résignent à la «normalisation». La plupart du moins. L’étudiant Jan Palach fait exception. Il s’immole par le feu sur la place Wenceslas, à Prague, le 16 janvier 1969, par défi et par désespoir. Ses compatriotes patienteront vingt ans avant le retour de la démocratie.
8 mars : C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des manifestations partout dans le monde, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, pour améliorer la situation des femmes.
1982 le 8 mars Journée de la femme Sous la présidence de François Mitterrand, le gouvernement de Pierre Mauroy, à l’initiative d’Yvette Roudy, ministre des Droits de la femme, reconnaît officiellement le 8 mars comme la Journée internationale de la femme, devant tout particulièrement célébrer les droits de celle-ci. Pour cette première journée se déroulent de nombreuses manifestations et cérémonies destinées à valoriser le rôle des femmes dans la société française.
Après le succès d’audience de la 1ère saison, France 2 remet à l’honneur l’oeuvre de Guy de Maupassant en diffusant huit adaptations des contes et nouvelles de l’écrivain.
En mars 2007, le premier opus de la série avait rassemblé plus de 7 millions de téléspectateurs en moyenne. Dès ce mardi, "Le Rosier de Madame Husson" et "L’ami Joseph" ont ouvert le bal de cette seconde collection dotée d’un budget d’environ 8,2 millions d’euros. Tous les mardis soir en mars, le téléspectateur pourra ainsi plonger dans l’univers grinçant de Maupassant, découvrir ou redécouvrir ses comédies urbaines et rurales, peintures aussi savoureuses que cruelles de la société de la fin du XIXe siècle.
Un casting prestigieux. De nombreuses têtes d’affiche figurent au casting, qui se révèlent parfois sous un jour inattendu dans des rôles à contre-emploi. François Berléand se glisse par exemple dans la peau d’un aubergiste à fort accent normand, et Marie-Anne Chazel, plus habituée à la comédie pure et à la troupe du Splendide, interprète la veuve bigote entêtée du "Rosier de Madame Husson". D’après : nouvelobs.com 04.03.2008
Comment recréer la fin du XIXe siècle qui a inspiré l’écrivain ? Réponse sur-le-champ. Un champ de pommiers bourbeux, en pente sèche. La mine rougeaude, un homme d’un certain âge, haut de forme et costume trois-pièces, peine à faire avancer la bourrique qui tire sa carriole. Au fond, une chaumière à l’ancienne dessine son profil ventru sur l’horizon grisé d’un ciel normand.
Chabrol durant le tournage
Il n’y a guère d’efforts d’imagination à fournir pour s’imaginer à la fin du XIXe siècle. Pourtant, cette scène s’est déroulée, l’année dernière, dans la torpeur d’une fin août humide, sur les hauteurs - toutes relatives - du Marais Vernier, près de Pont-Audemer, dans l’Eure. Et c’est l’acteur François Berléand qui tient les rênes, pas très rassuré, sous l’oeil goguenard d’un Claude Chabrol lui-même un peu bancal sur son siège pliant de réalisateur. Bienvenue sur le tournage du Petit fût, l’un des huit nouveaux Contes et Nouvelles de Maupassant.
" Cela a été extrêmement difficile de trouver la ferme qui nous servirait de base pour le décor, témoigne Gérard Jourd’hui, producteur de la collection. À l’époque, on ne faisait pas le chaume comme aujourd’hui. Et les anciennes chaumières ont été rachetées par des Parisiens ou Rouennais qui ont reconstruit en faux. " Heureusement, les repérages pour le téléfilm Toine, lors de la première saison, avaient permis de dénicher cette bâtisse… qu’il a tout de même fallu restaurer. Le propriétaire, Robert Metot, un agriculteur à la coiffe grisonnante, ne la reconnaît plus. "Avant, c’tait une remise où on rangeait le tracteur. C’est tellement beau qu’on va garder le décor ", marmonne-t-il sans perdre une seconde du spectacle du tournage, en retrait avec sa petite famille.
Ce n’est pas vraiment du parler du pays de Caux, Maupassant avait inventé un langage à lui, un machin martien, tonne Gérard Jourd’hui. On l’a adapté. " " C’est tellement bien écrit, l’accent vient presque tout seul ", s’égaie Tsilla Chelton. Il suffit d’écouter ses " quéq’ya ? ", " quéqu’j'fais ? " et " j’t'a vu naître " pour deviner combien elle a pris plaisir, à 87 ans, à se glisser dans les jupons de la cupide mère Magloire. Même Claude Chabrol, sur le tournage du conte au Marais Vernier, n’a pas pu résister à l’envie de rouler les " r ". " Allez, " Moteurrr. Parrrrrtez ! " D’après : Ouest-France Magazine - Florence Le Méhauté.
… Pour tous les films de la collection, c’est le même casse-tête. Il a fallu vingt-cinq semaines de repérage pour trouver des décors " naturels ", " sans poteaux électriques ", qui restituent l’ambiance des récits de Maupassant. Une maison bourgeoise dans les Yvelines, une ruelle du quartier du Marais au coeur de Paris, une vieille brasserie parisienne truffée de miroirs. La production a reconstitué le Gisors d’antan, à Gerberoy, dans l’Oise, pour Le rosier de Madame Husson.
En coulisse, les chefs opérateurs, décorateurs, maquilleurs et costumiers rivalisent d’ingéniosité pour faire illusion. Retapisser les intérieurs, coller d’épaisses bacchantes sur les visages des acteurs et figurants. Sur Le petit fût, la fine consommée sans modération par la mère Magloire résulte d’un mélange de coca et d’eau. Les quelque 500 tenues nécessaires ont été chinées chez des loueurs spécialisés à Madrid, Vienne et Paris, ou spécialement confectionnées.
" L’authentique ? C’est inutilisable, s’amuse Agnès Nègre, créatrice de costumes qui a oeuvré sur toute la collection. Les gens n’ont plus la même morphologie. Les tissus ont souffert. Nous travaillons avec des vêtements d’époques différentes, parfois neufs. On enlève les rubans, on refait les drapés, on patine pour donner l’impression d’un vêtement déjà porté. " Elle s’est inspirée de pièces de musée, des toutes premières photographies, de dessins parus dans Le moniteur de la mode, de tableaux comme la Partie de campagne de Renoir. Tout en s’adaptant aux desiderata des réalisateurs. " Olivier Schatzky (Aux champs) préférait des couleurs neutres, très profondes, dans des tons ocre et sépia. " Pour La chambre 11, il a fallu troquer tous les boutons gris des vestes de gendarmes par des dorés, plus raccords pour des soldats. Des détails qui n’ont rien d’accessoires pour les comédiens. " Des costumes très étriqués, cela vous oblige à un certain maintien du corps, renchérit Vincent Martinez, fringant commandant militaire dans ce film. On plonge immédiatement dans une autre époque. " Sa partenaire, Clotilde Courau, s’est préparée à son rôle de croqueuse d’amants en réécoutant les oeuvres d’Offenbach. D’après : Le figaro.fr Culture 04/03/08
Maupassant est un des écrivains français les plus adaptés, près de 150 fois sur grand et petit écran. Le Rosier de Madame Husson a déjà eu droit à une version, tournée en 1950 par Jean Boyer avec Bourvil. " Cette fois, j’ai fait différemment en plaçant le curseur sur le personnage féminin de Madame Husson, glisse Anne Andrei, scénariste de l’opus 2008. C’est vrai qu’il y a une immédiateté pratique dans l’écriture de Maupassant. En une phrase, il dépeint une situation. En ce moment, j’adapte du Balzac pour la collection 2009, et c’est plus compliqué car il joue davantage sur la palette du ressenti. "
Dans la jungle, terrible jungle Le lion est mort ce soir Et les hommes tranquille s’endorment Le lion est mort ce soir
Tout est sage dans le village Le lion est mort ce soir Plus de rage, plus de carnage Le lion est mort ce soir
L’indomptable, le redoutable Le lion est mort ce soir Viens ma belle, viens ma gazelle Le lion est mort ce soir
Dans la jungle, terrible jungle Le lion est mort ce soir Dans la jungle, terrible jungle Le lion est mort ce soir
Paroles: Henri Salvador, musique: G. Peram
LE LOUP, LA BICHE ET LE CHEVALIER
Une chanson douce Que me chantait ma maman, En suçant mon pouce J’écoutais en m’endormant. Cette chanson douce, Je veux la chanter pour toi Car ta peau est douce Comme la mousse des bois.
La petite biche est aux abois. Dans le bois, se cache le loup, Ouh, ouh, ouh ouh ! Mais le brave chevalier passa. Il prit la biche dans ses bras. La, la, la, la.
La petite biche, Ce sera toi, si tu veux. Le loup, on s’en fiche. Contre lui, nous serons deux. Une chanson douce Que me chantait ma maman, Une chanson douce Pour tous les petits enfants.
O le joli conte que voilà, La biche, en femme, se changea, La, la, la, la Et dans les bras du beau chevalier, Belle princesse elle est restée, eh, eh, eh, eh
La jolie princesse Avait tes jolis cheveux, La même caresse Se lit au fond de tes yeux. Cette chanson douce Je veux la chanter aussi, Pour toi, ô ma douce, Jusqu’à la fin de ma vie, Jusqu’à la fin de ma vie.
{Variante pour les 2 derniers:}
O le joli conte que voilà, La biche, en femme, se changea, La, la, la, la Et dans les bras du beau chevalier, Belle princesse elle est restée, A tout jamais
Une chanson douce Que me chantait ma maman, En suçant mon pouce J’écoutais en m’endormant. Cette chanson douce Je veux la chanter aussi, Pour toi, ô ma douce, Jusqu’à la fin de ma vie, Jusqu’à la fin de ma vie.
Louis de Funès, Acteur français Né à Courbevoie le 31 juillet 1914 Décédé à Nantes le 27 janvier 1983
Quelques livres qui nous font redécouvrir ce grand acteur
Louis de Funès jusqu’au bout du rire un livre de Bonnotte Stéphane Editeur : Le Livre de Poche - 2002
Vingt ans qu’il a disparu et Louis de Funès reste l’un des comiques préférés des Français ! Le lecteur découvrira dans ces pages l’acteur aux mimiques irrésistibles, …
Résumé du livre ‘La Traversée de Paris’, ‘Fantômas’, ‘Le Corniaud’, ‘La Grande Vadrouille’, ‘Oscar’, ‘La Folie des grandeurs’, ‘Les Aventures de Rabbi Jacob’ et les tribulations du célèbre ‘Gendarme de Saint-Tropez’, sans compter ses succès au théâtre. Vingt ans qu’il a disparu et Louis de Funès reste l’un des comiques préférés des Français ! Le lecteur découvrira dans ces pages l’acteur aux mimiques irrésistibles, aux attitudes extravagantes, aux déguisements fous, l’artiste survolté, exigeant, perfectionniste et inquiet sur scène comme sur les plateaux de tournage, mais aussi l’homme fuyant les interviews et les mondanités à la ville, le châtelain épris de pêche et de jardinage, chez lui, à la campagne… A travers cette biographie, enrichie de témoignages inédits, Stéphane Bonnotte rend hommage à une légende du théâtre et du cinéma, et retrace l’itinéraire de ce fils d’émigrés espagnols qui fit la joie du public pendant plus d’un quart de siècle.
Louis de Funès, le gendarme de Saint-Tropez « Histoire d’une saga » un livre de Sylvain Raggianti Editeur : Flammarion - 10/2007 - Livre DVD
Résumé du livre Automne 1964. Près de huit millions de Français se ruent dans les salles pour découvrir ‘Le Gendarme de Saint-Tropez’. Le comédien aux mimiques inoubliables, libère son génie comique dans le rôle du maréchal des logis Cruchot. C’est la naissance du célèbre cycle ‘Un Gendarme à Saint-Tropez’, dont les six films seront réalisés entre 1964 et 1982. La même année, Louis de Funès tourne ‘Fantomas’ et ‘Le Corniaud’, avant d’embrasser un immense succès populaire dans ‘La Grande Vadrouille’, qui attire plus de dix-sept millions de spectateurs en 1966. C’est une carrière cinématographique sans équivalents que Sylvain Raggianti revisite dans ce album illustré.
Louis de Funès « Ne parlez pas trop de moi, les enfants ! » un livre d’Olivier de Funès, Patrick de Funès - Editeur : Le Cherche Midi - 2005 …Les enfants du plus célèbre gendarme de France unissent leur plume dans un récit croisé sur la personnalité intime et méconnue de leur père. On y découvre une vie à l’image de ses rôles…
Résumé du livre Si l’on connaît tous par coeur l’acteur Louis de Funès et ses films, l’homme, qui aimait la discrétion, reste, lui, méconnu. Dans ce portrait intime, ses enfants nous proposent de faire la connaissance de cet homme secret. On y découvre la personnalité ignorée de leur père, une vie au quotidien riche et trépidante, ponctuée de rebondissements et de péripéties souvent dignes de ses films. Ce vagabondage à la fois inattendu, cocasse et émouvant ravira tous les admirateurs de Louis de Funès.
Louis de Funès "Au nom de la rose" de Christelle Laffin Editeur : Albin Michel - 2002
Résumé du livre Cette oeuvre lève le voile sur l’énigme d’un homme peu ordinaire qui après deux infarctus est contraint de se reposer…
Citations de Louis de Funès
Le comique, ce n’est pas seulement du talent, mais c’est surtout un don, une façon de sentir, de pouvoir comprendre et interpréter !
Je cultive mon jardin. Et dans ma vie professionnelle comme dans mon carré de jardin, j’ai bien l’intention d’exclure les navets !
Ce ne sont pas les attitudes que je trouve comiques mais les états d’esprit !
J’ai abandonné la pêche le jour où je me suis aperçu qu’en les attrapant, les poissons ne frétillaient pas de joie. Louis de Funès - Extrait du journal Le Journal du dimanche - 29 Novembre 1981
Le cinéma ? Je le fais sur un écran, pas dans la vie !
Le comique ça ne tient à rien, c’est une chose qui est dans l’air le comique !
Alors que d’autres artistes se seraient contentés de raconter oralement leurs souvenirs à un nègre qui aurait rédigé une biographie sans âme, Carlos lui, en 1996, a décidé de prendre sa plus belle plume et de s’atteler lui-même à la rédaction du récit de sa vie passée. C’est ainsi que ‘Je m’appelle Carlos’ (signé par Carlos sous sa véritable identité: Jean-Chrysostome DOLTO) fut publié pour les fêtes de fin d’année en 1996. Avis aux amateurs: le livre, épuisé depuis belle lurette et jamais réédité depuis, est devenu un véritable objet de collection.
Carlos, tu nous en racontes une bien bonne?
A force de s’entendre prier de narrer des histoires drôles en toutes circonstances, Carlos ne pouvait pas ne pas rassembler sur un support quel qu’il soit, les histoires qui lui ont permis d’asseoir cette réputation ‘d’encyclopédie de la blague’. C’est donc sous forme d’un livre que Carlos publia, en 1997 (parallèlement à la sortie de son album studio de l’époque), une anthologie de ses histoires drôles favories.
Ce premier ouvrage fit un tel triomphe que Carlos remit le couvert l’année suivante, et publia le volume 2 de cette succession d’éclats de rire. Il n’eut d’ailleurs pas à rougir des ventes de ce second ouvrage humoristique, à tel point qu’il fut décidé de regrouper les deux volumes d’histoires drôles en un seul et même livre. Une bible pour les amateurs de bons mots, d’histoires courtes, longues, absurdes, mignonnes, naïves ou même osées. Là encore, les possesseurs des premiers tirages du volume 1 des meilleures histoires drôles de Carlos peuvent se vanter d’en posséder une version non-censurée.
Les Contes
En 1994, les éditions Atlas et Carlos ont sélectionné 40 contes pour enfants afin de les commercialiser sous forme de dessins-animés et de les publier en vidéo. Chaque vidéo fut présentée par une annonce spécialement enregistrée par Carlos, pour l’ occasion, et fut accompagnée d’ un fascicule d’ une vingtaine de pages.
Puisque nous célébrons le 100ème anniversaire de la naissance d’Hergé, voici quelques réflexions sur les célèbres injures du Capitaine Haddock. Ces injures, dont le Haddock Illustré recense l’intégralité des jurons du Capitaine*, constituent pour certains d’authentiques termes de rhétorique**. Par exemple :Bachi-bouzouk des Carpates ou Simili martien à la graisse de cabestan ou encore : anacolutheet catachrèse.
Qu’est-ce qu’un anacoluthe ? (du grec : qui ne suit pas). Il s’agit d’une construction grammaticale commencée puis interrompue brusquement, oubliée, et qui fait place à une autre. Bref, c’est ce qu’on appelle une phrase grammaticalement incorrecte. Par exemple : j’ai envie de dodo. Plus littéraire , ces vers de Racine : « ô ciel. Plus j’examine et plus je le regarde, C’est lui ». Il aurait dû écrire : « plus il me semble que c’est lui… ».
Quant à la catachrèse, c’est une figure qui consiste à employer un mot au-delà de son sens strict. Par exemple : le bras d’un fauteuil, faire un créneau, être à cheval sur le règlement…
Notre Capitaine aurait aussi bien pu traiter quelqu’un d’oxymoron, qui consiste à rapprocher deux termes qui paraissent se contredire. : Par exemple Corneille a écrit : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles », autres exemples : « une défaite victorieuse », « un délicieux carnage », et aussi, couramment utilisés : clair-obscur, aigre-doux, doux-amer, c’est parti pour rester !, il est urgent d’attendre, un repos intensif, une réalité virtuelle, la force tranquille… sont des oxymores.
Conclusion : Pas simple le français ? Mais précis, et pas toujours triste !
Et comment faut-il appeler les phrases suivantes piquées sur Internet et intégralement recopiées : "Pa GrD ChOse A DiRe,aPaRt Ke Se blOg é cOnSaCré a Mé pOteS,Ma faMiLLe,Mé ZaMoUrS,Mé DlirS,Mé PaSsiOnS…" "Pa maL 2 trUcS eN VériT,lOl!!Alé,KiSs a tS!"
Retrouvez, si vous le désirez, davantage d’informations sur Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Oxymore, http://fr.wikipedia.org/wiki/Rh%C3%A9torique , ou dans la Comédie des mots, de Régine Detambel, Gallimard Jeunesse (livre de la BDV disponible à la Bibliothèque), ou dans les Albums de Tintin, également à la Bibliothèque.
*Albert Algoud, Casterman, disponible à la Bibliothèque ** Rhétorique : l’art de bien parler, l’art du discours pour séduire ou persuader, science du bien parler, des figures et de la composition littéraire.
Comme on s’intéresse au recyclage en ce moment, voici quelques questions/réponses sur un papier qu’on ne lit pas (en général).
Texte extrait de "Mais qui mange les guêpes et 100 autres questions idiotes et passionnantes" Seuil.
Papier, s’il vous plait
J’utilise toujours du papier toilette bleu car cela va bien avec la couleur des lieux. Mais un ami m’a dit que je devrais employer du blanc, moins néfaste pour l’environnement. A-t-il raison ? Pourquoi ? Et l’essuie-tout est-il pire que le papier toilette ? Si votre ami pense que les colorants sont polluants, il a tort. Les groupes chimiquement actifs sur les molécules de colorants s’attachent très fortement à la cellulose, ce qui explique pourquoi ces couleurs ne coulent pas. Les colorants sont comme une souris prise dans un piège : en croquant le fromage, la souris devient inoffensive. Les colorants sont chers, et les fabricants de papier toilette, même les plus indifférents à l’écologie, n’utiliseront que le strict minimum. Quand le papier atteint les égouts, les molécules immobilisées dans le papier sont consommées par les bactéries et ne s’accumulent pas dans l’environnement. Si vous en doutez, achetez des papiers toilette de différentes couleurs, faites-en des petits tas d’une dizaine de feuilles et enterrez-les dans un coin bien humide du jardin. Exhumez-les deux mois plus tard : vous ne retrouverez rien du tout. Il en va de même de l’essuie-tout, qui est seulement un peu plus résistant lorsqu’il est mouillé, et doit donc donner un peu plus de fil à retordre aux bactéries. Le vrai problème, selon moi, serait plutôt celui du blanchiment du papier. Jon Richfield
♥ Le bois est brun, le papier non blanchi est brun. Le papier blanc, qui donne un meilleur contraste à la lecture, est préféré par la plupart des gens. Il est généralement blanchi au chlore, qui peut produire des dioxines cancérogènes. L’industrie du papier a radicalement diminué le nombre de composés contenant des dioxines qu’elle produit, et l’on envisage de les éliminer totalement en remplaçant le chlore par l’eau oxygénée et l’ozone, qui sont moins chers. Brady Hauth
♥ Conclusion : Le papier toilette non blanchi devrait logiquement s’imposer comme écologiquement correct.
La Commission européenne a finalement tranché : après la monnaie unique, l’Union européenne va se doter d’une langue unique, à savoir… le français. Trois langues étaient en compétition : le français (parlé par le plus grand nombre de pays de l’Union), l’allemand (parlé par le plus grand nombre d’habitants de l’Union), l’anglais (langue internationale pr excellence). L’anglais a vite été éliminé, pour deux raisons : l’anglais aurait été le cheval de Troie économique des Etats-Unis, et les Britanniques ont vu leur influencelimitée au profit du couple franco-allemand en raison de leur légendaire réticence à s’impliquer dans la construction européenne.
Le choix a fait l’objet d’un compromis, les Allemands ayant obtenu que l’orthographe du français, particulièrement délicate à maîtriser, soit réformé, dans le cadre d’un plan de cinq ans, afin à d’aboutir à l’Eurofrançais.
1. La première année, tous les accents seront supprimés et les sons actuellement distribués entre « s », « z », « c », « k » et « q » seront répartis entre « z » et « k », ze ki permettra de zupprimer beaukoup de la konfuzion aktuelle.
2.La deuxieme annee, on remplazera le « ph » par « f » : ze ki aura pour effet de rakourzir un mot komme « fotograf » de kelke vingt pour zent.
3.La troizième annee, des modifikations plus draztikes zeront pozzibles, notamment ne plus redoubler les lettres ki l’étaient : touz ont auzi admis le prinzip dela zuprezion des « e » muets, zourz éternel de konfuzion, en efet, tout kom d’autr letr muet.
4. La katriem ane, les gens zeront devenu rezeptif a des changement majeur, tel ke remplazer « g » zoi par « ch », zoi par « j », zoi par « k », zelon les ka, ze ki zimplifiera davantach l’ekritur de touz.
5. Duran la zinkiem ane, le « b » zera remplaze par le « p », et le « v » zera lui aussi apandone, au profi du « f ».
Efidemen, on kagnera ainzi pluzieur touch zu le klavie. Un foi ze plan de zink an achefe, l’ortograf zera defenu lochik, et le chen pouron ze komprendr et komunike. Le ref de l’Unite kulturel de l’Europ zera defenu realite !
COMMENT LEUR DONNER LE GOÛT DE LIRE ? (2ème partie)
A une époque où la télé et les jeux vidéos prennent une part sans cesse plus importante dans la vie de nos enfants, se demander comment leur donner le goût de lire n’a rien de saugrenu…
Les droits du lecteur
En 1992, Daniel Pennac, dans son essai Comme un roman (Gallimard, collection Folio), a proposéles "droits imprescriptibles" du lecteur, ses dix commandements ou comment ne pas dégoûter un enfant de la lecture avant même d’en avoir pressenti les joies et les plaisirs : 1. Le droit de ne pas lire. 2. Le droit de sauter des pages. 3. Le droit de ne pas finir un livre. 4. Le droit de relire. 5. Le droit de lire n’importe quoi. 6. Le droit au bovarysme (fruit de l’imaginaire et du romanesque, ndlr). 7. Le droit de lire n’importe où. 8. Le droit de grappiller. 9. Le droit de lire à haute voix. 10. Le droit de nous taire. Pour Pennac, la lecture est et doit avant tout rester "un acte de liberté".
Ce qu’il faut éviter (Extraits)
Ne mélangez pas les rôles et ne vous substituez pas à son enseignant. Vos méthodes seront forcement différentes et il pourrait être difficile pour votre enfant de s’y retrouver.
Ne soyez pas toujours sur son dos et évitez les impératifs du genre “Va plutôt lire !”, “Prends donc un livre !”, “Tu dois lire !“ qui assimilent la lecture aux devoirs et à l’ennui. La lecture doit demeurer un acte volontaire et surtout, un acte de liberté [ Cf. "Les droits du lecteur selon Pennac" ].
Ne comparez pas ses performances avec celles de ses frères et soeurs ou avec celles de ses camarades de classe. Il risquerait de s’enfermer dans une situation d’échec dont il pourrait être difficile de sortir. Si vous faites des comparaisons pour évaluer votre enfant, faites-le pour vous, sans passer par lui et sans lui en parler.
N’arrêtez pas de lui lire des histoires sous prétexte qu’il est trop grand et qu’il apprend à lire. Cela pourrait être assimilé à une punition.
Evitez de lui donner à lire des textes trop difficiles qui pourraient le décourager.
Une conclusion personnelle : ils ont de la chance, les enfants d’aujourd’hui : quand j’étais petite, on me grondait : "Encore en train de lire, tu n’as rien d’autre à faire ?" AB
COMMENT LEUR DONNER LE GOÛT DE LIRE ?(extraits)
Le rôle des parents L’apprentissage de la lecture est une étape importante qu’il n’est pas utile d’anticiper. Il ne sert donc à rien de se substituer à l’instituteur(trice) qui conservera son rôle de pédagogue. Les parents ne doivent pas pour autant se cantonner à une fonction d’observateur. Au contraire, en instituant à la maison des "habitudes" autour de la lecture, ils stimuleront l’envie d’apprendre de leur enfant et l’aideront à "aimer" prendre un livre.
Les bons réflexes Voici donc quelques "bons réflexes" à instituer chez vous et avec votre enfant :
Au quotidien
Lorsque vous faites les courses, donnez-lui votre liste à déchiffrer. A la maison, demandez-lui de lire le programme télé à la recherche de ses émissions préférées.
Lorsque vous cuisinez un gâteau, demandez-lui de vous lire la recette.
La liste peut être longue. En fait, profitez de la moindre occasion pour le faire lire (les emballages, les panneaux de circulation…).
Le familiariser avec les livres
Placez dans sa chambre une bibliothèque et allez choisir les livres avec lui.
Lisez-lui très tôt des histoires.
Continuez à le faire de même lorsqu’il commence à déchiffrer le texte par lui-même. Lire seul demande encore trop d’efforts pour procurer un réel plaisir. Votre enfant a du mal à faire le lien entre le texte et le monde imaginaire qu’il se construisait lorsque c’était vous qui faisiez la lecture.
Petit à petit, faites-le participer à cette lecture. Vous lisez une première page, lui la suivante et ainsi de suite.
Ne le privez pas de BD. Ce n’est en rien un art inférieur et l’image reste longtemps plus importante que le texte aux yeux d’un enfant. Vous trouverez dans le commerce de nombreuses collections très bien faites.
Lorsqu’il commence à lire, achetez-lui régulièrement ou abonnez-le à un magazine qu’il attendra avec impatience !
Inscrivez-le à une Bibliothèque et allez-y avec lui pour l’aider à choisir les livres que vous lirez ensemble.
Astérix cinquantenaire
LES 50 ANS D'ASTERIX LE GAULOIS
Un nouvel album, des spectacles et expositions vont marquer en France à partir de la mi-octobre le 50ème anniversaire d'Astérix et de sa bande de Gaulois, qui donnera notamment lieu à une grande manifestation festive dans les rues de Paris.
Astérix, le Gaulois national aux moustaches jaunies, est apparu pour la première fois le 29 octobre 1959 dans le journal Pilote.
50 ans et plus de 325 millions d'albums vendus plus tard, il revient le 22 octobre avec un 34ème album, «L'anniversaire d'Astérix et Obélix, le livre d'or» (Ed. Albert René).
Le dessinateur Albert Uderzo a réalisé à cette occasion un recueil d'histoires courtes qui sortira simultanément dans quinze pays, avec un tirage pharaonique de 3 millions d'exemplaires
Et si le village d'Astérix existait vraiment ?
Le village d'Astérix reste un lieu purement imaginaire en Bretagne, malgré les efforts de certains passionnés pour prouver que leur petit coin d'Armorique a inspiré Uderzo et Goscinny à sa création, en 1959.
Erquy, dans les Côtes d'Armor, qui ressemble étrangement au village d'Astérix. (AFP)
Vous voyez ces trois pierres ? Ce sont les mêmes que celles que l'on voit sous la loupe, en première page des albums", s'enthousiasme Jean-Pierre Allain, ancien libraire d'Erquy (Côtes d'Armor), en montrant trois rochers affleurant près du rivage de la Manche. Ce passionné d'archéologie n'a de cesse depuis 40 ans de taquiner Albert Uderzo en soulignant les similitudes du ravissant port de pêche avec le village des irréductibles Gaulois encerclés par les camps romains de Petibonum, Aquarium et Babaorum. Et de citer le "Camp de César" qui figure sur la carte IGN au niveau du cap d'Erquy, mais aussi le fossé Catuélan tout proche, vestige des temps gallo-romains, ainsi que le nom d'origine romaine d'Erquy : Reginea. Le phare au bout de la jetée, dessiné en page 4 de l'album "Le domaine des dieux", est similaire à celui d'Erquy ce qui parachève, selon Jean-Pierre Allain, la démonstration.
Survol en hélicoptère
Manuel Mendès, tailleur de grès rose d'Erquy aux bacchantes dignes de son "confrère" Obélix, en est persuadé: "Le village d'Astérix, c'est ici!", dit-il avec malice. Pour preuve, un volumineux Obélix de granit, menhir en grès sur le dos, trône devant son entreprise. En 1996, Uderzo survole la localité en hélicoptère et là... le ciel -ou du moins l'évidence- lui tombe sur la tête. "C'est inconsciemment que j'ai choisi le cap d'Erquy", reconnaît-il alors dans un entretien au Figaro Magazine. Mais le dessinateur revient plus tard sur cet aveu. "Si c'était le cas, je le dirais", assurait-il dans Bretagne Magazine en 2001. A l'origine, "quand René Goscinny a écrit son scénario, je lui ai demandé où installer notre personnage. Il m'a répondu: 'N'importe où au bord de la mer, cela facilitera ses voyages'. A part Paris, je ne connaissais (...) qu'une seule région de France : la Bretagne", explique Albert Uderzo alors.
Des vestiges du village découverts
D'autres lieux se disputent le privilège d'avoir servi de modèle, comme la station balnéaire des Côtes d'Armor "Perros-Guirec, mais aussi un village du Cotentin et même un du Pas-de-Calais", énumère l'ancien libraire d'Erquy pour qui "ça n'est vraiment pas réaliste". Le 1er avril 1993, le quotidien londonien The Independent relance le débat en annonçant que des vestiges du village d'Astérix auraient été retrouvés au Yaudet, sur un promontoire rocheux près de Lannion, un peu plus à l'ouest du département.
"Les fouilles du village d'Astérix"
Les preuves sont là, prétend le journal : le village gaulois, le camp romain et même des pièces de monnaie "représentant des sangliers", le mets de prédilection d'Obélix! Mais il ne s'agissait que "d'un canular très réussi", précise Patrick Galliou, archéologue de Brest chargé des fouilles du Yaudet. "Le journaliste a mêlé intelligemment mythe et réalité, tellement bien que même le Collège de France m'a demandé en 1999 de présenter ces fouilles sous le titre: 'Les fouilles du village d'Astérix'!". Ce professeur émérite de l'université de Brest en rit encore... L'archéologue se félicite que "les gens continuent de chercher le village" car "cela montre leur intérêt pour le patrimoine, même s'il s'agit d'un patrimoine imaginaire". D'autant que, selon lui, le personnage d'Astérix appartient désormais au "patrimoine culturel français".
(Nouvelobs.com avec AFP
NOUVELOBS.COM | 22.10.2009 | 16:42
SIM
Sim, comédien et humoriste
Elle est chouette ma gueule : tel était le titre du premier livre et le credo du comédien et humoriste Sim, mort dimanche 6 septembre à Saint-Raphaël (Var), à l'âge de 83 ans.
C'est vrai qu'elle était chouette, sa gueule, en tout cas singulière : tête d'épingle et doux sourire, crâne un peu chauve sur silhouette maigrichonne. Il s'en moquait avec allégresse. "L'erreur est humaine, regardez-moi", avait-il coutume de dire. Il devait d'ailleurs à son physique atypique son envie de faire du spectacle. Après avoir exercé plusieurs petits métiers, "je me suis regardé dans une glace. Alors je me suis rendu compte que ma tête était un fonds de commerce possible", racontait-il. Il en joua d'ailleurs avec exubérance à la télévision grâce à un sens avéré de l'autodérision et à la mobilité de traits aptes aux grimaces de toutes sortes. Il assumait le ridicule, se plaisait dans les parodies, récusait la vulgarité et faisait se tordre de rire les nombreux auditeurs de l'émission "Les Grosses Têtes" de RTL, dont il devint un pilier dès sa création, en 1977.
Né Simon Berryer le 21 juillet 1926 à Cauterets (Hautes-Pyrénées), ce fils d'un ingénieur électricien débute dans la vie professionnelle en 1946 en qualité d'opérateur de cinéma. Son humour et ses mimiques lui ouvrent, à partir de 1953, les portes des cabarets parisiens. A l'époque, ceux qu'il y côtoie, lors de son tour de chant drolatique, s'appellent Fernand Raynaud, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour. Période de vaches maigres jusqu'à ce que le petit écran le sollicite. Découvert par Jean Nohain, figure de l'ORTF, Sim participe à l'émission "36 chandelles". Il connaît le succès avec son personnage, la baronne de la Tronche-en-biais, qu'il campe en travesti, dans une émission de variétés de Guy Lux. "Du gros comique", convenait-il. Au début des années 1960, il anime des programmes jeunesse.
Sim joue par ailleurs dans plusieurs films de Michel Audiard - Une veuve en or (1969), Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas... mais elle cause (1970), l'occasion de le découvrir en bedeau déguisé en... libellule ! L'année suivante, il est au générique des Mariés de l'an deux, de Jean-Paul Rappeneau, puis, en 1984, dans Pinot simple flic, de Gérard Jugnot. En 1990, Fellini lui offre son plus beau rôle, poétique, comme l'acteur les aimait, celui d'un joueur de flûte lunaire, dans La Voce della luna (1990). Il collabore aussi à Astérix et Obélix contre César (1999), de Claude Zidi, et Astérix et Obélix aux Jeux olympiques (2008), de Frédéric Forestier et Thomas Langmann. Agecanonix, tel est le nom de son personnage. Il se lance également sur les planches dans deux pièces de son ami Victor Lanoux, et écrit et met en scène Une cloche en or (1992), interprétée plus de 350 fois.
Ce touche-à-tout très aimé du grand public a enregistré trois disques : J'aime pas les rhododendrons (1971), Où est ma ch'mise grise (1978), une parodie de Grease qui fut Disque d'or, et Quoi, ma gueule (1980).
Depuis 2007, Sim était revenu à la télévision, dans l'un des rôles récurrents de la série "Louis la brocante", sur France 3. Il publié plusieurs livres de souvenirs mâtinés d'humour chez Flammarion, dont Elles sont chouettes mes femmes (1986) et Le Petit Simon (1994). Il aimait l'absurde, vénérait Raymond Devos, s'adonnait à la peinture et à la sculpture sur bois.
Les Eurockéennes de Belfort n'ont qu'à bien se tenir. Dans l'imaginaire collectif, Woodstock occupe une place quasi mythologique : il symbolise les années 1960, le mouvement hippie, les filles qui se promènent nues... Hélas, la réalité n'est pas aussi belle que le fantasme.
Heureusement que les hippies n'avaient pas été prévenus du réchauffement de la planète, auquel cas ils seraient restés chez eux. La tenue du Woodstock Music and Art Festival, du 15 au 17 août 1969, a en effet provoqué un embouteillage monstre : presque 500.000 festivaliers convergeant vers Woodstock, une ville près de New York qui servait de repère au milieu folk, dans des véhicules ne disposant même pas de pot catalytique (celui-ci sera introduit en 1988). Pire, Woodstock n'a même pas lieu à Woodstock mais à Bethel, une petite bourgade de 4.000 habitants située quelques kilomètres plus loin et dont le nom faisait trop champêtre pour que les organisateurs, le vice-président du label Capitol et quelques businessmen hippies (!), acceptent de le conserver. Décidément, ce festival cache beaucoup de choses...
Le début du marketing hippie
Bethel se situe exactement à 4.058 kilomètres de San Francisco. Ce n'est pas anodin. "Frisco" est le berceau de la contre-culture américaine, la capitale de hippie-land. Et c'est en Californie, à Monterey plus précisément, qu'avait eu lieu du 16 au 18 juin 1967 le premier grand festival beatnik. L'objectif de Woodstock consistait davantage à rassembler la jeunesse aisée des environs de New York, séduite par la mode hippie plus que par son contenu revendicatif. Dans le film 'Woodstock', réalisé à partir d'images tournées par Michael Wadleigh pendant le festival, on voit les immenses files d'attente formées par les spectateurs souhaitant appeler leurs parents pour les rassurer. Pas très rock'n'roll... Preuve de la vocation en partie mercantile du festival, son entrée était payante, au moins jusqu'à ce que les organisateurs ne se résolvent à enlever les barrières de filtrage devant l'afflux ingérable de spectateurs. On imagine la tête des 100.000 premiers arrivés qui, eux, avaient dû débourser 18 dollars... Dans un même souci de "communion universelle", les artistes les plus cotés ont perçu pour leur prestation un cachet substantiel : 18.000 dollars pour Jimi Hendrix. Alors qu'à Monterey, chaque tête d'affiche était venue gratuitement, à Woodstock, les nobles préceptes hippies sur le matérialisme ennemi ont déjà du plomb dans l'aile. Il ne s'agit pas d'enfermer le mouvement dans une lecture idéologique radicale ; on peut simplement déplorer que Woodstock fasse systématiquement référence dès qu'on évoque ce mouvement, alors qu'il n'en est que la version officielle et grand public, vidée de sa teneur contre-culturelle et annonciatrice de l'engagement creux des babas cool des années 1970 : le slogan "peace and love" paraîtra bien stérile en pleine crise économique...
Un demi-échec artistique
Du vendredi 15 au lundi 17 août 1969, plus de trente groupes se sont succédé sur la scène de Bethel. Parmi eux, The Jefferson Airplane, Sly & the Family Stone, Crosby, Stills & Nash, The Who, The Grateful Dead, Johnny Winter... Bref, un programme de rêve. Mais le documentaire de Michael Wadleigh témoigne des quelques ratés du concert. Ou plutôt, justement, il nous les épargne : Janis Joplin avait tout simplement refusé que sa prestation, en compagnie du Kozmic Blues Band, figure au montage final, tant elle la trouvait mauvaise ! Certes, c'est aussi à Woodstock que Jimi Hendrix interprétera sa mémorable version psychédélique de 'The Star-Spangled Banner', l'hymne américain. Mais pour avoir joué en dernier, le lundi au petit matin, il ne trouvera face à lui qu'un entassement de spectateurs assoupis dans la boue, le vomi et les vapeurs de LSD. De toute façon, le génial guitariste avait déjà réservé ses meilleurs "trucs" pour d'autres festivals : c'est sur la scène de Monterey, encore, qu'il avait brûlé sa guitare, pendant sa reprise du 'Wild Thing' des Troggs.
Joe Cocker ou Country Joe marqueront également le festival, le premier avec sa reprise théâtrale du 'With a Little Help from my Friends', qui fait passer l'originale des Beatles pour une comptine, le second en faisant épeler le mot "fuck" aux 400.000 personnes présentes : "Donnez-moi un F... Donnez-moi un U..."Pour le reste, Woodstock, ce sont surtout des stars en mauvaise forme, voire carrément défoncées (Tim Hardin devait ouvrir le festival mais son passage sera plusieurs fois repoussé, le temps qu'il "redescende"...), une poignée de seconds couteaux habillés en papier crépon et souriant mollement (The Incredible String Band, Sweetwater), et une démesure présageant tous les excès musicaux des années 1970 : il faut une sacrée résistance pour tenir jusqu'au bout du solo de Michael Shrieve, le batteur de Santana !
Un héritage aseptisé En permettant pour la première fois de mesurer l'ampleur du mouvement de contestation américain, le festival de Monterey avait marqué une étape décisive dans le chamboulement culturel des sixties. Woodstock n'est que la queue de la comète : il a lieu deux ans plus tard, alors que les hippies sont désormais parfaitement identifiés. Il a donc surtout servi d'attraction médiatique, ce qui explique son impact supérieur à celui des autres grands festivals de l'époque. Mais de la même manière que les journaux télé s'emparent de chaque nouvelle mode pour en créer un archétype, l'institution a développé à travers Woodstock une version édulcorée du hippie, devenu une sorte de Jean-Pierre Darroussin éternel, troubadour lunaire et inoffensif, amour et pattes d'eph', un peu niais mais tellement attachant. Une image de gentil baba cool aujourd'hui utilisée dans des pubs pour des supermarchés. Une hérésie, quand on pense aux revendications des premiers beatniks : rejet des valeurs morales traditionnelles et de la société de consommation.
Preuve que le nom "Woodstock" n'est plus qu'un argument commercial, un nouveau Woodstock a été mis sur pied, en juillet 1999. Il réunissait tous les groupes mainstream de l'époque, la plupart n'ayant pas grand-chose à voir avec une quelconque idée de contre-culture : Limp Bizkit, Korn, Alanis Morissette... Mais le festival a tourné à l'émeute : des bagarres ont éclaté, un pylône fut incendié et Tim Commerford, le bassiste de Rage Against The Machine, a failli être lynché après avoir brûlé un drapeau américain. Enfin, Woodstock a tenu ses promesses.
De deux choses lune l'autre c'est le soleil les pauvres les travailleurs ne voient pas ces choses leur soleil c'est la soif la poussière la sueur le goudron et s'ils travaillent en plein soleil le travail leur cache le soleil leur soleil c'est l'insolation et le clair de lune pour les travailleurs de nuit c'est la bronchite la pharmacie les emmerdements les ennuis et quand le travailleur s'endort il est bercé par l'insomnie et quand son réveil le réveille il trouve chaque jour devant son lit la sale gueule du travail qui ricane qui se fout de lui Jacques Prévert
Le 22 juillet, éclipse totale du soleil, qui ne sera malheureusement pas visible de chez nous. Cliquez ici.
Le soleil a rendez-vous avec la lune Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend Ici-bas souvent chacun pour sa chacune Chacun doit en faire autant La lune est là, la lune est là La lune est là, mais le soleil ne la voit pas Pour la trouver il faut la nuit Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit Le soleil a rendez-vous avec la lune Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend Papa dit qu'il a vu ça lui...
Charles Trénet
Boris Vian
Artiste accompli, Boris VIAN s'adonne au Tabou, s'enivre du verbe, le jazz est sa vie, les surprises-parties sont ses vices, Saint-Germain s'en souvient. Quand arrivent les policiers c'est tout un roman. Ses amis se prénomment Colin, Chloé, Wolf, Jacquemort et j'en passe (soit: Jean Passe).
Pour vous faire partager ma passion pour ce grand écrivain français qu'est Boris VIAN, je vous donne à disposition de nombreux textes ( Le déserteur, La complainte du progrès, Fais-moi mal, Johnny, Le temps de vivre, Je voudrais pas crever, Premier amour ...), informations sur ses romans ( L'écume des jours, J'irai cracher sur vos tombes, L'Automne à Pékin... ) et plus encore ( Biographie, Bibliographie, Citations, Jazz, Théâtre, 'Pataphysique, Forums, Liens internet... ) . Cyber Oumpah Pah http://www.borisvian.fr/
A l'occasion du cinquantenaire de la disparition de Boris Vian, en 2009, la Cohérie Boris Vian a collaboré à nombre de projets entourant cet anniversaire, dans tous les domaines artistiques chers à Boris Vian.http://borisvian2009.blogspot.com/
Sa chanson la plus célèbre (parmi les 461 qu'il a écrites) est Le Déserteur, chanson anti-militariste écrite à la fin de la guerre d'Indochine (soit le 15février1954), juste avant la guerre d'Algérie. Cette chanson fut interdite sur les ondes dans sa version d'origine en raison du couplet final litigieux :
Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je possède une arme Et que je sais tirer
(Version attestée par Françoise Renaudot, dans son ouvrage Il était une fois Boris Vian)
Ce couplet fut tardivement remplacé par :
Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n'aurai pas d'arme Et qu'ils pourront tirer
Boris Vian fut l'objet de poursuites de la part de paramilitaires d'extrême-droite. Sous sa deuxième forme, la chanson eut un succès dans les années 1960, chantée par Peter, Paul and Mary, mais Vian était déjà mort.
Monsieur le président Je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps. Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir. Monsieur le président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens. C'est pas pour vous fâcher, Il faut que je vous dise, Ma décision est prise, Je m'en vais déserter.
Depuis que je suis né, J'ai vu mourir mon père, J'ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants. Ma mère a tant souffert Qu'elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers. Quand j'étais prisonnier, On m'a volé ma femme, On m'a volé mon âme, Et tout mon cher passé. Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes, J'irai sur les chemins.
Je mendierai ma vie Sur les routes de France, De Bretagne en Provence Et je crierai aux gens: «Refusez d'obéir, Refusez de la faire, N'allez pas à la guerre, Refusez de partir.» S'il faut donner son sang, Allez donner le vôtre, Vous êtes bon apôtre Monsieur le président. Si vous me poursuivez, Prevenez vos gendarmes Que je n'aurai pas d'armes Et qu'ils pourront tirer.
LETTRE À BORIS par Jacques Prévert
Modérateur Amovible du Corps des Satrapes PARIS, 24-26 palotin 87 Vendremanche, 13-15 mai 1960
Mon cher Boris,
Que deviens-tu ? La dernière fois que je t'ai vu, en voisin, Cité Véron, c'était devant le cerisier et nous parlions de lui très affectueusement, c'est si rare aujourd'hui, les cerises à Paris.
Un peu plus tard, en plein soleil, à Antibes où tu devais venir avec des amis retrouver d'autres amis, une voix soudain a dit :
...« Nous apprenons la mort »...
C'était une voix de la Radio-Télévision française. Elle ne simulait pas l'émotion, cette voix, c'était fort louable et s'efforçait de même ne pas paraître tout à fait indifférente. C'était le bon ton de la plus parfaite radio-objectivité. Pourtant, elle ne pouvait taire tout à fait une bien légitime jubilation professionnelle en apprenant à ses chers auditeurs que précisément, pour ne pas dire opportunément, tu étais mort en visionnant un film tiré d'un livre intitulé, comme ça se trouve : « J'irai cracher sur vos tombes ». Et la voix, après avoir rendu subrepticement hommage à la justice immanente, redevint primesautière, permanente, ondulatoire et bien de chez elle, en annonçant... et maintenant passons à quelque chose de plus gai !
Il apprenait ta mort Boris. Et que savait-il de ta vie et de ton savoir-vivre, et de la sienne de vie ! C'est ce qu'on se disait tantôt, le cerisier et moi, Cité Véron, à deux pas de l'Arizona, comme on parlait affectueusement de toi.
En haut, sur la terrasse, ta fille jouait avec la mienne, et Ergé et le Schmürz faisaient aussi bon manège. Il faisait beau. Pourtant la veille, le petit chat noir avait dévoré le trèfle à quatre feuilles, ainsi les supporters du bonheur ont aussi leurs petits ennuis. Les autres de même et l'angoisse du végétarien devant la Sainte Table n'a toujours d'égale que celle de la plante végétarienne qui crève et grève de faim devant la plante Carnivore.
Il faisait beau et nous faisions de même dans la mesure du possible.
De la cabine des projectionnistes du Moulin Rouge à images, sans coquillage à l'oreille, on entendait le bruit de la mer et en même temps le strident et réconfortant tintamarre des torpilles du grand film « Coulez le Bismarck », en attendant les édifiants échos du Dialogue des Carmélites.
Si Dieu veut bien entendu, que cet autre chef-d'œuvre passe aussi par ici.
A part cela rien de bien nouveau, sabrées, goupillonnées, enlevées, bellico, pacifico, presto, les Actualités, nocléo-tricolères et proliféro-pétrolifères suivent leur cours.
On joue toujours Hémoglobine à la Tragédie française et, mais ceci te fera plaisir, à la Foire du Trône la noce de l'Écume des Jours poursuit son voyage dans le Train-Fantôme qui a maintenant deux étages.
Je t'embrasse, mon cher Boris, et à bientôt ou tard. Ton ami JACQUES PRÉVERT
Je voudrais pas crever Avant d'avoir connu Les chiens noirs du Mexique Qui dorment sans rêver Les singes à cul nu Dévoreurs de tropiques Les araignées d'argent Au nid truffé de bulles Je voudrais pas crever Sans savoir si la lune Sous son faux air de thune A un coté pointu Si le soleil est froid Si les quatre saisons Ne sont vraiment que quatre Sans avoir essayé De porter une robe Sur les grands boulevards Sans avoir regardé Dans un regard d'égout Sans avoir mis mon zobe Dans des coinstots bizarres Je voudrais pas crever Avant d'avoir usé Sa bouche avec ma bouche Son corps avec mes mains Le reste avec mes yeux J'en dis pas plus faut bien Rester révérencieux
Je voudrais pas finir Sans connaître la lèpre Ou les sept maladies Qu'on attrape là-bas Le bon ni le mauvais Ne me feraient de peine Si si si je savais Que j'en aurai l'étrenne Et il y a z aussi Tout ce que je connais Tout ce que j'apprécie Que je sais qui me plaît Le fond vert de la mer Où valsent les brins d'algues Sur le sable ondulé L'herbe grillée de juin La terre qui craquelle L'odeur des conifères Et les baisers de celle Que ceci que cela La belle que voilà Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas mourir Sans qu'on ait inventé Les roses éternelles La journée de deux heures La mer à la montagne La montagne à la mer La fin de la douleur Les journaux en couleur Tous les enfants contents Et tant de trucs encore Qui dorment dans les crânes Des géniaux ingénieurs Des jardiniers joviaux Des soucieux socialistes Des urbains urbanistes Et des pensifs penseurs Tant de choses à voir A voir et à z-entendre Tant de temps à attendre A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin Qui grouille et qui s'amène Avec sa gueule moche Et qui m'ouvre ses bras De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever Non monsieur non madame Avant d'avoir tâté Le goût qui me tourmente Le goût qu'est le plus fort Je voudrais pas crever Avant d'avoir goûté La saveur de la mort...
Célébration des vingt ans de la révolte et du massacre des étudiants en 1989 sur la place Tian'anmen à Pékin. En France, plusieurs évènements sont prévus les 3 et 4 juin 2009. Ca fait maintenant 20 ans, le 4 juin 1989, le régime chinois réprimait violemment un vaste mouvement démocratique sur la place Tian An Men à Pékin. Vingt ans plus tard, une centaine de Chinois, arrêtés au cours des manifestations croupissent toujours en prison et nombre de dissidents sont toujours exilés. Les autorités censurent toute information concernant cet épisode de l'histoire chinoise, si bien que les moins de vingt ans n'ont aucune connaissance du drame de 1989.
Les manifestations de Tian'anmen ont eu lieu entre le 15 avril et le 4 juin 1989 sur la place Tian'anmen à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine. Elles prirent la forme d'un mouvement d'étudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois, qui dénonçait la corruption et demandait des réformes politiques et démocratiques. La contestation s'étendit à la plupart des grandes villes de Chine comme Shanghai, et aboutit à Pékin à une série de grandes manifestations et de grèves de la faim organisées sur la place Tian'anmen. Après plusieurs tentatives de négociation, le gouvernement chinois proclama l'état de siège le 20 mai 1989, et fit intervenir l'armée le 4 juin 1989.
La répression du mouvement provoqua un grand nombre de victimes civiles (de quelques centaines à quelques milliers selon les sources), et de nombreuses arrestations dans les mois qui suivirent. Plusieurs dirigeants politiques favorables au mouvement furent limogés et placés en résidence surveillée, notamment le Secrétaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang.
La répression du mouvement de contestation porta un coup d'arrêt durable aux réformes politiques en République populaire de Chine. Le gouvernement renvoya les journalistes étrangers et contrôla strictement la couverture de l'événement par la presse chinoise. À l'étranger, la répression provoqua une condamnation générale du régime de Pékin.
Une bicyclette détruite et les traces de chenille d'un char,
monument à la mémoire des victimes de la répression de Tian'anmen à Wrocław, en Pologne
C'est le roman "Zone" de Mathias Enard, oeuvre de 500 pages faite d'une seule et unique phrase, qui a remporté les suffrages du jury pour la 35e édition du "Livre inter", présidée cette année par l'écrivain Marc Dugain, lundi 1er juin, a-t-on appris sur France Inter. Le jury composé de 12 femmes et 12 hommes a donc choisi parmi la sélection dix romans, celui de l'écrivain âgé de 35 ans, originaire de Niort et venu à Paris pour étudier l'art contemporain. Il publiera "Travail de nuit", poèmes en lithographie en collaboration avec l'artiste-imprimeur Thomas Marin, imprimé chez Franck Bordas.
Deux prix pour un premier roman "La Perfection du tir", son premier roman, paraît en 2003 chez Actes Sud et sera brillamment récompensé: le prix des cinq continents de la francophonie et le prix Edmée de La Rochefoucault. En février 2005, toujours chez Actes Sud, il publie "Remonter l'Orénoque", dont la parution précède de quelques mois son départ comme pensionnaire à la Villa Médicis, à Rome. Lors de son séjour paraît sa contribution à "Rooms, anthologie de chambres d'hôtel" dirigée par Olivier Rolin. Le prix du Livre inter créé il y a 35 ans par Paul Louis Mignon est considéré comme une des plus hautes récompenses du monde littéraire. Le jury, dont les membres sont sélectionnés parmi les auditeurs, est présidé par un écrivain. (Nouvelobs.com)
Né en 1972, Mathias Énard vit à Barcelone. Il a publié La Perfection du tir (2003 - Prix des cinq continents de la francophonie 2004), Remonter l'Orénoque (2005) et Bréviaire des artificiers (2007).
En résumé : Zone Par une nuit décisive un voyageur lourd de secrets prend le train pour Rome, revisite son passé et convoque l'Histoire, dans un immense travelling qui mêle bourreaux et victimes, héros et criminels des guerres de la Méditerranée : une Iliade de notre temps.
« Tout est plus difficile à l'âge d'homme, tout sonne plus faux un peu métallique comme le bruit de deux armes de bronze l'une contre l'autre elles nous renvoient à nous-mêmes sans nous laisser sortir de rien c'est une belle prison, on voyage avec bien des choses, un enfant qu'on n'a pas porté une petite étoile en cristal de Bohême un talisman auprès des neiges qu'on regarde fondre, après l'inversion du Gulf Stream prélude à la glaciation, stalactites ) Rome et icebergs en Egypte, il n'arrête pas de pleuvoir sur Milan j'ai raté l'avion j'avais mille cinq cents kilomètres de train devant moi il m'en reste cinq cents [...] »
Ce soir, Francis Servain Mirkovic s'installe dans le train Milan-Rome sous une identité d'emprunt. Il entreprend son dernier voyage professionnel et emporte avec lui une mallette qu'il prend soin de menotter à l'une des barres du filet à bagages. Demain, à Rome, un représentant du Vatican lui donnera trois cent mille euros contre son contenu : archives, fiches, disques informatiques, images et documents rassemblés en marge de ses activités d'agent du Renseignement en Algérie, puis au Proche-Orient. Après, il pourra changer de vie. En attendant, pendant la nuit, Francis Servain Mirkovic regarde le passé qui défile. Roman de ténèbres nourri d'Histoire, stupéfiante mosaïque où se côtoient héros littéraires et guerriers, victimes et bourreaux, mais aussi récit érudit de la dérive d'un homme au carrefour de sa vie, Zone fait perdre bien des repères. Et c'est envoûtant. Article publié sur le site Fnac
Journée sans tabac
31 mai 2009
Journée sans tabac
Festival du mot
Depuis 2005, La Charité sur Loire fait LE PARI DES MOTS.
L'idée de créer à La Charité sur Loire un Festival du MOT est née d'une rencontre entre Gaëtan Gorce, député-maire, soucieux de pérenniser et de mieux mériter le titre de Ville du Livre de sa commune, et Marc Lecarpentier, ancien président de Télérama, journaliste amoureux des mots.
Depuis 2005, en affirmant haut et fort que le bonheur des mots doit se partager avec le plus grand nombre, le FESTIVAL DU MOT a rassemblé des manifestations pluriculturelles, conjuguant légèreté et réflexion, offrant à chacun, du plus jeune au plus âgé, l'occasion de capter le secret des mots.
Ni salon du livre, ni course à la lecture, ni rassemblement d'auteurs, le FESTIVAL du MOT entend bien, depuis sa création, faire vibrer tous les mots pour mieux réfléchir à leur magie et leurs pouvoirs - sans jamais succomber à la tentation de ne s'adresser qu'à ceux qui les manient avec aisance ou s'en jouent avec talent.
Pour permettre à tous de se garder des mots du démagogue, de vibrer aux mots du poète, et de découvrir les mots multicolores venus d'ailleurs, chaque édition du FESTIVAL du MOT s'est accompagnée d'ateliers d'initiation, d'échanges et de découvertes (dans les établissements scolaires, centres sociaux, centres de soins etc.), favorisant l'éveil au fabuleux domaine des mots.
Depuis 2005, des milliers de spectateurs enthousiastes sont venus confirmer l'intérêt d'une manifestation totalement originale, sans équivalent en France, entremêlant toutes les formes artistiques pour valoriser la saveur des mots.
« LE SILENCE EST D'OR, MAIS IL Y A DES MOTS DE DIAMANT. LEUR ECRIN : LE FESTIVAL SUR LOIRE, SOUS LES AUSPICES DE LA CHARITE »
Depuis 2005, en affirmant haut et fort que le bonheur des mots doit se partager avec le plus grand nombre, le Festival du mot a rassemblé des manifestations pluriculturelles, conjuguant légèreté et réflexion, offrant à chacun, du plus jeune au plus âgé, l'occasion de capter le secret des mots. Ni salon du livre, ni course à la lecture, ni rassemblement d'auteurs, le Festival du Mot entend bien, depuis sa création, faire vibrer tous les mots pour mieux réfléchir à leur magie et leurs pouvoirs - sans jamais succomber à la tentation de ne s'adresser qu'à ceux qui les manient avec aisance ou s'en jouent avec talent. Depuis 2005, pour permettre à tous de se garder des mots du démagogue, de vibrer aux mots du poète, et de découvrir les mots multicolores venus d'ailleurs, chaque édition du Festival du Mot s'est accompagnée d'ateliers d'initiation, d'échanges et de découvertes (dans les établissements scolaires, centres sociaux, centres de soins etc .), favorisant l'éveil au fabuleux domaine des mots.
Informations complémentaires
Des expositions :
- "Un trait pour un mot" : cent dessins de Sempé, et de Steinberg, Topor, Chaval, Bosc, Reiser, Savignac, Copi, William Steig, Ronald Searle, Edward Gorey, etc. (Collection particulière de Martine Gossiaux)
- Denis Robert, avec la galerie W (Paris, XVIIIe) : "Les mots comme arme artistique"
- Marie Mercié : "Douze objets délirants"
- "Le Jardin des Mots" (14 stations pour jouer avec les mots dans le jardin du cloître)
Des débats et tables rondes :
- "Des mots pour (pré)dire avec Didier Blau -magazine ELLE-...
Vendredi, dans le cadre des commémorations du 8-Mai, le collectif "Les Oubliés de la République" (*) a appelé à un rassemblement sur la place du Trocadéro (Paris 16e) afin de sensibiliser l'opinion sur les différences de traitement entre les "Indigènes" et leurs frères d'armes français.
A la pointe de ce combat, Naïma Charaï (**) en présente les enjeux au JDD.fr.
Quel est le sens du rassemblement prévu vendredi au Trocadero? Ce rassemblement intervient à l'initiative d'Alain Rousset (député PS de la Gironde et président de la région Aquitaine, ndlr). Il a pour mission de mettre en lumière ces "hommes de l'ombre", ces anciens combattants des ex-colonies qui ont servi sous le drapeau français et qui "fêtent" cette année un bien triste anniversaire. Cela fait en effet 50 ans que ces hommes sont discriminés par la loi dite "de cristallisation", promulguée en 1959 par le général de Gaulle. www.institut-dulac.com
Législation qui a tout de même été assouplie en 2007... En 2006, grâce au film Indigènes (voir la fiche du film), le président de la République de l'époque (Jacques Chirac, ndlr) s'était ému de la situation de ces anciens combattants en la jugeant inacceptable et scandaleuse. La larme à l'oeil et la main sur le coeur, il avait alors déclaré vouloir remettre à niveau les pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises, via la loi de finances de 2007. Or, cette loi a certes "décristallisé" certaines sommes, mais a oublié la plus importante: la pension civile et militaire qui, devant être attribuée à 80 000 personnes encore en vie, représente environ 500 millions d'euros par an. Soit le "prix" du bouclier fiscal voté à l'été 2007...
Concrètement, quelle différence de traitement y-a-t-il entre un ancien combattant français et son "frère d'armes" étranger? Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La pension civile et militaire d'un Français s'élève à environ 600 euros par mois. Elle est de 150 euros par mois pour un Sénégalais et de 80 euros par mois pour un Marocain. L'indice, fixé dans un barème, varie au maximum de un à huit.
En même temps, le coût de la vie n'est pas le même en France et au Maroc... Mais dire cela, c'est oublier tous les services rendus à la France par les combattants étrangers! Cela ne justifie rien du tout et c'est même indigne. En outre, je vous signale que la loi ne tient pas compte du lieu de résidence de l'ancien combattant, mais seulement de sa nationalité.
Quel jugement portez-vous sur l'attitude du gouvernement sur cette question? Le gouvernement joue la montre, tout simplement...
En clair, il attend selon vous la mort du dernier "Indigène"... Absolument. Je pense que c'est cela qui se joue, avec le plus grand cynisme. Il faut savoir que d'ici dix ans, en moyenne, le dernier "Indigène" aura expiré. Et il aura droit aux honneurs de la Nation...
Existe-t-il des négociations avec Hervé Morin (ministre de la Défense) ou Jean-Marie Bockel (secrétaire d'Etat aux Anciens combattants)? Il y a plusieurs mois, M. Bockel a reçu un courrier d'Alain Rousset. Sans réponse.
En même temps, Alain Rousset a mis sur pied une proposition de loi visant à régler ce problème. Quand sera-t-elle étudiée et quelles sont ses chances de succès? Le rassemblement de vendredi doit servir à faire pression afin que cette proposition de loi soit inscrite le plus rapidement possible à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. D'autant que la question des anciens combattants fait consensus entre la gauche et la droite. Il en va de l'honneur de la France et c'est même, à mes yeux, une cause nationale. Quant à savoir si le texte pourra être adopté, honnêtement, je ne le crois pas. Mais je l'espère.
Finalement, la justice ne peut-elle pas aller plus vite que le politique? Non, pour la simple raison qu'il n'existe pas de cadre global. Par exemple, la décision rendue par le tribunal administratif de Bordeaux le 15 octobre dernier (lire: Les "Indigènes" crient victoire) a, au nom d'un accord Euro-Méditerranée, été certes favorable aux cinq plaignants marocains, mais le plaignant sénégalais a lui été débouté, son pays n'ayant pas ratifié cet accord. En outre, les recours devant les tribunaux sont très longs. Seule l'action politique peut permettre d'accélérer les choses.
(*) "Les Oubliés de la République" rassemblent une soixantaine d'associations (dont la Ligue des Droits de l'Homme, Sos Racisme, le MRAP ou le Gisti). Le blog du collectif
(**) Vice-présidente PS de la région Aquitaine, déléguée à la Ville et en charge de la lutte contre les discriminations, Naïma Charaï, est également, au sein du Parti socialiste, déléguée nationale à l'Egalité des chances.
Maurice Druon
L'académicien et ancien ministre Maurice Druon est décédé mardi à quelques jours de ses 91 ans. Ecrivain particulièrement fécond, ministre des Affaires culturelles en 1973-74, Maurice Druon est mort vers 18H00 à son domicile parisien.
Né le 23 avril 1918 à Paris, d'un père russe originaire d'Orenbourg dans l'Oural, il avait été élu à l'Académie française en 1966 à 48 ans. Il avait reçu le Prix Goncourt en 1948 pour son ouvrage "Les Grandes Familles".
Auteur du "Chant des partisans" avec son oncle Joseph Kessel, Maurice Druon avait également publié la monumentale fresque "Les Rois maudits", dans laquelle il évoquait la décadence des derniers Capétiens.
Maurice Druon avait été élu secrétaire perpétuel de l'Académie française en 1985, une fonction de laquelle il avait démissionné en 1999 pour se consacrer à l'écriture.
Il restera avant tout dans l'histoire comme celui qui a écrit le « Chant des Partisans », avec son oncle Joseph Kessel. Il a risqué sa vie en Résistant, et cette flamme, cette passion de la France et de la liberté, ne l'a jamais quitté.
Maurice Druon a consacré une grande partie de sa vie et sa carrière à la défense de la langue française, en tant qu'écrivain, député, ministre et académicien. Son oeuvre est notamment marquée par la trilogie "La Fin des hommes" ["Les Grandes Familles" (1948), "La Chute des corps" (1950), "Rendez-vous aux enfers" (1951)], et par "Les Rois maudits", devenus une série télévisée très populaire.
A 90 ans, Maurice Druon était le doyen d'élection de l'Académie française, le doyen d'âge étant Claude Lévi-Strauss, qui a fêté ses 100 ans en 2008.
Le chant des partisans
Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel, musique d'Anna MARLY, 30 Mai 1943
A Londres, où se retrouvent de nombreux responsables de la Résistance, tels que Fernand GRENIER [1], Emmanuel d'ASTIER de la VIGERIE [2], on cherche un indicatif musical pour l'émission "Honneur et Patrie" , diffusée par la BBC... Mais ces résistants ont un autre voeu, plus, un impératif : créer un chant de la Résistance. "On ne gagne la guerre qu'avec des chansons...il faut un chant qui ait l'air de venir des maquis", dit Emmanuel d'ASTIER de la VIGERIE. (Source : F.N.D.I.R.P.).
La musique d'Anna MARLY servit d'indicatif à l'émission "Honneur et patrie" diffusée du 17 mai 1943 au 2 mars 1944 sur la BBC [3].
Ami entends-tu Le vol noir des corbeaux Sur nos plaines. Ami entends-tu Les cris sourds du pays Qu'on enchaîne ... Ohé partisans Ouvriers et paysans C'est l'alarme ! Ce soir l'ennemi Connaîtra le prix du sang Et des larmes ...
Montez de la mine, Descendez des collines, Camarades. Sortez de la paille Les fusils, la mitraille, Les grenades. Ohé ! les tueurs A la balle et au couteau Tuez vite ! Ohé ! saboteurs Attention à ton fardeau ... Dynamite ...
C'est nous qui brisons Les barreaux des prisons Pour nos frères. La haine à nos trousses Et la faim qui nous pousse, La misère. Il y a des pays Où les gens au creux des lits Font des rêves. Ici, nous vois-tu Nous on marche et nous on tue Nous on crève ...
Ici, chacun sait Ce qu'il veut, ce qu'il fait Quand il passe Ami, si tu tombes, Un ami sort de l'ombre A ta place. Demain du sang noir Séchera au grand soleil Sur les routes. Chantez compagnons, Dans la nuit, la liberté Nous écoute ...
Ami, entends-tu Les cris sourds du pays qu'on Enchaîne ! Ami, entends-tu Le vol noir des corbeaux sur nos plaines ...
Interprètes : Anna MARLY, Germaine SABLON, Armand MESTRAL, Marc OGERET, Zebda (motivés), Joan BAEZ, Lény ESCUDERO, Yves MONTAND, ... Les Compagnons de la Chanson, Juliette Greco, Line Renaud, Les Chœurs de l'Armée Rouge, et même Johnny HALLIDAY !
Le manuscrit original du Chant des Partisans a été classé "monument historique" en décembre 2006.
Le chant des partisansMp3 publié à la demande de très nombreux internautes du monde entier. En espérant que cette publication interdite en 1944 est légale en 2006 ... Si vous vous y opposiez, contactez-nous
Se plonger dans une histoire du Petit Nicolas, c'est retrouver l'insouciance de l'enfance. Insouciance bercée de l'amour inconditionnel des parents, du souvenir de l'odeur de la craie et du bruit des billes qui s'entrechoquent.
Les documents inédits puisés dans les archives personnelles de René Goscinny et de Jean-Jacques Sempé établissent un émouvant dialogue entre la machine à écrire de l'un et la planche à dessin de l'autre.
De ce dialogue vont naître des enfants aux prénoms étranges et drôles : Clotaire, Agnan, Rufus, Alceste, Eudes, Geoffroy, Joachim et bien sûr Nicolas accompagné de son père, sa mère et de sa jolie maîtresse d'école.
Tout l'univers de ce héros d'encre et de papier est célébré jusqu'au 7 mai 2009 à l'Hôtel de Ville à Paris.